• Tianjinoise, Tradition (传统)

    Tianjinoise, Tradition (传统)

    A priori, elle n’a pas de réputation particulière.
    Ni sa physionomie, ni sa taille, pas davantage son allure ne lui confère une aura singulière de celle qui se répande jusqu’à l’autre bout de la planète. "Pourquoi alors le cœur d’une Tianjinoise vaut-il bien mieux que tout l’or du monde ?" se demande Pierre Teilhard de Chardin en 1936.

  • Une vie en Chine

  • Lin Chi-ling 林志玲

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    Lorsque je l’ai rencontrée la première fois, son visage était sévère, comme intraitable.
    Jonglant avec les contrats publicitaires, Chiling Lin n’avait alors aucune inclination à offrir au tout venant un sourire fut-il pâle.
    Dans son sillage, son agent publicitaire m’avertissait.
    « Au prix coutant de plusieurs dizaines de milliers de dollars, chaque seconde valant son or, vous serez vite ruiné. »
    Longtemps après, je l’ai croisée.
    Elle venait d’être exclue d’une superproduction.
    La larme à l’œil, elle m’aperçut dans un coin d’ombre.
    Cherchant à chasser ce désordre, elle laissa filer un sourire sincère sur son visage cependant défait.
    Je lui ai alors dit :
    - Lacrimis struit insidias cum femina plorat (Lorsque la femme pleure, elle tend un piège avec ses larmes, Dionysius Cato)
    - Non ! a-t-elle répondu, je pleure avec mon cœurs, je souris avec mon cœur.

  • Lin Huiyin

    Femme chinoise

    Un ami m’a dit : si tu veux connaitre la force romantique d’un couple chinois, plonge toi dans la vie de Lin Huiyin et de Xu Zhimo.
    Couple illégitime, s’aimant dans l’ombre, se chahutant.
    Xu Zhimo admirait par trop celle qui deviendra la toute première architecte de chine.
    Dans sa quête d’amour, il s’abîme, l’abîme aussi.
    Le temps enfin de se dire Adieu et ils meurent tous deux comme enlacés vers le même destin.

  • Wang Danfeng

    Femme de Chine

    Si j’étais né dans les années 20, je serais alors tombé éperdument amoureux de Wang Danfeng, célèbre actrice à la diction remarquable et au charme saisissant.
    Elle me fait souvent penser à Gene Tierney, un peu froide en apparence mais au tempérament chaleureux, ne s'en laissant pas compter.

  • Zhang Zilin 张梓琳

    Zhang Zilin

    Certains s’amusent à taquiner ce qu’ils nomment peu élégamment Madame l’échalas.
    C’est vrai que du haut de sa grande taille (1,82m), augmentée par des escarpins à la courbe vertigineuse, Zilin domine le monde, souvent des nabots qui la mitraillent de photos.
    Miss World 1987, elle pourrait en tirer quelque arrogance.
    - Nullement, seule m’importe l’idée de bonheur ! s’exclame-t-elle avec vigueur.
    Je l’interroge alors.
    - Le bonheur étant si rare, comment s’y prendre pour le retenir à soi, le répandre ensuite ?
    Elle sourit avec un tel ravissement, une telle assurance, de surcroît le regard chaleureux, que son idée du bonheur se propage naturellement dans les âmes.

  • Jin Xing 金星

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    Issue de la minorité coréenne, Jin Xing cultive les particularismes les plus audacieux.
    Valeur mâle, valeur femelle, Jin Xing est passé(e) de l’un à l’autre, d’un coup d’aile.
    Sans trop d’éclat, devenant l’une des meilleures danseuses et chorégraphes de Chine.
    Colonel de l’armée populaire (Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn), elle vit à Shanghai dont elle dit :
    - Shanghai une ville complètement femelle. La ville des femmes alors que Pékin est la ville des hommes.
    Elle ajoute dans un murmure :
    - Ma vie est fantasque, heureuse vie d’entre les vies de ce monde !

  • Sòng Měilíng 宋美齡

    Sòng Měilíng

    Dans les années 40 et 50, le rêve de tout homme était de rencontrer de Madame Tchang Kaï-chek, femme d’une élégance sublime et au charisme époustouflant.
    Dans les Vacances Romaines, Gregory Peck chahute aimablement Audrey Hepburn, dans le rôle d’une jeune princesse, en lui disant que son heureuse silhouette ne saurait surpasser l’allure de la Reine des Reines, Madame Tchang Kaï-chek.
    Ce mot encore prêté à Cary Grant :”Toutes les plus belles stars d’Hollywood ne valent pas le regard de Madame”.
    Dans les 40, elle parcourt les Etats Unis, prône l’intervention américaine aux côtés du Zhōngguó Guómíndǎng.
    Hollywood l’admire, la célèbre comme une Reine mais Roosevelt puis Truman n’apporte pas leur soutien à cette cause.
    Dotée d’une forte intelligence, Sòng Měilíng occupe inlassablement mon esprit comme le révélateur de la grandeur du peuple de Chine.

  • Tián Yuán 田原 (1985)

    Tián Yuán 田原 (1985)

    C’était un soir de décembre, la température avoisinait mois dix degrés,
    Un ami m’avait invité à la célébration de ses vingt ans de vie d’artiste.
    Dans des pièces enfumées, pétries d’odeurs d’alcool de riz, il m’a aussitôt indiqué la bonne porte.
    - Viens par là que je te présente, Tián Yuán, je ne sais comment la présenter mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est dotée de tous les talents. Elle fut la Reine du Trihop chinois mais elle est encore actrice, scénariste.
    Visage discret aux lignes parfaites, une voix douce, Tián Yuán me raconte si bien, si honnêtement, si précisément, son roman, Zebra Woods que je la serre dans mes bras.
    Elle s’en étonne à peine, me demande si j’ai vu son premier film, Butterfly.
    Je suis honteux, très honteux, les bras pendants
    Elle s’éloigne alors.
    Le lendemain même, je visionne Butterfly pour lequel elle a reçu un prix.
    Elle n’avait alors que 19 ans.
    Une adresse exceptionnelle pour celle qui entend bientôt réaliser son premier film, cousu d’or celui là.

  • Peng Liyuan 彭丽媛

    Peng Liyuan

    Depuis toujours, j’aime intensément cette merveilleuse chanson « Sur les plaines de l'espoir » où bat le cœur de la chine ancestrale, les souffrances et joies d’un grand peuple.
    Humble spectateur du gala annuel de la CCTV à l’occasion du nouvel an chinois, j’ai été transporté par une voix merveilleuse.
    Le corps tremblant, terriblement ému, je regardais cette belle femme qui avait si bien entonné l’air que j’aime tant.
    Laissant glisser un sourire sur son visage, elle remercia ensuite le public de sa voix douce.
    Et tous ceux qui comme moi, depuis Tianjin ou les provinces les plus reculées de la Chine, avaient gouté avec plaisir au spectacle.
    - Merci Madame, murmurais-je alors.
    Madame, Première Dame de Chine.

  • Zhāng Zǐyí 章子怡

    Zhang Ziyi

    Malgré sa renommée sulfureuse, c’est une femme ravissante.
    Trop sur les devants de la scène, elle est honnie par une partie de la Chine.
    A son encontre mille soupçons.
    A mon avis, elle sera pleinement heureuse lorsqu’elle donnera à sa vie un élan romantique.
    Un français aimable et élégant, fin connaisseur des usages et des Lettres chinoises, pourrait volontiers y répondre et répandre chez elle l’idée du bonheur.
    Avec en partage un slogan : Omnia vincit amor (L'amour triomphe de tout).

  • Zhou Xun 周迅

    Zhou Xun

    J’ai adoré, mille fois adoré, le film Dai Sijie 巴尔扎克与小裁缝 Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise.
    Pourtant, je ne comprenais rien au dialecte abscons que l’on parle dans le Sichuan.
    Cependant, je m’accrochais à la parfaite diction de Zhou Xun.
    Je l’ai aussitôt aimée comme on aime le soleil, la vie.
    Tel un pèlerin, sur son chemin de grâce, je suis alors allé à sa rencontre
    Elle venait de terminer lǐ mǐ de cāi xiǎng, The Equation of Love and Death (李米的猜想).
    - Vous semblez venir tout droit d’un rêve !
    D’une main fragile, elle a dessiné un cercle.
    Apres l’avoir traversé en son milieu, sa main s’est dirigée vers le ciel.
    Elle m’a alors dit d’une voix douce légèrement chahutée par l’émotion.
    - Vous voyez d’où je viens, vous voyez où je vais !

  • Li Bingbing 李雪

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    - Toute jeune, me dit-elle, je n’avais pas la moindre intention de devenir actrice. Je souhaitais alors apprendre aux jeunes enfants la lecture, le savoir.
    Cependant, en 1993, une proche lui suggére de faire un tour au très renommée Shanghai Drama Institute in 1993.
    - J’y suis allé en un coup de vent. Ce jour là, un vent trop fort peut être, j’y suis restée le temps d’une saison.
    Dès 1999, dans le film Zhang Yuan's Seventeen Years (1999), elle noue avec la célébrité. La voilà propulsée au rang des meilleures actrices lors du 12th Beijing College Film Festival.
    Viennent les propositions Hollywoodiennes : Resident Evil, Transformers.
    - Je ne me laisse pas emporter par ce furieux coup de vent, je reste moi même, heureuse dans ma tête, le regard rivé vers des enfants à qui je lis des poèmes.

  • Fan Bingbing 范冰冰

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    Fraiche et généreuse, telle est Fan Bingbing alias Jin Suo, allant et venant élégamment, dans le film Taiwanais Princess Pearl (1997).
    Certains se demandaient alors comment cette toute jeune femme, âgée seulement de 17 ans, se muerait dans le monde âpre et violent du cinéma.
    L’ayant approché à cette époque, je l'interroge sur ses rêves.
    Elle en rit, se laissant aller à une réponse audacieuse.
    - Comme le temps venant mais toujours au delà de mes espérances.
    Voilà qu’elle devient dans la décennie suivante l’égérie de marques commerciales de renommée, au million de yuan la prestation.
    Elle crée en 2007 son propre studio, le Fan Bingbing Studio (范冰冰 工作室 , Pinyin : fàn bīng bīng gōngzuòshì) et multiplie les productions.
    Je la vois encore dans les films Shaolin et Buddha Mountain.
    Au delà de mes espérances, disait elle.
    Je la retrouve alors autour d’un dangereux élixir, un mélange hasardeux de vodka et de tequila.
    Alors que je souhaite la questionner sur l’air du temps comme du plaisir de vivre, elle m’interrompt.
    - Je n’ai toujours pas atteint mes espérances.
    - Fan Ye (son surnom), lui dis-je, on vous accable de nombreux talents mais celui qui l’emporte, c’est votre incroyable détermination.
    - Bravo, Madame ! conclus-je en Français.

  • Coco Lee 李玟

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    Sa belle silhouette évoluant sur de nombreuses scènes, sa vie est une suite presque ininterrompue de disques accumulant prix et honneurs.
    La voix jonglant aussi élégamment entre le mandarin et l’anglais, cette hongkongaise de naissance ayant vécu très tôt aux Etats Unis incarne parfaitement le soft power chinois, ce moyen pour la chine d’étendre délicatement, sans coup férir son influence sur le monde.
    Cependant, au milieu de sa remarquable réussite, Coco a le cœur généreux, la larme à l’œil, laissant filer document sa voix pour soutenir les malades du SRAS ou du Sida, pansant la misère.

  • Dong Siyang

    Dong Siyang (1988)

    Dong Siyang est jeune, la plus jeune du lot.
    La plus belle aussi, comme elle se réclame.
    A 21 ans, elle est déjà Présidente Directeur général d’une société de média établie à Hongkong.
    Surnommée la beauty CEO, elle se laisse tellement surprendre par une gloire acquise si tôt qu’elle écrit à 23 ans propre biographie "21-year-old woman president".
    - Je me trouvais vieille, me confie-t-elle, il fallait que je retrace ma vie.
    Bien qu’elle s’ajoute des titres usurpés, le livre est un best seller.
    De Shenzhen à Dalian, des jeunes femmes chinoises se l’arrachent, certaines bien plus âgées qu'elle.
    Toutes rêvent de gloire et de passion.
    Ou du besoin naturel d’être aimé par un homme ou par ses pairs.

  • Hou Yu

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    La voix s’élève vers de belles hauteurs, s’élance plus encore vers un horizon lointain.
    Loin dans le ciel, survolant son ombre.
    Soudain, Hou Yu suspend son envol.
    La voix se rétablit vers des notes légères,
    Bientôt un calme, comme une attente.
    Sera-t-elle l’épouse de l’empereur ?
    La concubine au cœur chaud, l’aimant jusqu'à l’infini.
    Embastillée dans des étoffes, le visage de Hou Yu est blême.
    Glisse une larme sur ce visage bien fait.
    Elle s’aime tour à tour dans les rôles de Dan, de Quingyi ou de Wudan.
    Elle souffre aussi, la carapace l’accable, le masque l’étouffe.
    Telle une concubine déchue, l’âme en peine.
    Voilà le public du Guójiā dà jùyuàn (國家大劇院) l’applaudissant à tout rompre.
    Hou Yu est une valeur sûre de l’opera de Pekin (Jīngjù).
    Je la félicite alors, me laissant porter, l’enveloppant de mes bras.
    - Je trouve le public de Tianjin plus chaleureux, se lâchant dans le bonheur, murmure-t-elle.
    Je la tiens plus près de mon cœur.
    - Oui, l’homme Tianjinois est le plus chaleureux du monde.

  • Paris en Chine à Tianjin

    Paris en Chine à Tianjin

    Pierre Teilhard de Chardin se rend à Tienstin au début des années trente. Plutôt Déconcerté par la présence de nombreuses bâtisses rappelant l’architecture des métropoles européennes, il s’exclame alors :
    « Tienstin, serait-elle Paris en Chine ? »
    Le pont Eiffel sur le Hai He construit au début de XXème siècle comme la réplique du Pont Alexandre III témoignent de cette influence.

  • Xue Zhe

    Xue Zhe, Tianjinoise

    Membre de l'Académie de Mathématique de Qingyuan (Guangdong) et de l’Institut d’Astronomie du Guangdong, Xue Zhe est une talentueuse scientifique, portant loin l'avenir de la Chine.
    Par deux fois, elle m’a demandé de l’accompagner sur la montagne sacrée du Héng Shān pour observer la grande Ourse. Là, la nuit durant, elle calcule les magnitudes apparentes et absolues.

  • China Soft Power

    China is going to reach in a short time the rank of the first superpower of the world.
    Today, China has all financial, commercial and technical resources required to maintain this position for a long period of time.
    Beyond the environmental pollution, the food safety issues and the embryonic democracy, the real weakness lies in the absence of a comprehensive soft-power, the ability to attract and co-opt rather than coerce.
    Because today china hasn’t a multicultural society (people coming from everywhere in the world), its cultural potential can’t spread quickly, far and wide.
    China today main challenge is how to turn a five thousand culture into a world map culture ?
    For those Chinese who are eager of a mutual understanding of the people from everywhere, they must pioneer to do so, paving the way to a more stable world.
    I do think that the future of china depends merely on them.

    Francois de la Chevalerie, April 2013

  • Cixi ou Tseu-Hi

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    Vilaine est cette opinion que l'impératrice douairière Cíxǐ était une femme irascible, rusant et calculant, responsable du déclin de la Chine et de sa soumission au diktat des puissances étrangères.
    Comble du toupet, petite concubine, elle s’impose dans les rangs et donne encore un peu de souffle à la dynastie Qing, décadente et endormie.
    Dans sa jeunesse, Cíxǐ était une très belle femme que tout homme de bon aloi aurait aimé prendre pour compagne.

  • Lena

    Lena

    Originaire de Jilin, Lena gère un groupe de restauration présent à Beijing et Tianjin.
    Lorsqu’elle a ouvert son dernier établissement à Sanlitun (situé à 1,5 km du pont Dongzhimen), comme j’étais surpris de voir ma photo sur le menu, elle m’a dit : "Tu fais partie de mon paysage".

  • Gong Li

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    Sa renommée est un sacré piège car on la figure distante, accompagnée d’une ruée d’agents, de la morgue au visage, trainant autoritairement sa gracieuse silhouette dans les Palais Romains.
    Nullement, Gong Li est une femme qui adore la simplicité et l’inattendu.
    La voilà en scooter à Paris arrimée à un inconnu, un sans grade, cette fois pris au piège d’un délicieux rêve, l’amour.
    Quelle merveilleuse aventure que celle de rompre les amarres et de regarder sur la butte Montmartre le lever du Soleil sur Paris, cette fois bien et tendrement accompagné !

  • Sabino Cagigos (Sà bīn) 萨宾

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    It is clear that Sabino Cagigos once called in chinese 萨宾 (Sà bīn) embodies the vitality of the today culture.
    Since long, thanks to his Catalan origin, Sabino has a fascination with labyrinths that cover his family background, his philosophical approach, mainly the troublesome western culture.
    The labyrinths represent the conflict between the artist and the world, narrated through a lifetime experience.
    After some vacillation, the route through the labyrinths is finally marked out.
    I found a symbolic similarity between them and the intelligence, the one of Sabino, the one of everyone, even the unskilled one.
    However, for the undogmatic Sabino, experiment remains open, a field of investigation always put into question.
    Nothing is set in stone.
    Everything is short-lived.
    And at the, the men dies.
    So the earth.
    So everything.
    So the Chinese women, Sabino Cagigos, their painter.

  • Michelle Yeoh Choo-Kheng (1963)

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    Malaisienne, Michelle Yeoh est une chinoise de l’extérieur, libre dans sa tête, dans ses opinions.
    En raison d’un accident vertébral, frustrée de ne pas pouvoir entamer une carrière de ballerine, Michèle supplante toutes ses pairs en devenant Miss Malaisie en 1983.
    Sa beauté fait mouche auprès d’un millionnaire hongkongais avec lequel elle se marie et qui la mènera au premier rang du box office chinois.
    Sportive, elle assure elle même des scènes d’acrobatie, des sauts périlleux dans l’inconnu, parfois vers l’amour.
    Elle interprète la moins connue des sœurs Soong, Ai-ling Madame Kung, plus riche que les deux autres réunis, en posant un regard circonspect sur une chine par trop troublée.
    A 50 ans elle devient la Lady. Aung San Suu Kyi
    Corps frêle, elle bataille contre les généraux, vouant a la vie un amour par dessus tout.

  • Yang Kaihui

    Yang Kaihui

    La première épouse de Mao mérite les honneurs.
    Nullement parce qu’elle est entrée en l’année 1919 dans la vie du grand Timonier mais parce que ce dernier, un saint homme, n’a nullement remué ciel et terrain pour lui éviter une exécution sommaire par le Guomindang en 1930 à Changsha (Hunan)

    Du coup, Yang Kaihui, femme simple et au bon cœur, mère attentive de trois enfants est durablement aimée par le peuple chinois.
    Comme par moi même croyant naïvement que les belles âmes portent le meilleur témoignage de la beauté du monde.

  • Jade Yu Jiang Shan

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    Elle est fière d’être Cantonaise, fière d’être originaire de Dongguang, fière plus encore d’être elle même.
    Une femme moderne, tout en rondeur, aimant la vie, la bonne chair et l’alcool.
    A Canton, Reine de la nuit, elle connaît la terre entière, danse la salsa, lit le dernier roman de Mián Mián.
    Intelligente et souriante, Jade se déclare cynique jouant des uns des autres comme pour mieux vivre.
    Le soir, s’inquiétant du temps qui passe, elle tâte son ventre, cherche un enfant qui ne vient pas.
    L'âme triste, elle ressasse jour et nuit cette formule latine :
    Accipe quam primum, brevis est occasio lucri
    « Agis de suite, les chances de réussite durent peu. »
    Ce désir d’être autre chose que le symbole de plaisirs passagers.
    Ce désir d’être une lumière, une voix dans un monde éphémère.

  • Pan Hong

    Pan Hong

    Toute la force de cette femme repose dans un effroyable souvenir qui la tient jusqu’à ce jour.
    Le suicide de son père, honni, écrasé, laminé par de lamentables gardes rouge durant la révolution culturelle.
    Du coup, chez elle, l’essentiel, c’est de vivre par dessus tout, droit dans ses bottes.
    Merveilleuse actrice, je l’ai rencontrée plusieurs fois en sa qualité de vice présidente de l’association du Cinéma Chinois. Chaque fois, elle ouvre la discussion sur ce bon mot :
    « Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir. (Dum vita est, spes est).

  • Zhang Yin 张茵

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    Il vous faudra beaucoup aimer ou connaître le recyclage de papier et le papier d'emballage de Chine pour l’approcher juste une toute petite seconde.
    Même en développant des trésors d’imagination sur l’avenir du courtage en papiers recyclés, il n’est pas sûr que la propriétaire de la Nine Dragons Paper vous reçoive.
    La raison, Zhang Yin est une des premières fortunes de chine, une fortune qu’elle a acquise toute seule, principalement à Hongkong.
    Mieux vaut alors lui parler de la biographie que vous comptez écrire sur elle. Dans ce cas, elle s’ouvrira davantage.
    - Mon père était officier de l’armée populaire, s’exclame-t-elle, je suis officier de l’économie de la Chine d’aujourd’hui. Trente ans de distance, et le tour est joué. L’on devient riche sans même sans rendre compte ? Est ce bien tout cela ? se demande-t-elle alors.

  • Pan E

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    Lorsque je l’ai rencontrée pour la première dans l’effrayant chahut de la Brasserie Chartier à Paris, j’ai aussitôt aimé la sagesse de son regard, cette manière de tout observer avec discrétion, avec pudeur.
    L’âme sereine, Pan E a toujours le mot juste.
    Tolérante, elle accompagne ses amis jusqu’au bout de leur peines.
    Le cœur généreux, nullement songe-t-elle à accabler l’un plutôt que l’autre.
    Elle s’émeut de leurs larmes.
    Elle les encourage à maintenir leur cœur vaillant, enlacé dans de beaux souvenirs, loin d’idées de revanche.
    Glisse parfois sur son visage une onde de tristesse, une inquiétude comme un besoin de comprendre.
    Le souvenir d’un homme aimé, s’en allant aux abords du Mont Fuji.
    Un homme, cet autre, si loin.
    Une larme dans son cœur.
    Dans toutes les larmes s'attarde un espoir, soupire Simone de Beauvoir.
    La silhouette filant doucement à l’horizon, Pan E trace son chemin comme si elle formait le souhait de vivre dans un monde plus doux, plus heureux.

  • Zhou Weihui 周衛慧

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    Comme j’avais beaucoup aimé son roman, Shanghai Baby (上海宝贝), je suis allé à sa rencontre pour la féliciter.
    Je voulais le dire a quel point j’appréciais le personnages de Coco lequel à travers son comportement et sa famille illustre parfaitement les contradictions de la chine contemporaine.
    Mélange de sexe, de drogue au risque d’un monde interlope.
    “ Vous savez, m’a t-elle dit, j’ai eu beaucoup d’ennui avec ce livre. Beaucoup d’exemplaires sont partis en fumée. Mais, comme il est toujours possible de renaitre de ses cendres, j’ai récidivé et je récidiverai toujours et inlassablement.
    Telle une pluie ne s’interrompant jamais. »
    Le soir même, j’ai poursuivis la lecture Wo de Shan (我的禅) plus doux tout de même que le précédent.

  • NE PAS DIABOLISER LA CHINE !

    Là, gisant sous nos pieds, le venin se répand.
    Tout doucement s’insinue dans l’opinion l’idée que la Chine est un pays hostile, la charge s’invitant bientôt dans les campagnes électorales.
    Que lui reproche-t-on exactement ?
    De laminer nos industries dont certaines sont moribondes depuis longtemps ?
    De détruire l’emploi ?
    De laisser exsangue nos économies ?
    De porter atteinte à notre modèle social ?
    Par delà le factum, levons le voile sur une hypocrisie.
    D’aucuns pays ne souhaiteraient pas connaitre le développement économique de la Chine ?
    Que ces thuriféraires fassent preuve de cohérence !
    Si d’aventure ils envisagent une mondialisation à géométrie variable, qu’ils dénoncent alors toutes les déclarations onusiennes favorables au développement et ainsi de la marche inexorable du monde !
    Comment reprocher à une nation naguère famélique de s’en sortir ?
    Cette civilisation par cinq fois millénaire prend une revanche sur l’histoire.
    Elle s’y accomplit avec une volonté dont beaucoup de pays gagnerait à s’inspirer.
    Certes le pays n’a pas choisi le modèle démocratique mais quiconque le connaît mesure la détermination des pouvoirs publics à augmenter le niveau de vie de sa population. Assumant les tâches régaliennes, l’Etat donne le rythme, rectifie les débordements tout en laissant libre cours à l’initiative privé.
    Cet engagement rappelle celui de l’Etat Français au lendemain de la guerre ou au début des années 60.
    Tout doit être fait pour améliorer le menu quotidien et abolir l’apostrophe trop souvent entendue sur les bords du Chang Jiang : « qu’as-tu mangé ce matin ? »
    Francois de la Chevalerie, 2007

  • Junma

    Mi appellido Chino es Junma (Bonito caballo). En lo presente, asumo el cargo de director de dos empresas : CHINA MESSENGERS, la cual se dedica al manejo de proyecto de montajes industriales en el ámbito del sector ambiental y las energías renovables y PANEUROCHINA, la cual desarrolla técnicas de valorización para los sedimentos, sanos o contaminados (barro de mar) y su explotación con el fin de fabricar materiales de construcción. Las dos compañías están ubicadas en Tianjin. Adicionalmente, soy miembro fundador de d'IR & Amiante (IR & Asbestos), corporación Industrial especializada en el tratamiento y la inertización de amianto (www.iramiante.com). Por fin, animo la Secretaría General del Fondo de Tecnología Itgium (www.itgium.com).

  • Mexico & China

    La comunidad Mexicana en Tianjin es poca numerosa a pesar de que su población esta estimada a 12 M de habitantes con un PIB parecido igual al de la Ciudad de México. Se cuenta algo como 10 personas, la mayoría estudiantes (Tech de Monterrey) y unos aventureros procedentes de Nogales (algo sospechoso). Debido a mis conexiones mexicanas, en una reunión en el Hotel Astor, el grupo me nombro : “Delegado de México en Tianjin”. Recibí el nombramiento con honor y orgullo aunque desconozco las tareas que el cargo requiere. Sin embargo, hemos decidido de festejar el evento con cerveza “Corona” la cual se vende por todos lados en China.
  • Méta

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  • Tianjin

    Résidant à Tianjin (天津) et à Qingyuan (清远 ), Province du Guǎngdōng (广东), je suis un entrepreneur (qǐ yè jiā 企业家) passionné par l’environnement, notamment, le recyclage des sédiments et la gestion des risques sanitaires.
    Au delà de mes activités professionnelles, je suis tombé amoureux (ài shàng 爱爱上) de la Chine dont j'aime parcourir les villes et les campagnes à la recherche du moindre secret, d’un bel éclat, m’en allant à l'aventure (mào xiǎn 冒险).
    Mon nom chinois est jùn mǎ (俊 马).
    Légère coquetterie dans le choix des mots, en Français : élégant ou gracieux cheval.

    François de la Chevalerie

  • Tianjinaise, Modernité (时新)

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    Regard de velours, la Tianjinaise compose avec une gentillesse naturelle jamais feinte. Le mot juste, elle trace d'heureuses perspectives.

  • Dèng Lìjūn 邓丽君

    Dèng Lìjūn 邓丽君

    Le regret de ma vie est de ne pas l’avoir rassurée en 1992 devant l’église de Saint Germain des Près.
    N’avais-je pas compris que sa voix chaleureuse et douce allait porter l’âme de la Chine encore pour de longues décennies ?
    Brutalement, ce jour là, son visage se glace d’effroi.
    Elle reprend sa respiration, baisse légèrement la tête, les yeux fuyant.
    Glisse une larme sur sa joue.
    Une autre encore.
    Elle pose délicatement sa main au visage, cherche à réprimer une soudaine tristesse.
    Ce mot de Simone de Beauvoir:
    "Dans toutes les larmes s'attarde un espoir".
    Ma belle endormie, je l’aime toujours, sa voix, sa beauté, ce goût à la vie.

  • Sòng Qìnglíng 宋庆龄

    Sòng Qìnglíng

    Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen, deuxième épouse du Père de la Chine moderne offrait une beauté sage telle que je les aime.
    A la mort de ce dernier, a-t-elle conçu une affection particulière pour Israel Epstein et Edgar Snow, deux fervents soutien de la révolution chinoise ?
    Dieu seul le sait mais si d’aventure j’avais été dans les parages, je lui aurais dit :
    « L'amour de la patrie est notre Loi. (Amor patriæ nostra lex).
    Mère de la Chine moderne (guomu), elle a accompagné le peuple de Chine dans ses heures sombres et de gloire.

  • Actualités

  • Zhang Zhixin 张志新

    Zhang Zhixin

    Vraie marxiste mais dissidente dans les années sombres de la révolution culturelle, elle a condamné sans relâche l’idolâtrie maoïste, la dérive d’un potentat.
    Pour avoir exprimé librement son opinion, elle a été emprisonnée pendant 6 ans (1969 à 1975), torturée, puis exécutée par décapitation.
    Comment la Chine pourra-t-elle se remettre d’une telle honte ?
    Comme ma tante Edith de la Chevalerie, c’est une femme exemplaire digne de toutes les louanges, un exemple.

  • Zhang Jingchu 張靜初

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    - Pourquoi diable as-tu changé ton prénom ? Jing, ceint en or, n’est ce pas le plus merveilleux des prénoms ? interroge-je.
    - Jingchu, c’est le mien dorénavant, ceint en or, en argent, en bronze.
    Diplômée de la fabuleuse Central Academy of Drama de Beijing, (Zhōngyāng Xìjù Xuéyuàn), Jingchu enchaine les rôles.
    Inquiète, l’âme en peine, luttant contre des hommes, des lâches.
    Belle toujours.
    Bientôt elle est portée aux nu par Time magazine, belle Asia's Heroes de notre temps.
    Je l’interroge encore :
    - Est ce de trop tout cela lorsqu’on se meut encore dans la jeunesse ?
    Se dresse un sourire sur son visage.
    - Je me souviens de mon premier cours de diction, me dit-elle. Ces mots...
    Je reconnais la trace de mes premiers feux
    (Agnosco veteris vestigia flammæ, Virgile, l’Énéide)
    De mes feux mal éteints j'ai reconnu la trace
    (Racine, Andromaque)

  • Gāo Yuányuán 高圆圆

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    Autodidacte, Gao fait ses premiers pas dans une comédie de pâle facture, Spicy Love Soup. Normalement, elle aurait du disparaître derrière la rampe comme chaque année dix mille actrices de peu de talent.
    C’était sans compter avec son imparable fraicheur, une nature douce, loin du jeu par trop calculé des starlettes hongkongaises.
    En 2002, elle s’emploie merveilleusement bien dans le rôle de Zhou Zhiruo pour la série télévisée The Heaven Sword and Dragon Saber.
    En 2005, elle étonne dans le film de Wang Xiaoshuai, Shanghai Dreams qui remporte le Prix de Jury. Elle se fait encore applaudir avec Jackie Chan dans le film Rob-B-Hood
    Vient alors la grâce, elle joue Mlle Jiang dans le film City of Life and Death (南京!南京!, Nanjing, Nanjing) qui raconte l’histoire des troupes japonaises se livrant à un terrible massacre à l'encontre des civils chinois.
    Portée désormais vers la gloire, la belle Gao !

  • Shu Qi 舒淇

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    Pour accéder à la notoriété, un choix douloureux s’impose à toute jeune ambitieuse, originaire de Taiwan, sans nom, sans relation.
    Quelque temps durant, il faut prêter son corps, se mettre dans l’ambiance.
    Aussitôt dans les rangs, Shu Qi fait merveille dans « Love is not a Game, But a Joke ».
    Plus tard, je la retrouve dans « Millennium Mambo » et « Three Time »s où elle excelle.
    Un dimanche matin, je la rejoins sur l’Avenue of Stars (星光大道) dans le quartier de Tsim Sha Tsui à Hong Kong.
    Sortant d’un festival de cinéma dédié aux stars hollywoodiens des années trente, avant que je ne l’interroge, elle s’exclame :
    - Made it, Ma ! Top of the world !
    Je suis laissé sans réponse, médusé.
    - James Cagney, White Heat !

  • Zhào Wēi 赵薇

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    Lorsque je l’ai vue pour la première fois dans le rôle de "Little Swallow" (小燕) dans la série télévisée Princess Pearl (还珠格格) en 1997, j’ai été surpris par la simplicité et l’efficacité de son jeu.
    Alerte et généreuse dans l’expression de son talent.
    Pareillement, sa voix est heureuse.
    Dans son album Swallow, elle chante avec élégance
    Son talent est tellement reconnu qu’il lui suffit de réciter seulement 25 lignes dans l’heureux film « Les Guerriers de l'empire céleste » pour devenir l’Artiste féminine la plus populaire de Chine.

  • Gigi Leung

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    Quelle audace pour une totale de l’inconnue de se lancer dans l’arène violent du show biz avec un album au titre si narcissique sur Love Myself (1996) 愛自己 ?
    Elle assume élégamment cette impertinence.
    - Comment ne pourrais pas m’aimer ? N’est ce pas mie vie que je porte dans mon corps. Si je ne m’aimais pas ou en serais-je aujourd’hui, Meurtrie, dans le sang ?
    Défense imparable dont elle titre un beau sourire.
    La voilà s’exposant dans vingt films, enchainant les albums, cette grande fille s’offre tous les genres.
    Je l’arrête sur son chemin.
    - Attention, Gigi ! Tu souffres d’un asthme chronique. Je ne souhaite pas que tu sois emportée par le même sort que celui qui a arraché à la vie mon adorée Dèng Lìjūn.
    Gigi regarde alors vers le ciel.
    - Quand le moment sera venu, je me laisserai emporter, doucement, sans hâte.

  • Faye Wong 王菲

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    D’abord, une inquiétude.
    Elle fait la une de Time Magazine.
    Aurait-elle la grosse tête, enflée à jamais ?
    Agréable objet à l’usage des médias occidentaux à la recherche d’une icône chinoise bon teint, plutôt jolie, prêtant sa voix sensuelle à de belles chansons.
    Je la croise, l’interroge.
    Elle retient ses larmes.
    Une chanson file entre ses lèvres.
    Elle raconte la naissance de sa fille.
    - Comme le temps avance inexorablement, je ne verrai plus la lumière dans 50 ans mais ma fille sera toujours de ce monde, portant la mémoire de sa maman.
    Je la taquine alors.
    - La présence sur Terre le temps d’une vie, est-ce bien utile ? N’avons nous pas mieux à faire en restant dans l’au-delà ? Que d’infortune pour une musique connue, celle d’une mort annoncée ?
    Elle porte alors son regard sur une affiche qui domine son appartement.
    Des enfants à l’air hagard, le visage en sang, sous les décombres d’une maison.
    Le souvenir de l’effrayant tremblement de terre du Sichuan (2008).
    - J’ai chanté pour eux. Lorsque j’ai vu sur leur visage glisser un sourire, je me suis dis que mon existence avait un sens.

  • Yuan Quan

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    Comme j’ai beaucoup aimée dans le film The Last Tycoon (2012 film) de Wong Jing où elle s’imposait, toute flamme tout feu, dans le rôle de la redoutable patronne de la triade de Shanghai dans les années 30, je lui ai écrit pour la féliciter.
    Elle m'a répondu, le ton de la voix inquiet.
    - Penses tu que je puisse en retirer une bonne réputation ?

  • Zhou Xuan 周璇

    Zhou Xuan

    Jolie Jade, son nom, offre une silhouette gracieuse, un charmant profil.
    Je l’ai revue au moins dix fois dans le film Les Anges du boulevard (馬路天使, malu tianshi) avec toujours une même question : comment le destin a-t-il donné vie à une femme aussi sublime ?
    Jamais Jolie Jade ne reçut de réponse, ses parents biologiques lui furent toujours inconnus.
    Je l’aimerais toujours, chantonnant à l’infini, Ye Shanghai.
    Morte trop jeune, s’en allant doucement vers l’autre monde.

  • Wei Wei 韦唯

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    Il est toujours dangereux de se frotter avec une icône nationale, une Madame aux mille chansons dont le si beau Today is Your Birthday utilisé comme thème de la fête nationale chinoise.
    Lorsque je la rencontre à Hohhot, en Mongolie intérieure, ville de sa naissance, je cherche mes mots, la voix légèrement tremblante.
    Elle me rassure par un sourire puis elle m’interroge :
    - Ai je le droit de dire la vérité ?
    J’acquiesce favorablement.
    - Je suis heureuse d’être chinoise comme je suis fière de mon pays, de mon peuple, de mes ancêtres et de tous ceux qui me succéderont sur une Terre que j’aime tant.

  • Tianjin : Population & Etrangers & Religions

    POPULATION : 13 000 000 dont Han (97.29%), Hui (1.75%), Manchu (0.57%)
    DENSITE : 980/km² -
    ETRANGERS A TIANJIN : Ce n'est pas une ville cosmopolite. La présence des étrangers est très faible. Selon le bureau de l'Etat Civil de Tianjin, en 2011, la répartition serait peu ou prou la suivante : Coréens (12000), Philippins (7000), Indiens (4000), Russes (3000), Américains (1500), Australiens (1000), Kazakhs (600), Allemands (550), Ouzbeks (400), Japonais (350), Italiens (250), Malaisiens (200), Canadiens (180), Thaïs (150), Indonésiens (150), Anglais (135), Néo Zélandais (100), Vietnamiens (100), Pakistanais (100), Iraniens (100), Angolais (100), Nigérians (100), Néerlandais (120), Français (90), Brésiliens (70), Belges (50), Mexicains (10)
    RELIGIONS A TIANJIN : sans religion (6 millions), bouddhistes au sens large avec des pratiques bouddhistes (2 millions), religions chinoises notamment taôistes (1 million), musulmans (Hui 200 000, Ouïghours 20 000), protestants (80 000), catholiques (50 000), juifs, essentiellement des étrangers (100)

  • Mon équipe de Sumo

    Tanggu

    En 2009, j’ai fondé l’équipe de SUMO de Tanggu 相撲 塘沽区.
    Rapidement, s’est constituée une petite équipe soudée autour de vaillants gaillards, indomptables et au cœur généreux.
    Avant l'affrontement, les lutteurs chassent les esprits en frappant le sol avec les pieds, après les avoir levés très haut.
    Puis, en signe de purification, ils prennent une poignée de sel et la lancent sur le cercle de combat.
    Débute alors la charge sous de belles masses.
    Mon équipe a tenu ses promesses, gagnant par deux fois (2011 et 2012) le tournoi des Clubs Sumo de Tianjin.

  • Sanmao 三毛

    San Mao

    C’est sans doute l’un de mes plus grands bonheurs de lecture de la littérature chinoise contemporaine.
    J’ai adoré les chroniques du Sahara (Sāhālā de gùshi) où elle raconte ses 13 années de vie dans le désert, suivant les traces du père de Foucault.
    C’est un monument de poésie et de rêves, bien avant que cette terre “miraculeuse” soit envahie par des bandes barbares.
    Du coup, emporté par ses rêves, j’ai lu la biographie qui lui est consacrée Sanmao de meng yu renshen (Le Rêve et l'existence de Sanmao).
    Puis le rêve, un effroyable jour de l’année 1991, s’est fait triste.
    San Mao a été découverte morte, suicidée et assassinée.
    Je suis aller prier pour cette femme qui m’a tant donnée sur le temple taôiste du mont Heng Shan (衡山), recevant une partie de ses rêves.

  • Maggie Cheung Man-yuk 張曼玉

    Maggie-Cheung

    Miss Hongkong en 1983, tout le monde déjà chérissait son regard, la beauté de ses traits, cette douce légèreté.
    Voilà qu’elle accomplit son destin dans l’un des plus beaux film chinois, Huāyàng niánhuá (in the mood for love) incarnant Madame Chan, tellement esseulée qu’elle s’éprend d’un autre solitaire.
    Nait alors l’un des plus beaux couples du cinéma.
    Silence, nous devons faire silence devant tant de sincérité, de discrétion.

  • Le dialecte de Tianjin – le Tianjin hua

    A Tianjin, il n’existe pas à proprement parler de dialecte local mais plutôt un accent très accentué, délibérément nasillard. De nombreux mots sont souvent affligés d’un « ar » s’étirant et selon tonalité basse. Du coup, lorsqu’on arrive pour la première fois à Tianjin, vient cette curieuse impression de se trouver quelque part entre Kansas City et Omaha. Par rapport au Beijing Hua, les différences sont mineures sauf pour le premier ton. Très marqué à Beijing, il se déclame à Tianjin selon une note plus basse.
    Vous comblerez ou amuserez vos amis Tianjinois ou Tianjinais en parlant avec quelques tonalités locales, témoignage de votre adaptation, voire de votre enracinement à Tianjin.

  • Danqing Huang

    Danqing

    Originaire de Dianbai, Danqing est l’âme de Guangzhou.
    Femme d’affaire très active, dotée d’une belle énergie, elle navigue avec célérité parmi les villes du Guangdong.
    Chaque fois que je la croise, elle lâche un doux sourire puis s’exclame :
    «Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes (Alta alatis patent)»

  • Quelques dates

    1860, le traité de Pékin ;
    1870, le saccage de l'orphelinat français ;
    1928, apogée de Tianjin ;
    1937, l'armée japonaise occupe les concessions ;
    1943 à 1945, les concessions dissoutes ;
    15 janvier 1949, Tianjin est libéré par l'armée de libération populaire ;
    Depuis 1984, renouveau de Tianjin.

  • Personnages célèbres de Tianjin

    Chinois (Seigneurs de guerre, Zhou Enlai, Puyi, Dai Xialong, Wen Jiabao)
    Occidentaux (Gustav Detring au service de Li Hongzhang, Herbert Clark Hoover, futur Président des Etats-Unis (l’American Barracks), France (Teilhard de Chardin)

  • YANG Liping 杨丽萍

    Yang Liping

    Quelle drôle d’aventure, la vie !
    La première fois, j’allais à reculons voir sa chorégraphie "Dynamic Yunnan".
    Tout grognon, soupirant d’ennui.
    Divine surprise ! Rarement ai je été autant bousculé dans ma vie !
    Le rideau tombant, j’applaudissais à tout rompre l’épopée des 26 tribus du Yunnan.
    Le lendemain, reprenant mes quartiers dans la même salle de spectacle, je l’applaudissais plus encore
    Ce soir là, je me faufilais dans les coulisses.
    Je la retrouvais méditant devant un the Jasmin.
    - Puis je vous connaitre ? Demandais-je dans un sursaut.
    - Serait ce trop tôt ou trop tard ? Je n’ai plus l’âge à me faire fêter mais j’ai l’âge de comprendre.
    Je lui ai dit tout ce que je savais sur les entrailles du Yunnan, un bataillon de mots.
    - Le brouillard est parfois intense à Xishuangbanna, l’on ne voit pas l’on devine seulement.

  • Jane Zhang

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    Lorsque je l’ai vue chanter pour la première fois Huà Xīn (畫心; Painted Heart) musique tirée du film Painted Skin (畫皮), j’ai été saisi par le timbre de sa voix s’en allant vers de belles hauteurs.
    Lorsque je l’ai revue envelopper sur des notes longues la fresque musicale de Kitaro "Impressions Of The West Lake", je l’ai admirée, applaudissant à tout rompre, lançant sans compter des « Bravo ! ».
    Tout comme je me laissais alors surprendre par son regard où se mêlent tristesse et mélancolie.
    Sans doute Jade portera-t-elle longtemps sur son visage la douleur du divorce chahuté de ses parents alors qu’elle avait tout juste 13 ans.
    Peut être est-ce cette souffrance la raison d’une force inébranlable qui lui a fait gravir tous les échelons : première place dans la compétition vocale la plus courue en Chine devant plus de 400 millions de téléspectateurs (super girl), devenant l’invitée vedette du Oprah Winfrey" talk show, côtoyant même les Pink floyd.
    Dieu sait où les vents l’emporteront !

  • Yang Likun

    Yang Likun

    Danseuse et chanteuse, en son temps, on la surnommait la Judy Garland chinoise.
    Membre de l’ethnie Yi, elle est la neuvième d’une fratrie de onze enfants, ce qui lui vaut le surnom de "Xiaojiuer".
    Elle a joué dans de deux célèbres comédies musicales avant d’être totalement détruite par la révolution culturelle.
    Laminée à tel point qu’elle ne reviendra plus jamais sur scène.
    Pour ces deux raisons, je l’adore plus que tout – son talent comme son courage – et je me rends souvent sur sa tombe à Shanghai.

  • Yang Lan

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    Un tantinet taquine, chahutant surtout les hommes, Yang Lan se vante d’être la Oprah Winfrey chinoise.
    Bill Clinton et Henry Kissinger en ont fait les frais ne sachant plus comment répondre.
    Lorsque je l’ai aperçue pour la première fois bataillant l’argument, je l’ai trouvé séduisante mais aussi franchement autoritaire.
    Elle s’en est expliquée en m’assurant que pour réaliser ses ambitions, il lui fallait une poigne masculine.
    La voilà donc une décennie après, Présidente de la société Sun Television Cybernetworks établie à Shanghai et l’une des femmes les plus riches de Chine.
    Son rêve étant accompli, je l’ai de nouveau interrogée.
    - Me voilà mieux, je suis redevenue entièrement femme !

  • Shirley Wong

    Shirley Wong

    Lorsque je me suis rendu dans sa galerie à Guangzhou, j’ai tout de suite admiré l’œuvre de Shirley Wong, peintre et femme de lettre.
    C’est elle qui m’a fait connaître de nombreux auteurs chinois avec toujours ce même conseil : « Laisse toi porter une nuit durant par le silence des mots »

  • Yan Fengying

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    Elle est remarquable dans l’opéra de Huangmei, d’une beauté captivante.
    Je l’ai adorée dans le chef d’œuvre "The Cowherd and The Girl Weaver" où elle suspend sa voix presque vers l’infini.
    Elle est morte lorsque la vie tout juste s’emballe, à 38 ans, le plus bel âge pour une femme.

  • Jiang Qing 江青

    Jiang Qing

    Je suis sans doute le seul homme sur la planète à être tombé amoureux de celle qui fut la quatrième et dernière épouse de Mao Zedong.
    Femme de caractère, longtemps détestée en Chine, aujourd’hui presque totalement oubliée, je me lui laissé emporté dans mes rêves par une photo d’elle s’en allant tout juste dans sa vingtième année.
    - Comment peut on aimer un monstre ? demande un ami.
    - En arrêtant sine die le fil des années !
    Nous voilà en 1934, cette belle fleur croisant mon chemin, je l’aurais alors conviée à une bien meilleure partition que celle qui la conduite dans l’arène détestable du pouvoir et d'un prince rouge légendaire.

  • Gu Kailai

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    En 2000, un ami m’appelle, la voix fiévreuse.
    - je sais qu’elle est la Jackie Kennedy Chinoise !
    Il s’épuise alors dans une salve d'épithètes tout à l’honneur de Gu Kailai.
    Puis il me convie à Dalian.
    Je suis aussitôt ébloui par une silhouette gracieuse, le tailleur moulant, un foulard de soie glissant légèrement sur la nuque.
    Une gestuelle sobre, jamais de mouvements brusques, une sorte de discipline.
    Une belle dame que j’aurais plutôt dénommé la future Madame Tchang Kaï-Chek.
    Patatras !
    Le goût du pouvoir est une chose inique.
    En 2012, Gu Kailai est condamnée à mort avec une peine suspensive pour avoir fait assassiné un anglais.
    Figée, sans réaction, au Tribunal, elle est alors insensible à son sort, la mort ayant peut être déjà pris pleinement possession de son âme.
    Cependant, dans la déchéance, elle est toujours belle et élégante.
    Un irrésistible parfum de Jackie et de Sòng Měilíng.

  • Lou Jing

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    « Je suis chinoise », s’exclame Lóu Jìng.
    « De toute mon âme », ajoute-t-elle, la voix légèrement chahutée par l’émotion.
    Shanghaienne, Lóu Jìng fait souche sur Terre voici une vingtaine d’année, le visage empreint des belles couleurs de son père, homme noir d’Amérique et de sa mère, chinoise.
    En 2009, participant à une émission de variété, Lóu Jìng devient brutalement célèbre.
    De nombreuses voix s’étonnent alors que ce beau visage puisse être chinois, arrimé à une civilisation cinq fois millénaires.
    Vaguent des mots peu élégants.
    Du bruit venant souvent des mâles, la tête envahi par leurs démons.
    Au lieu de batailler contre l’absurde, Lóu Jìng rétorque simplement :
    "J’ai été élevée en Chine".
    Originaires du Henan ou de l’Anhui, ses amis s’appellent Li, Liu, Wang, Yang et Zhang, Lin.
    « Je remercie mes parents de m’avoir donné la vie. » ajoute-t-elle, son visage composant avec un beau sourire.
    L’on songe en silence a l’avenir.
    Dans quarante ou cinquante ans, son fils ou sa fille deviendra peut être le porte drapeau, la figure de la Chine d’alors
    Homme ou femme de ce monde.

  • Wǔ Zétiān

    Zu Weitan

    Malgré les critiques des historiens confucianistes, cette concubine a porté haut vers la lumière le flambeau de sa propre dynastie Zhou, seule impératrice de toute l'histoire de Chine.
    Avec des sourcils arqués comme des antennes de papillon, elle était autoritaire, cruelle en ses heures.
    Surtout une féministe avant l’heure bousculant des hordes d’homme, l’empereur Gaozong et sa troupe.

  • Mián Mián 棉棉

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    Dure a été la lecture des Bonbons chinois où Mián Mián raconte l’univers glauque de la drogue et du besoin frénétique du sexe de la jeunesse underground de Pékin.
    Je suis parfois aveugle, loin de penser que la jeunesse chinoise puisse être à ce point sur la dérive, voguant vers la déchéance.
    La raideur des romans Mián Mián détonne dans univers littéraire chinois plutôt lisse, glissant doucement.
    D’ailleurs, la plupart sont censurés.
    Du coup, je l’ai interrogée.
    « Mes romans me permettent de survivre dans un monde de brutes, dans cette Chine dont on parle de la puissance restaurée mais qui n’est qu’un amalgame d’intérêts individuels, une machine où l’homme compte à peine.
    Alors dans ces conditions, comment survivre ?
    Se perdre dans la drogue et le sexe ?
    Ou se perdre dans l’écriture. »

  • Lin Jing

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    Sylvie Lin Jing, son monde entre cinq paradoxes.
    Femme lettrée, dotée d’une forte sensibilité, elle nourrit l’espoir d’une existence banale et confortable, à l’ombre d’un mari quelconque, une vie sans âme.
    L’esprit romantique, souvent la larme à l’œil, elle s’abime dans de sombres colères sans issue.
    Femme d’une impeccable honnêteté, se gonflant parfois de mots à l’emporte pièce, elle pousse trop loin ses choix radicaux.
    Le verbe talentueux, elle refuse de s’en saisir, écrit peu ou rien, sommeillant plutôt à l'ombre des grands écrivains.
    Comblé par l'anonymat, elle ne veut pas entendre parler d'elle, s'aimant peut être trop peu pour être la plus belle.
    L’âge venant, tout cela confondu, disséqué et broyé, donne un merveilleux roman, "Meredith, my Uncreated 2050 Chinese girl".

  • Rebecca Xu

    Femme de Chine

    Originaire de Guangzhou, Rebecca conduit les destinées en d’une marque célèbre de vins espagnols en Chine. Oenologue renommée, c’est elle qui m’a appris comment gouter dignement un breuvage.

  • Hirondelle

    Hirondelle

    Elle s’appelle yàn (hirondelle), elle chante merveilleusement le répertoire de ma bien aimée Deng Lijun.

  • L’opinion d’un Mexicain sur Tianjin

    Tianjin est une ville géante et moderne traversée par d'immenses avenues.
    Ici, toutes les distances sont démesurées.
    La sortie des bureaux est un spectacle étourdissant.
    Des millions de vélo et de voitures déboulent de partout, n'importe comment, sans la moindre règle !
    L'on évolue à contresens.
    De la droite l'on passe à gauche et l'inverse
    Tout semble permis.
    Croyez-moi, j'ai failli mourir cent fois mais heureusement la vierge Guadalupe me protège, moi le natif de Colima !
    L'on dit ici que les chinois conduisent comme ils mènent des affaires : à la moindre interstice, ils s'engagent.
    Qu'importe les dangers !
    A Tianjin, j'ai respiré a pleins poumons des odeurs variées de souffre, d'oxyde d'azote, de chlore, de mélange composite d'acide (la pollution a Mexico, c'est de la blague!).
    Les Chinois ne semblent manifester aucun intérêt pour les questions écologiques.
    Ils ont peut-être raison, la guerre économique est à ce prix ! Dans l'urgence, je me suis acheté un cache visage FPP3!
    J'ai l'impression d'être le seul “moreno”(bronzé) de la ville. Bizarrement, les chinois ne me dévisagent pas.
    Rien, pas le moindre regard.
    Même les filles ne s'y osent pas. Dommage !
    A Tianjin, pratiquement personne ne parle anglais.
    Je suis donc obligé de baragouiner quelques mots mais personne ne me comprend.
    A partir de demain, une étudiante va me donner des cours de langue.
    En échange, je vais lui préparer un Pozole, en égrenant le refrain de « la historia de un amor », style los Panchos.
    Les Chinois sont d'une impolitesse incroyable. Mais ils n'agissent jamais par méchanceté.
    Chacun doit trouver sa place dans cette pétaudière.
    Aussi, il ne faut pas craindre les bousculades, les débordements ! L'on se rue ici comme on peut !
    Les Tianjoinois sont plutôt gais et cordiaux. Ils n'ont pas l'air malheureux, plutôt débordants de vie.
    Tianjin est une ville sure.
    Très peu de policier, des voitures que l'on ne ferme pas, aucune porte close.
    Que c'est agréable !
    Mais demain je retourne à México, je suis déjà sur les nerfs !
    Pépé Gomez de Uriarte, 3 décembre 2009

  • Les chinois et le racisme en France

    Comme les autres asiatiques, les chinois répugnent à descendre dans l’arène.
    Discrets, profil bas, ils font rarement entendre leurs voix.
    De surcroît, ils protestent peu contre les discours ambiants hostiles à la Chine.
    Quand ils s’affirment, ils agissent doucement, à mots comptés.
    Ils rapportent alors leur opinion sans chercher nécessairement à réajuster celle de l’autre.
    Nullement n’ont-ils à souhait d’en découdre.
    Nullement s’emportent-ils gratuitement.
    Aucun mot en trop, de mot inutile.
    Depuis plusieurs années, à Paris, le chinois est la cible désignée des voleurs dont beaucoup opèrent avec une rare violence. Supposé nanti en argent liquide, il serait un morceau de choix. Le chinois, l’argent.
    Donc une race et son prétendu attribut.
    L’année dernière, les chinois s’étaient émus de cette situation, exigeant plus sécurité.
    Une année s’est écoulée sans progrès, culminant avec la mise en coma de l’un des leurs.
    Déçus par l’absence de réponse des pouvoirs publics, ils ont repris le chemin de la rue en se drapant de l’étendard français et en scandant les principes de la République.
    Ils s’y sont prêtés courageusement en prenant le risque de s’attirer les foudres de l’Ambassade de Chine.
    Fort active, celle-ci ne goute guère aux manifestations publiques de ses membres.
    Qu’importe !
    Les chinois de Paris ont fait confiance à la liberté de s’exprimer qu’ils ont acquise en France. Sans déraper. Nullement n’ont-il placé ce rendez vous sous l’angle d’une confrontation communautaire alors que leurs agresseurs n’en font pas mystère. Nullement n’ont-ils blâmé la France.
    Pourtant, lors de ce défilé, ils étaient bien seuls. Entre eux presque uniquement. De-ci delà, des amis, quelques conjoints. Peu de solidarité comme si cette cause ne pouvait suggérer l’émotion.
    Aucune association anti raciste, aucune figure politique ne s’était jointe.
    Le peu d’enthousiasme à les soutenir ne suggère-t-il pas l’existence de discours ambivalents ?
    D’associations antiracistes justifiant ainsi leur existence mais indisponible dès lors que le fait rapporté pourrait gêner aux entournures une autre communauté, celle-là plus turbulente sur la place publique.
    Est-il possible de tolérer pour les uns ce que l’on envisage pas pour les autres ?
    De politiciens se donnant bonne conscience, tantôt se voilant la face, tantôt agissant, comme pour mieux s’exonérer de l’obligation de s’investir réellement sur le sujet, indistinctement de la race, loin des convenances.
    De politiciens encore qui sous prétexte de lutte contre la mondialisation accable la Chine de tous les maux alors que ce pays fut-il important participe comme d’autres à la relève de l’Occident : l’Inde, le Brésil, le Vietnam, les pays du golfe, l’Afrique du Sud et beaucoup d’autres.
    Bien plus que la moitié de l’humanité !
    Quel est donc cet étrange dessein consistant à faire du chinois l’unique bouc émissaire ?
    Ceux là mêmes qui s’y emploient, n’ont-il pas en mémoire d’affreux souvenirs ?
    Ceux là mêmes ne sont-ils pas devenus les meilleurs alliés de voyous racistes qui sévissent, le plus souvent impunis ?
    D’un politicien enfin qui s’étourdissant dans des formules vante un axe black blanc beur contre les chinois.
    De ce drôle d’artifice à géométrie variable, il se pourrait bien que l’anti-racisme souffre d’un manque d’harmonie en France.
    François de la Chevalerie (Tianjin) et Jing-Chao Zhao-Emonet (Paris)
    Juillet 2011

  • La question des visas entre la France et la Chine de François de la Chevalerie (Le Journal le Monde 04.08.2010)

    Longtemps, la France était la destination rêvée des chinois. Telle une exigence, chacun se devait un jour de visiter ce pays ami. Comme s’y accomplirent, au temps de leur jeunesse, Zhou Enlai et Deng Xiao Ping. Depuis que la France a été le premier pays occidental à reconnaître la Chine populaire, une amitié sincère liait les deux pays. Presque une histoire sentimentale comme s’en amusent les chinois en qualifiant les français de romantique. Ce mot léger recouvrait une réalité. D’emblée, les chinois aimaient la France.
    Déjà l’épisode de la présence française aux jeux olympiques avait sonné le glas d’un compagnonnage. Depuis, la mauvaise humeur persiste.
    Le souhait de tout chinois étant de se rendre en France, les restrictions apportées à l’octroi des visas bousculent les meilleures volontés. Sans doute doit-on traquer les clandestins mais ce choix nourrit inévitablement la suspicion. Avant de fouler la France, chacun doit montrer patte blanche. Des lors beaucoup se rendent aux consulats, la peur au ventre. Ce sentiment existe ailleurs mais en Chine il se double d’une honte, d’une défaite. Qui plus est, l’accueil parfois mitigé réservé dans les aéroports français aux Chinois conforte ce trouble. Selon que la silhouette dérange, certains sont questionnés. Bientôt soupçonnés.
    S’ajoute une rumeur, la France serait un pays dangereux. Du Shanxi au Hunan, des images circulent, des compatriotes s’y feraient détroussés. Méconnaissant la langue, habitués à vivre dans un pays où le vol est rare, ils sont des proies faciles. Se croyant en confiance, ils arpentent les rues, l’âme légère. Les méfaits dont ils sont l’objet chahutent désormais ce sentiment. Telle est l’opinion des franco chinois de Belleville, victimes d’une délinquance à caractère ethnique. Jugeant leur dynamisme commercial par trop voyant, les édiles parisiens ont souvent prêté une attention distraite à ce problème. Les exactions s’aggravant, les chinois sont descendus dans l’arène. Tel un signe de désespoir pour une communauté discrète, peu rebelle.
    L’image de la France se brouille plus encore avec l’apparition de discours hostiles. Selon certains, la Chine ne jouerait pas le jeu. Sans foi ni loi, ce pays étranglerait l’économie mondiale. Bientôt, responsable de tous les maux ! Certes l’émergence de la Chine perturbe mais les vrais responsables ne sont-ils pas à rechercher ailleurs ? Au nombre, des grandes entreprises avides de rentabilité, délocalisant a tout va ; des politiques privilégiant le maintien du pouvoir au prix d’importations à bas coûts ; un recours massif à l’endettement pour tenir dans les cordes.
    Mauvaise conseillère, la mauvaise humeur se propage en Chine. Déjà sourcilleux, son nationalisme économique n’est plus toujours bienveillant. Comme en témoignent des mesures récentes discriminant les entreprises étrangères, donc l’étranger. S’ajoute un semblable raidissement dans l’octroi des visas. Oeil pour œil, dent pour dent ! Triste musique !
    S’installe une ambiance délétère. L’amitié se meut en un doute. Après tout, peut être est il normal que le couple franco chinois s’affranchisse d’une relation particulière, chaque pays se recroquevillant derrière ses seuls intérêts ? Peut être est-ce logique que la France épouse la position du camp occidental et la Chine, celle d’un militantisme nationaliste ? Seulement voila, poussée a l’extrême, cette approche est dangereuse. L’on ne sait jamais quand s’arrête le chacun pour soi ! Plutôt que cette pale perspective, mieux vaut s’employer à restaurer cette confiance. Sans fausse naïveté, sans compromission, sans interdit mais en jouant d’une singularité, celle de deux pays amis, soucieux de construire ensemble.

  • Vivre à Tianjin

Les couples chinois

Posté par ITgium le 17 décembre 2012

Les couples chinois dans Les couples chinois mariage_0781Les récits de jùn mǎ 俊 马 (François de la Chevalerie)

Avant propos

La femme chinoise deviendrait-elle, une fois mariée, une tigresse (hǔ) ?

Se transformerait-elle en un démon (mèi) ?

Même si ce mot mal prononcé s’accorde sur un tout autre sens, la messe est dite : la femme chinoise ne serait pas de composition facile.

belles-6 dans Les couples chinois Le caractère des femmes chinoises au sein du couple

Mari et femme, chinois tous deux.

Une union géographiquement logique mais dangereuse.

Dans les comédies chinoises, le couple est souvent dépeint de manière caricaturale.

D’un côté, un homme menant rondement ses affaires à l’extérieur mais faible, assez non chaland, parfois fuyant, à l’intérieur de la maisonnée.

De l’autre côté, une boule de feu !

Une femme au fort caractère plutôt acariâtre, souvent dominatrice et qui tient jalousement les cordons de la bourse.

Chacun vaque à ses occupations, se satisfaisant en apparence d’un étrange équilibre.

Cependant, dans l’ombre, le mari se lâche, pointe le « mauvais caractère » de sa femme.

Il fustige son goût à la domination qu’il tolère pourtant.

Terrorisé à demeure, son plus grand bonheur est de s’en aller, la nuit tombante dans un karaoké avec une bande de copains comme lui meurtris dans leur vie de couple.

Dans ces bordels, il s’en donne à cœur joie, maltraitant à la baguette de jeunes femmes, tout juste dépossédées de leur virginité.

A leur tour terrorisées, elles subissent les assauts de ces hommes adipeux, libidineux, vulgaires et la plupart du temps saoul.

Cruelle revanche !

Quand il revient tard le soir, il se glisse délicatement dans  l’appartement, bientôt converge vers le lit conjugal.

Sa femme est aux aguets mais elle s’en fiche.

Elle s’en félicite plutôt car, vu les frasques de son mari, elle pourra étendre plus encore son pouvoir.
Heureuse femme chinoise qui porte la culotte !

Le temps d’un week-end, les couples s’exilent dans un palace flamboyant en périphérie de leur ville de résidence, généralement un hôtel golf.

Souvent ils s’y rendent en grappe avec d’autres amis.

Si d’aventure vous voulez connaître l’effrayante misère des couples chinois, je vous conseille cette expérience.

Jamais je n’ai été autant saisi par l’ennui, telle une guillotine me conduisant vers la mort.

Pendant ces weekends, les journées sont rythmées par des repas plantureux où pour la bonne cause, le monde des affaires n’étant jamais loin, ils invitent grassement une notoriété locale, le maire d’un commune ou le secrétaire général du parti.

Ces derniers les remercient ensuite par quelque facilité dans l’accès à un marché truqué.

Après les beuveries, les hommes jouent aux cartes, la cigarette au bec, à coup de milliers de yuans. Quant aux femmes, elles s’étirent sur des chaises, l’œil calé sur leur désormais obèse rejeton qu’elles gavent satiété.

La nuit venant, le couple se reconstruit en regardant la télévision, ce bienheureux encouragement à une vie maussade.

Plus tard, l’homme se fend d’une caresse.

Pauvre épouse, pour prix de sa domination, le corps presque inerte, elle satisfait son homme.

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Le caractère des femmes chinoises

Posté par ITgium le 17 décembre 2012

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Yao, Qingyuan

Le caractère des femmes chinoises

Les récits de jùn mǎ (François de la Chevalerie)

(1) Le caractère des femmes chinoises au sein du couple

(2) Quelques poncifs sur le caractère des chinoises

(3) La jalousie chez la femme chinoise

(4) Jalousie ordinaire au Bureau, de Sylvie Lin Jing

(5) La sexualité paradoxale des femmes chinoises

(6) Femme chinoise et homme occidental

(7) Le baiser chinois

———–

Avant propos

La femme chinoise deviendrait-elle, une fois mariée, une tigresse (hǔ) ?

Se transformerait-elle en un démon (mèi) ?

Même si ce dernier mot mal prononcé s’accorde sur un tout autre sens, la messe est dite : la femme chinoise ne serait pas de composition facile.

Le caractère de la femme chinoise au sein du couple

Mari et femme, chinois tous deux.

Une union géographiquement logique mais dangereuse.

Dans les comédies chinoises, le couple est souvent dépeint de manière caricaturale.

D’un côté, un homme menant rondement ses affaires à l’extérieur mais faible, assez non chaland, parfois fuyant, à l’intérieur de la maisonnée.

De l’autre côté, une boule de feu !

Une femme au fort caractère plutôt acariâtre, souvent dominatrice et qui tient jalousement les cordons de la bourse.

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Sun Jing, Henan

Chacun vaque à ses occupations, se satisfaisant en apparence d’un étrange équilibre.

Cependant, dans l’ombre, le mari se lâche, pointe le « mauvais caractère » de sa femme.

Il fustige son goût à la domination qu’il tolère pourtant.

Esclave à demeure, son plus grand bonheur est de s’en aller, la nuit tombante dans un karaoké avec une bande de copains comme lui, meurtris dans leur vie de couple.

Dans ces bordels, il s’en donne à cœur joie, maltraitant à la baguette de très jeunes femmes, tout juste dépossédées de leur virginité.

Terrorisées, elles subissent les assauts de ces hommes adipeux, libidineux, vulgaires et la plupart du temps saoul. Déjà, elles s’activent, se prêtant à des « Dà fēi jī ». Ainsi traduit : « grand avion ». Ainsi dit, l’homme se libère.

Cruelle revanche !

Quand il revient tard le soir, ce dernier se glisse délicatement dans  l’appartement, bientôt converge vers le lit conjugal.

Sa femme est aux aguets mais elle s’en fiche.

Elle s’en félicite plutôt car, vu les frasques de son mari, elle pourra étendre plus encore son pouvoir.

Heureuse femme chinoise qui porte la culotte !

Le temps d’un week-end, les couples s’exilent dans un palace flamboyant en périphérie de leur ville de résidence, généralement un hôtel golf.

Souvent ils s’y rendent en grappe avec d’autres amis.

Si d’aventure vous voulez connaître l’effrayante misère des couples chinois, je vous conseille cette expérience.

Jamais je n’ai été autant saisi par l’ennui, telle une guillotine me conduisant vers la mort.

Pendant ces weekends, les journées sont rythmées par des repas plantureux où pour la bonne cause, le monde des affaires n’étant jamais loin, ils invitent grassement une notoriété locale, le maire d’un commune ou le secrétaire général du parti.

Pour prix de leur amabilité plutôt feinte, ces derniers les remercient par quelque facilité dans l’accès à un marché truqué.

Après les beuveries, les hommes jouent aux cartes, la cigarette au bec, à coup de milliers de yuans. Quant aux femmes, elles s’étirent sur des chaises, l’œil calé sur leur rejeton qu’elles gavent satiété. Beaucoup en palissent, bientôt obèses, déjà introvertis.

La nuit venant, le couple se reconstruit en regardant la télévision, ce bienheureux encouragement à une vie maussade.

Les hommes adorent les matchs truqués de la NBA ou des parties de billard. Les femmes préfèrent une émission très courue où une quinzaine de femmes harcèlent des hommes en mal d’épouse.

Et si la télévision ne bourdonne pas, chacun parcourt son wexin (wechat).

Chez les dames défilent les selfies de leurs amies comme pour dire, je suis très belle, trop belle. Derrière cette mascarade, peut être lancent-elles plutôt un appel pour signaler l’effroyable vide de leur existence? Chez les hommes, l’on penche plutôt pour les berlines, de grosses bouffes et des cérémonies officielles où l’on s’ennuie pourtant à en mourir.

La nuit venue, l’homme se fend d’une caresse.

Le corps presque inerte, l’épouse s’applique sans plus.

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Jing Yang, Beijing

(2) Quelques poncifs sur le caractère des chinoises

Deux opinions contrastées que rien ne rapproche.

L’un s’étouffe presque un dénombrant les défauts des chinoises.

L’autre, émerveillé et bouche béante, vante leurs qualités.

Duel dont il ne sortira que des poncifs, les chinoises volent désormais de leurs propres ailes, certaines brutales, d’autres douces.

Mille âmes, mille femmes.

Le premier est hargneux.

Il argumente :

La femme chinoise est capricieuse.

La femme chinoise aime que les hommes la choient comme une princesse.

Les chinoises encouragent l’homme à se marier le plus vite possible.

Les chinoises poussent ces mêmes hommes à acheter un appartement aussitôt même s’il s’agit d’une cage à poule surplombant une autoroute.

Les chinoises ne seront jamais autant heureuses que lorsqu’elles les entrainent la nuit tombante leur hommes devant des magasin de luxe. Le pauvre, il fait plutôt la tête. C’est vrai que la note risque d’être salée mais quelle belle preuve d’amour!

Attention ! Les femmes chinoises ne veulent pas ce qu’on leur donne mais uniquement ce qu’elles veulent !

Les femmes chinoises sont de vraies tigresses émotives !

La femme chinoise est arriviste.

La femme chinoise ne s’intéresse qu’à l’argent.

Si d’aventure une chinoise se marie avec un européen et si ce dernier est fonctionnaire, elle n’aura que mépris, le moquant alors à tour de bras devant ses amies, sa famille. Le nommant sous une appellation simplicatrice, xián rén (littéralement, homme oisif). Dans ce cas, elle vantera, jour après jour, les qualités de ses amis d’enfance donc chinois, entrepreneurs et hommes d’affaires, dont elle dira d’un air malicieux qu’ils ont mille fois mieux réussi leur vie.

Cette critique se fait croissante avec les années.

Avec les chinoises, il faudra compter avec deux scandales par semaines ! Peut être beaucoup plus si vous ne répondez pas à leur besoin « pressant » d’une vie confortable dont il faudrait mieux qu’elle soit très confortable. Pire encore si vous êtes par malheur fonctionnaire.

Est-ce vrai tout cela ?

Lena

Lena, Jilin

Que diable !

Ce contempteur apporte une explication.

Pour lui, cet effrayant comportement serait une conséquence de l’éducation post maoïste. Une femme chinoise est dans son for intérieur un garde rouge (Hóng wèi bīng).

Le contempteur lance un appel.

- Avec en arrière fond l’économie de son pays dégradée et s’enfonçant toujours davantage, le français devrait s’abstenir à courtiser une chinoise. Il faut le dire, il n’a pas le niveau requis (shuǐ píng bì xū). A moins qu’il possède un compte offshore, une société à son nom comptant une centaine d’employés et bien sûr un appartement à Vancouver, la ville de rêve pour tout chinois, un autre à Brisbane se respectant, l’affaire est vraiment périlleuse !

Le second est bienveillant, douces sont ses paroles.

Les femmes chinoises sont traditionnelles, connues pour leur sens moral.

Les femmes chinoises savent comment s’entendre avec leur mari et le rendre heureux.

Souvent gracieuse, les femmes chinoises offrent une beauté exotique.

Héritières d’une civilisation cinq fois millénaires, les femmes chinoises sont vertueuses et sages.

Selon une métaphore répandue en Chine, une femme est douce comme l’eau, donc tendre.

La Chine étant la deuxième économie mondiale, se marier avec une Chinoise est un investissement de bon aloi.

Est-ce vrai tout cela ?

Alors, dans ce cas, gagnons immédiatement ce merveilleux rivage !

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Bobo, Shanxi

(3) La jalousie chez la femme chinoise

La jalousie est un mal mondialement partagé.

Certains supposent que les femmes en seraient davantage atteintes.

Peut-être ont-elles l’honnêteté de faire part de leurs états d’âme plus souvent en public que les hommes.

Femme jalouse est souvent splendide !

Flairant une quelconque traîtrise, elle se redresse, l’œil vengeur, les dents serrées. Les mains tremblent. Une émotion à fleur de peau occupe leur regard. Bientôt elle s’emporte, fonce droit devant leur homme, le chapitre, lui tire l’oreille.

D’un coup, elle le gifle en public. Une claque encore si ce dernier oppose un sourire moqueur.

La jalousie est-elle plus aiguë en Chine ?

Du temps des années de glaciation communiste, pour une femme, la jalousie se mesurait souvent à l’aura de son mari au sein du parti.

Quelques mots abrupts suffisaient pour signifier qu’il était le mieux placé.

Donc elle aussi !

Depuis les années 80 et l’explosion de la consommation, la jalousie se mesure dans la capacité de chacune d’acquérir des biens, d’étaler des richesses, de rendre témoignage d’une vie facile.

Dans la mêlée, elles mettent en avant leur homme plutôt pour leur richesse supposée rarement pour une hasardeuse beauté, les physiques des hommes étant interchangeables en Chine.

La jalousie consiste aussi à vanter ou dénoncer une belle silhouette.

Là, les chinoises sont gagnantes. Plutôt fines, élégantes et gracieuses.

Dans les années à venir, la jalousie se jouera autour des décolletés.

La chinoise n’étant pas généralement pas bien dotée, il s’en comptera de vaillantes pour se faire poser des prothèses mammaires et remporter la mise.

A qui la plus belle poitrine ?

A la plus grande joie des chirurgiens esthétiques, le combat sera âpre, sans pitié.

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Sylvie Lin Jing, Shanghai

(4) Jalousie ordinaire au Bureau, de Sylvie Lin Jing

« Au bureau, mes collègues féminins sont superficiels et intéressés. A longueur de journée, elles parlent de produits de luxe en tous genres. Dès qu’elles ont une seconde de libre, elles comparent leur garde robe, pointent les rentrées mensuelles. Valsent des noms de marque. S’empilent des sacs, des foulards.

Chaque jour, le même déballage vulgaire dit toujours sur le ton de la propagande. Leurs voix se faisant concurrence, elles deviennent inaudibles.

Parmi mes collègues, il s’en compte une que je déteste plus que tout.

Une amie qui la connaît dit que je suis jalouse d’elle. Peut-être ? Mais alors elle l’aura bien mérité !

Mariée avec un français avec lequel elle a un petit garçon, elle n’a que trois sujets dans sa vie.

1) Son mari, un homme riche, est très amoureux d’elle. Ils vivent ensemble depuis plus de 8 ans.

2) Leur fils est adorable. Elle le scande partout et donc tout le monde le répète mécaniquement.

3) De l’avis général, c’est une femme parfaite sans ombre.

Elle a encore un 4ème sujet, moi !

Ce que je déteste le plus, c’est qu’elle parle de moi au tout venant, à des inconnus.

Toujours la même rengaine.

Elle leur dit que si je suis encore célibataire, c’est parce que je compte me marier avec un homme vieux et riche, juste pour son argent. Mais, ajoute-t-elle d’une voix perfide : « Comme c’est dommage, elle ne l’a pas trouvé ! »

C’est méchant non ?

Je suis pareillement méchante.

Bien qu’elle ait des responsabilités importantes dans l’entreprise, elle écrit très mal, surtout en chinois. Peut-être souffre-t-elle d’un sérieux problème d’éducation ? Chaque fois que je tombe sur une de ses notes, je me fais un plaisir de les montrer aux collègues en relevant méthodiquement les fautes d’orthographe. Oui je suis moi aussi méchante…

Mais peut-être dit-elle vrai ?

Je vais peut-être me marier avec un homme vieux et riche ?

C’est le destin ? On verra… »

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Mandon, Hangzhou

(5) La sexualité paradoxale des femmes chinoises

La potion est amère.

Alors qu’un inexorable vent de liberté souffle en Chine, les femmes vivent une situation paradoxale.

Alors qu’elles s’affichent désormais librement, coquettes et désirables, jouant de subterfuges pour faire monter le désir, elles peinent à bousculer l’effroyable conservatisme familial toujours prégnant en Chine continentale.

Quoiqu’elles entreprennent, à trente ans sonnés, elles doivent obligatoirement trouver leur pair, un mari bon teint, généralement suggéré par la famille, vaguement aimé mais à l’écu doré.

C’est à ce prix qu’elles maintiennent leur respectabilité dans un environnement social toujours peu enclin aux originalités.

Alors qu’elles pourraient s‘offrir encore des années de liberté, vivre leur sexualité comme bon leur semble, voguer l’âme heureuse parmi des prétendants, ce coup d’arrêt emporte leurs rêves.

Mariée, la femme chinoise ne s’appartient plus.

Désormais l’otage de sa famille, souvent à la merci d’une belle mère envahissante, elle compose avec un rôle de convenance, lisse à souhait.

Peu à peu, son corps lui échappe.

Sonne lentement le glas de ses désirs !

Sa sexualité s’annonce pâle, sans effervescence, une affaire d’habitude.

Pour son homme, la peine est moins lourde.

Sous prétexte d’un travail forcené et de négociations insurmontables, la nuit venue, il rejoint les KTV (karaoké) et autres lieux de débauches nocturnes.

Gavé à l’alcool de riz, la tête enivrée, il y trouve une gamme étendue de jeunes femmes entre vingt et trente ans, souvent issues de campagnes reculées, à la recherche d’une vie meilleure dans les grandes villes côtières.

Voilà le paradoxe, alors que la femme mariée vit sobrement sa sexualité, les filles de joie abondent en Chine dans des enclos lugubres à la merci d’hommes effrontément vulgaires et adipeux, trompant leur femme à qui mieux mieux.

La fête finie, ce dernier rejoint la couche familiale.

Le corps encore tout chaud, faute d’énergie, rare est celui qui prête une notable attention à son épouse dont la plupart ont pris le parti de dormir depuis longtemps.

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Sasha, Taiwan

Le lendemain, le visage volontairement innocent, il joue au mari vertueux, cuisinant et s’occupant de l’enfant.

Un être presque exemplaire dont sa femme apprend à s’en accommoder au détriment de son plaisir.

L’âge venant, peut-être se laissera-t-elle surprendre par une envie de liberté en adressant un sourire équivoque à autrui, un  impardonnable éclat de rire.

Glissera un désir, une envolée de sentiment comme un nouvel horizon.

Une joie aussitôt étouffée, refoulée jusqu’à l’os.

Rares seront celles qui passeront outre les conservatismes en chassant l’intrus, l’idée d’un bonheur retrouvé.

Rares seront celles qui se gaveront d’un jeu de corps, se laissant emporter par leur seul désir.

Finalement, elles resteront dans leurs murs, palissant d’ennui a vue d’oeil.

Voilà une triste réalité dont il ne ressort que des âmes en peine.

Ainsi la belle Dame restera en souffrance tout au long de sa vie.

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Danqing, Guangzhou

(6) Femme chinoise et homme occidental

Est il possible d’envisager une relation avec une femme chinoise ou avec un homme chinois ?

Quels bonheurs en perspective ?

Quels supplices attendus ?

Portons au débat un poncif entendu : le maintien d’une relation amoureuse est toujours possible si l’aveuglement des premiers temps ne prend pas trop le pas sur un nécessaire réalisme.

Car, après l’état de grâce, telle une véritable tornade, la différence culturelle s’engouffre par toutes les interstices, balaie tout sur son passage, bientôt l’amour des premiers jours.

Au nombre des dangers, un problème de taille, presque terrifiant, l’analphabétisme fréquent des occidentaux.

Pour les femmes chinoises, l’homme occidental est un analphabète

Dans les forums de discussion, rarement en est-il fait mention car c’est de loin l’aspect le plus cruel marquant souvent une relation entre une femme chinoise et un étranger.

Pour cause, il peut-être insurmontable, ingérable.

Sauf quelques rares sinophiles ou linguistes, beaucoup d’occidentaux s’aventurant en Chine se voient aussitôt accolés un encombrant épithète : analphabète (wén máng 文盲).

Vogue aussi un sobriquet peu reluisant : l’occidental ne sait ni le A ni le B (mù bù shí dīng 目不识丁).

Le site Weibo regorge d’anecdotes amusantes où pointent d’aimables piques mais aussi de la moquerie. Ce que d’aucuns déclarent légitime : « ils vivent dans notre pays et ne connaissent même pas notre écriture ! »

Selon l’UNESCO : « une personne est analphabète si elle ne peut à la fois lire et écrire, en le comprenant, un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne ».

En Occident, l’analphabétisme renvoie à une population arriérée, décalée, à l’extrême marge de la société, souvent incapable de se mouvoir dans le monde.

Bien évidemment, aucun expatrié ne se reconnaitra dans cette définition accablante mais telle est la situation de nombreux d’entre eux lorsqu’ils vivent en Chine.

S’en compteront certains qui à force d’acharnement maitriseront leur millier de caractère mais beaucoup, devant l’énormité de la tâche ou prisonnier de leurs occupations professionnelles, ne s’accompliront pas.

Du coup, ils vivent inévitablement dans une situation d’effrayante dépendance.

Tels des vieillards, atteints de maladie congénitale, ils se tiennent à la remorque de leur femme chinoise.

D’abord, elle s’en inquiètera, cherchant à aider.

Le temps venant, la compassion des premiers jours dissipée, elle fera ce qu’elle veut, comme cela l’arrange, souvent sans intention de nuire mais plutôt par facilité.

Face à une telle distorsion, le sourire se glacera, chacun emportant ses rêves en silence.

Ce silence, la mort de l’amour.

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Ying Zao

(7) Le baiser chinois

Le baiser chinois est-il différent du baiser issu de toute autre région du monde ?

Existe-t-il un baiser labellisé Chine, comme la marque de fabrique d’un peuple ?

D’emblée, la réponse serait plutôt non.

Le baiser, fut-il chinois ou sénégalais, salvadorien ou irlandais, est bien cette empreinte charnelle s’en allant d’un museau vers une bouche.

Cependant, loin des effusions chaleureuses dans la Villa Borghèse à Rome ou au parc Monceau à Paris, les Chinois s’y prêtent avec discrétion.

Beaucoup jugent obscène de le pratiquer en public sous un ciel généreusement étoilé.

Rares sont les jeunes gens osant d’heureux rapprochements dans les jardins publics de Pékin ou de Shanghai.

Pour nombre de chinois, le baiser est un geste exclusivement sexuel donc une affaire privée loin de tout regard.

Même le baiser purement affectif d’un père à son fils est source de gêne. Presque inconnues sont les embrassades de retour de vacances ou à l’annonce d’un succès à un examen. Même embarras chez les jeunes mamans lesquelles nourrissent leur nourrissons de seuls et rares baiser furtifs.

Connaitre le baiser chinois

Du coup, la connaissance du baiser chinois est incertaine.

Comment le piéger ?

Respectant la vie d’autrui, nous nous sommes bien gardé de placer des cameras cachées dans des chambres d’hôtel. Pour toute matière, nous disposons seulement de bribes d’informations. Certains expatriés ont aimablement répondu à notre questionnaire fort sommaire. Une seule interpellation :

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Jade Shan, Donguang

Le baiser chinois est-il mémorable ?

- Le baiser chinois est indistinct du baiser anglais. C’est une affaire de temps et de moyen, rapporte James de la Tornay.

- J’ai bien cherché l’ivresse, poursuit un autre, j’ai rencontré ou de la tiédeur ou de l’emballement, rien d’exclusivement chinois.

- Si on m’avait demandé d’embrasser une chinoise à l’aveuglette, je n’aurais vu qu’une femme aimante. Femme et aimante, le reste est accommodement.

Déconstruire le baiser chinois

En chinois, le baiser se confond avec la bise, le même mot (wěn 吻) les désignant indistinctement. Selon une hiérarchie établie, l’on fait la bise à sa vieille tante, l’on accorde son baiser à sa belle. Pour les occidentaux, la différence est entendue mais en Chine comme ni l’un ni l’autre ne se pratique, ce commentaire est sans objet. Toutefois, je relève dans un roman ce bel alliage : tendre baiser (xiāng wěn 香吻).

- Vous lisez fort mal notre langue, commente mon professeur, il ne s’agit que d’un baiser platonique.

Je proteste en lui montrant une autre page où apparaît une formule insensée, donner un baiser (jiē wěn 接吻). Il regarde l’ouvrage, s’étire dans son fauteuil.

- C’est comme donner un cadeau, rapporte-t-il, juste une formule de politesse.

- Que faites vous alors du baiser d’adieu (wěn bié 吻别) ?

- Le baiser d’adieu est souvent celui du mourant. Qui l’accueille avec plaisir ?

C’est alors que je sors de mes gonds.

- Mais que dites vous alors d’une manière d’embrasser par l’étreinte (lǒu bào 搂抱).

Une gêne dans le regard du professeur.

- Pensez plutôt a donner le baiser de paix (qn yán guī yú hǎo 言归于好)

Pensez encore à votre prochaine leçon, vous êtes très faible sur les tons !

Totalement détruit par cette discussion, je me suis rendu au Bookworm[1] dans le quartier de Sānlǐtún (三里屯) où je retrouve mon ami américain, Harvey. Je l’interroge à son tour. Il pouffe aussitôt de rire.

- Un seul mot fait l’affaire, dit-il d’une voix rauque, cào (肏). Au choix, baiser ou niquer. La prudence étant bonne conseillère, même l’occidental le plus intrépide ne se hasardera pas à une telle confusion.

Les chinois ont inventé le baiser comme la poudre.

Comme je ne recevais aucune réponse, je me suis rendu dans la bibliothèque de l’université de Tianjin (天津大学). Je tombe alors sur l’ouvrage d’un père jésuite, Anxmandae de Leira, datant de 1784, “les inventions du peuple chinois » zhōng guó fā ming (中国 发明), écrit entièrement en chinois. Je feuillette l’ouvrage, tournant hâtivement les pages. Une tête de chapitre retient mon attention : « Modélisation du baiser chinois ».

“Tandis que dans les cours européennes, l’on se courtise par le regard, les déclamations de poèmes, les odes, une gestuelle bien ordonnée, en Chine, l’on n’avance d’un pas étrange. Dans ses vingt ans, pas au delà, un homme harponne sa promise par la bouche. Sans trop de révérence, Il s’y prend en un éclair de temps, d’une bouchée, qu’elle le veuille ou pas. Lorsqu’il atteint son but, il claironne, tourne sur lui même, puis se frappe le dos, les jambes. Que n’a-t-il pas accompli ? L’impensable, le premier baiser du monde ! »

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Tintin, Wenzhou

Figures géométriques du baiser chinois

Le baiser est une invention chinoise mais est-il seulement destiné à se faire plaisir ?

Si peu ! admet l’astronome Shi Shenfu (石申).

Se construisant autour de figures géométriques, le baiser chinois est une mécanique.

Selon cette perspective, la bouche est un volume laquelle avance en ligne droite ou courbe vers un autre volume. Une ligne continue, parfois discontinue, souvent une ellipse, s’en allant d’un point identifié vers un autre. Se jouxtant finalement, les bouches ondulent. Une ondulation presque millimétrique. Peu à peu, les bouches s’organisent dans les formes d’un dodécagone irrégulier. Les pointes extrêmes sont comme des vecteurs d’énergie.

Ainsi ce geste – en apparence sommaire, galvaudé et instinctif – frôle la perfection.

- La rencontre corporel de deux individus est souvent dramatique, admet Liu Wei, professeur de physique à l’université de Hengyang  L’approche géométrique chasse l’émotion tout en préservant le désir sexuel.

- Je me suis exercé à une telle approche, soupire Harvey. J’éprouvais tellement de fatigue à me maintenir dans les courbes que j’ai abandonné en rase campagne. La jolie chinoise qui se tenait toujours à l’affut devant mes lèvres m’a alors dit : « Tu n’as pas l’esprit mathématique ! »


[1] Bar anglophone

 

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Jiang Qing, la plus belle femme de Chine ou comment je suis tombé bêtement amoureux !

Posté par ITgium le 9 décembre 2012

Jiang Qing, la plus belle femme de Chine ou comment je suis tombé bêtement amoureux ! dans Jiang Qing, la plus belle femme de Chine 1934_jiang_qing_movie_shot1-228x300

Jiang Qing

Jiang Qing, la plus belle jalouse de Chine ou comment je suis tombé bêtement amoureux !

de François de la Chevalerie,

Je suis sans doute le seul homme sur la planète a être éperdument amoureux de Jiang Qing (chinois 江青 ) (1914-1991) qui fut la quatrième et dernière épouse de Mao Zedong.

Femme de caractère, longtemps détestée en Chine, aujourd’hui presque totalement oubliée.

La raison de cet amour fiévreux et passionne tient à une histoire curieuse.

Un jour, un ami chinois m’interroge :

- Quelle est selon toi la plus belle femme chinoise ayant jamais existé ?

Je lui dis qu’il m’était impossible de répondre, n’ayant qu’une connaissance limitée des beautés chinoises.

- Pas de problème ! répond-t-il alors. Je t’adresse mille images ou photos. Tu la choisiras alors mais n’oublie pas, une femme chinoise n’est jamais aussi belle lorsque son regard se noie dans la jalousie !

Je me rappelle avoir passé un dimanche entier à Hengyang à consulter ces photos.

Toutes ces femmes me semblaient pareillement jolies.

De ce lot, je n’arrivais pas à écarter n’en serait-ce qu’une seule.

Ne méritaient-elle pas de porter toutes le titre enviable de la plus belle femme de Chine ?

Qui suis-je pour statuer de manière autoritaire ?

Finalement, j’ai allégé mes critères en n’en retenant qu’un seul, la jalousie !

Une nuit encore, je portais mon attention sur ces photos.

Mais, cette fois, toutes étaient mises indistinctement à l’écart.

Finalement, il n’en restait plus qu’une seule image partiellement abîmée.

Mon ami avait porté la mention suivante sur celle-ci.

« J’avais dit que je t’adressais mille photos. Comme j’en avais 999, alors j’ai rajouté celle-là, pour la bonne cause. »

Je l’ai aussitôt appelé.

- J’ai fait mon choix.

- Laquelle ? me demande-t-il.

- La millième !

- Non !…

Puis. Il a raccroché le téléphone sans même me saluer.

Il ne m’a jamais rappelé.

Comment le pouvait-il en être autrement ?

J’étais tombé amoureux de Jiang Qing, ce monstre !

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La jalousie chez les femmes chinoises

Posté par ITgium le 8 décembre 2012

La jalousie chez les femmes chinoises dans La jalousie chez les femmes chinoises jalousie-285x300Derrière le spectacle d’une croissance phénoménale, les rapports entre les femmes ne seraient-ils pas seulement un champ de ruine en Chine ?

Les Récits de jùn mǎ

de François de la Chevalerie, juillet 2011

(1) La jalousie est un mal mondialement partagé.

(2) La jalousie est-elle plus aiguë en Chine ?

(3) Jalousie ordinaire au Bureau, de Sylvie Lin Jing

(4) Jiang Qing, la plus belle jalouse de Chine ou comment je suis tombé bêtement amoureux !

(5) La jalouse de Shanghai

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Caractère chancelant

La jalousie est un mal mondialement partagé.

Certains supposent que les femmes en seraient davantage atteintes.

Peut-être ont-elles l’honnêteté d’en faire état plus souvent en public que les hommes.

Femme jalouse est souvent splendide !

Flairant une quelconque traîtrise, elle se redresse, l’œil vengeur, les dents serrées. Les mains tremblent. Une émotion à fleur de peau occupe leur regard. Bientôt elle s’emporte, fonce droit devant leur homme, le chapitre, lui tire l’oreille. D’un coup, elle le gifle en public. Une claque encore si ce dernier oppose un sourire moqueur.

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Colère en la demeure

La jalousie est-elle plus aiguë en Chine ?

Du temps des années de glaciation communiste, pour une femme, la jalousie se mesurait souvent à l’aura de son mari au sein du parti.

Quelques mots abrupts suffisaient pour signifier qu’il était le mieux placé.

Donc elle aussi !

Depuis les années 80 et l’explosion de la consommation, la jalousie se mesure dans la capacité de chacune d’acquérir des biens, d’étaler des richesses, de rendre témoignage d’une vie facile.

Dans la mêlée, elles mettent en avant leur homme plutôt pour leur richesse supposée rarement pour une hasardeuse beauté, les physiques des hommes étant interchangeables en Chine.

La jalousie consiste aussi à vanter ou dénoncer une belle silhouette.

Là, les chinoises sont gagnantes. Plutôt fines, élégantes et gracieuses.

Dans les années à venir, la jalousie se jouera autour des décolletés.

La chinoise n’étant pas généralement pas bien dotée, il s’en comptera de vaillantes pour se faire poser des prothèses mammaires et remporter la mise.

A qui la plus belle poitrine ?

A la plus grande joie des chirurgiens esthétiques, le combat sera âpre, sans pitié.

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Sylvie Lin Jing

 

Jalousie ordinaire au Bureau

« Au bureau, mes collègues féminins sont superficiels et intéressés.

A longueur de journée, elles parlent de produits de luxe en tous genres.

Dès qu’elles ont une seconde de libre, elles comparent leur garde robe, pointent les rentrées mensuelles.

Valsent des noms de marque. S’empilent des sacs, des foulards.

Chaque jour, le même déballage vulgaire dit toujours sur le ton de la propagande. Leurs voix se faisant concurrence, elles deviennent inaudibles.

Parmi mes collègues, il s’en compte une que je déteste plus que tout.

Une amie qui la connaît dit que je suis jalouse d’elle. Peut-être ? Mais alors elle l’aura bien mérité !

Mariée avec un français avec lequel elle a un petit garçon, elle n’a que trois sujets dans sa vie.

1) Son mari, un homme riche, est très amoureux d’elle. Ils vivent ensemble depuis plus de 8 ans.

2) Leur fils est adorable. Elle le scande partout et donc tout le monde le répète mécaniquement.

3) De l’avis général, c’est une femme parfaite sans ombre.

Elle a encore un 4ème sujet, moi !

Ce que je déteste le plus, c’est qu’elle parle de moi au tout venant, à des inconnus.

Toujours la même rengaine.

Elle leur dit que si je suis encore célibataire, c’est parce que je compte me marier avec un homme vieux et riche, juste pour son argent. Mais, ajoute-t-elle d’une voix perfide : « Comme c’est dommage, elle ne l’a pas trouvé ! »

C’est méchant non ?

Je suis pareillement méchante.

Bien qu’elle ait des responsabilités importantes dans l’entreprise, elle écrit très mal, surtout en chinois. Peut-être souffre-t-elle d’un sérieux problème d’éducation ?

Chaque fois que je tombe sur une de ses notes, je me fais un plaisir de les montrer aux collègues en relevant méthodiquement les fautes d’orthographe.

Oui je suis moi aussi méchante…

Mais peut-être dit-elle vrai ?

Je vais peut-être me marier avec un homme vieux et riche ?

C’est le destin ? On verra… »

Sylvie Lin Jing, juillet 2010

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Jiang Qing

Jiang Qing, la plus belle jalouse de Chine ou comment je suis tombé bêtement amoureux !

Je suis sans doute le seul homme sur la planète a être éperdument amoureux de Jiang Qing (chinois 江青 ) (1914-1991) qui fut la quatrième et dernière épouse de Mao Zedong.

Femme de caractère, longtemps détestée en Chine, aujourd’hui presque totalement oubliée.

La raison de cet amour fiévreux et passionne tient à une histoire curieuse.

Un jour, un ami chinois m’interroge :

- Quelle est selon toi la plus belle femme chinoise ayant jamais existé ?

Je lui dis qu’il m’était impossible de répondre, n’ayant qu’une connaissance limitée des beautés chinoises.

- Pas de problème ! répond-t-il alors. Je t’adresse mille images ou photos. Tu la choisiras alors mais n’oublie pas, une femme chinoise n’est jamais aussi belle lorsque son regard se noie dans la jalousie !

Je me rappelle avoir passé un dimanche entier à Hengyang à consulter ces photos.

Toutes ces femmes me semblaient pareillement jolies.

De ce lot, je n’arrivais pas à écarter n’en serait-ce qu’une seule.

Ne méritaient-elle pas de porter toutes le titre enviable de la plus belle femme de Chine ?

Qui suis-je pour statuer de manière autoritaire ?

Finalement, j’ai allégé mes critères en n’en retenant qu’un seul, la jalousie !

Une nuit encore, je portais mon attention sur ces photos.

Mais, cette fois, toutes étaient mises indistinctement à l’écart.

Finalement, il n’en restait plus qu’une seule image partiellement abîmée.

Mon ami avait porté la mention suivante sur celle-ci.

« J’avais dit que je t’adressais mille photos. Comme j’en avais 999, alors j’ai rajouté celle-là, pour la bonne cause. »

Je l’ai aussitôt appelé.

- J’ai fait mon choix.

- Laquelle ? me demande-t-il.

- La millième !

- Non !…

Puis. Il a raccroché le téléphone sans même me saluer.

Il ne m’a jamais rappelé.

Comment le pouvait-il en être autrement ?

J’étais tombé amoureux de Jiang Qing, ce monstre !

 

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La jalouse de Shanghai

La jalouse de Shanghai !

Gracieuse perle de Fuzhou, elle s’exclame :

Je suis là !

Entièrement là !

Je te tiens, mon ami !

Au moindre écart, je me répands !

La hache s’il le faut !

Je broierai tout au passage !

Gare à toi !

Avant même de l’avoir mené, je perdais le combat de la liberté.

François de la Chevalerie, décembre 2012

 


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Le blog d’une Shanghaienne lettrée

Posté par ITgium le 2 décembre 2012

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Sylvie Lin Jing

Le blog de Sylvie Lin Jing [1]

Sylinjing 的博客

De 2005 à 2010, Sylvie Lin Jing, résidant à Shanghai, entretient un blog sur sina.com.

Ci-après, le Décryptage de son blog.

Préambule

Tenir un blog, jour après jour et au hasard des sujets, c’est révéler une partie de soi même.

Pour Sylvie Lin Jing, c’est faire vivre doucement et légèrement sa féminité, se dessinant un joli cœur.

A cela s’ajoute sa passion pour les Arts, le tout donne le sentiment d’une femme dotée d’une forte sensibilité.

Tenir un blog, c’est aussi un besoin d’exister et peut-être d’être heureux.

Dans un rare enchevêtrement, s’y déversent mille idées, mille lubies, mille désirs.

Des marques de vêtement côtoient des grands noms du cinéma, de la littérature.

Et, au milieu, une émotion, de l’amour, un insondable plaisir de vivre.

Francois de la Chevalerie

Thèmes :

(1) Sylvie et sa garde robe

(2) Le cinéma selon Sylvie

(3) La littérature, le plaisir de Sylvie

(4) Sylvie, entre musique, peinture et danse

(5) Le tour du monde d’après Sylvie Lin Jing

(6) Sylvie, elle même !

article_mon_dressing_ideal dans Le blog d'une chinoise de Shanghai

La garde robe

 

Sylvie et sa garde robe

Comme beaucoup de ses amies, Sylvie adore lécher les vitrines.

A chaque ouverture de magasin, elle s’offre un commentaire. La voilà détaillant l’achalandage de la première boutique de DUTTI MASSIMO à Nanjing West Road.

Plus loin, elle a remarqué une robe écarlate dans la boutique Zara. Mais, légèrement complexée, elle ne veut pas s’y rendre seule.

Elle lance un appel :

- Qui veut s’y rendre avec moi ?

Chaque année, Sylvie recompose sa garde-robe.

Une sorte de rituel qui lui procure beaucoup de plaisir mais aussi de l’inquiétude. Il s’agit, en effet, d’un moment délicat car pour faire rentrer de nouveaux habits dans des armoires par trop pleines, il faudra irrémédiablement se séparer de certains vêtements appelés à être sommairement jetés à la poubelle.

Apparemment, cette opinion est pas partagée par son frère qui ne comprend pas l’intérêt d’une telle démarche, se contentant lui de porter le même chandail depuis vingt ans.

- Deux positions irréconciliables, admet-t-elle. 

Selon Sylvie, le principal problème de cette opération dite du printemps, c’est que chaque vêtement illustre un moment particulier.

Par exemple, cette robe blanche savamment dentelée porte la mémoire d’une souffrance.

Cette jupe d’un ton ocre rappelle une immense joie.

La seconde étant bien davantage abîmée que la première, que faire ?

Ainsi, jeter un vêtement n’est jamais un geste simple.

Désemparée, Sylvie adresse un message à Nina :

- Ma garde-robe sera pour longtemps un micmac invraisemblable !

Chaque fois que s’annonce le week-end, Sylvie dit éprouver un sentiment de peur.

- Peut-être est-ce le moment de penser ? croit-elle.

Penser ou faire du shopping, question cruciale pour une belle Shanghaienne.

Opiniâtre consommatrice sur Internet, errant de site en site à la recherche d’une robe rouge ou d’un chemisier en soie, Sylvie s’interroge. Qui se cache derrière la toile, le temple de la consommation ?

Elle répond sur un ton amusé :

- Félicitations ! En y venant, vous avez rejoint la pègre !

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Anita Eckberg

 

Le cinéma selon Sylvie

Elle s’interroge :

- Pourquoi les Chinois ne connaissent-ils pas Alain Delon ?

Sylvie s’offre une double réponse.

- L’homme est vieux ! déclare-t-elle.

Mais surtout, il ne tient pas la comparaison face à Romy Schneider.

- Romy est belle, savoureuse comme le jade humide, suggère-t-elle.

Sylvie aime la beauté.

Donc elle adore la publicité de Dolce & Gabbana, société de prêt-à-porter de luxe basée à Legnano, et laquelle couvre les murs de Shanghai au printemps 2010.

- Une publicité vraiment agréable, note-t-elle.

Cela lui rappelle les images en noir et blanc du cinéma italien des années cinquante et soixante des mémorables Federico Fellini, Michelangelo Antonioni et Vittorio De Sica.

Dans leurs films, remarque-t-elle, les femmes sont dotées d’une impressionnante force intérieure !

“Il Segno di Venere » est le film culte d’une femme qu’elle vénère, Sophia Loren.

- Quand j’ai vu pour la première fois la scène de la Fontaine de Trevi, ma vie s’est presque arrêtée. J’ai regardé le film trois fois la même nuit. Etait-ce seulement possible ? Anita Eckberg était-elle réelle ? Pourrais-je seulement suivre ses pas ?

- A l’aube, reconnait-elle, mon rêve d’une « vie inimitable » s’est dissipé.

Attention !

Sylvie sait porter le fer au besoin.

- Le maquillage artificiel de Madonna fait pauvre et vulgaire face à la beauté délicate et raffinée d’une Monica Vitti.

Le grand plaisir de Sylvie, c’est de voir des films et d’en raconter les récits.

Elle s’étonne de la durée si courte, quelques jours seulement, de la relation totalement improbable entre deux êtres dans the Bridges of Madison County.

- Comment une femme décente s’est-elle laissée submerger par un amour inattendu sur une route mouillée, à sept heures du matin ? se demande-t-elle.

Elle ne le dit pas mais elle a du revoir cent fois ce film avec toujours cette même question :

- Comment ?

Subitement, elle croit en avoir la réponse :

- Dans un univers rempli de nébuleuses, vivre une seule fois l’amour n’est jamais trop tard ! Cette rencontre fortuite a forgé son destin.

Sylvie s’émerveille devant le film de Jacques Rivette, 36 VUES DU PIC SAINT-LOUP où l’acteur Sergio Castellitto, dit-elle, joue le cœur battant.

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Kundera

 

La littérature, le plaisir de Sylvie

Entre deux DVD de Maria Callas, elle s’empare d’une tripotée de livres : des romans policiers de Chandler, les biographies de Gustav Mahler et de Wladimir Horowitz mais aussi un ouvrage de Hú Shì, philosophe et écrivain chinois.

Aujourd’hui, Sylvie lance un débat sur le dernier roman de Yan Geling, « les choses de la vie ». Elle dit en avoir fait une heureuse lecture. Elle s’interroge sur l’importance des émotions dans la vie sans pour autant trouver de réponse.

- Peut être trouverais-je des bribes d’émotion en allant dans les pubs de Shanghai ?

Vient ce récit.

- Il y a beaucoup de pubs à Shanghai. L’ambiance est toujours un peu près pareille. Mais, ajoute-t-elle, l’arrivée d’un homme peut sauver la situation. Voilà qu’elle rencontre un homme poli et courtois. C’est alors que surgit une merveilleuse incidente :

- J’étais ravie car je pouvais me prouver à moi-même que ma féminité n’avait pas diminué.

Enfin, ce mot inattendu :

- Louis, je crois que c’est le début d’une belle amitié, dit-elle à son interlocuteur, laissant sans doute ce dernier tristement interdit.

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Pina

Sylvie, entre musique, peinture et danse

Cependant, Sylvie a déjà l’esprit ailleurs. Elle chantonne à tue tête « les miséreux de la butte », une chanson de Cora Vaucaire.

- Pourquoi ces refrains sont si peu connus en France ? se demande-t-elle.

Toutefois, elle pleure toujours à l’écoute de l’Adagio en ut mineur de Joannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart.

Voilà qu’elle achète maintenant un petit tableau à Moganshan Road dont le nom est porteur d’espoir , « l’Elixir d’amour », une peinture à l’encre.

Elle se promène souvent dans le quartier artistique de Shanghai, s’intéresse à Lao Gupo :

- Toujours laid et rugueux, comme l’art brut, dit-elle.

Elle se lance alors dans une réflexion.

- Devant les peintures de Botticelli, et de Caravage, beaucoup se demandaient à l’époque s’ils étaient mauvais ou bons. Le temps a résolu cette question, conclut-elle.

Elle admire encore Pina Bausch dont la magie des figures sombre dans l’invisible.

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Désir de voyage

Le tour du monde d’après Sylvie Lin Jing

Cette fois, Sylvie boude.

Elle voulait se rendre au Japon mais elle constate amèrement que les procédures pour obtenir le visa sont compliquées. Elle décide de surseoir à ce projet.

Qu’importe ! Elle formule un vœu !

- L’Italie, mon pays préféré ! Je n’ai pas d’autre objectif dans la vie que celui d’y vivre !

Aussitôt, elle énumère des lieux magiques.

Le val d’Orcia, une vaste vallée située dans la province de Sienne, en Toscane.

Viterbo, dans le Latium,s’élevait avant une ville étrusque.

Positano, ville fondée selon la légende par Neptune, comme un clin d’oeil à « la Dolce Vita »

Les iles Lipari, pour retrouver l’atmosphère méditerranéenne !

Rome, sous le regard d’Anita Eckberg.

Et Venise, dit-elle, Absolument ! Absolument !

Et Prague ? s’interroge-t-elle.

Pour Sylvie Lin Jin, toute ville est inespérable de la patte d’un écrivain.

Après avoir rédigé une longue note critique sur l’œuvre de Kundera, elle hésite à l’admirer. Elle n’apprécie pas, dans le fond, « L’Insoutenable Légèreté de l’être » cette idée que l’homme n’ayant qu’une seule vie à vivre doit être irresponsable.

Cependant, elle aime Prague.

- Ce que j’aime, c’est l’absinthe. Sa couleur verte est extrêmement fausse. Les gens le boivent dans une impulsion rapide car l’absinthe est censée chasser la frustration et l’anxiété qui guette les artistes.

Lecture encore du magazine National Geographic où elle s’émeut de la splendeur des photos d’Angkor Wat.

34996_171067049702263_1387005930_n-210x300 Sylvie, elle même !

Ce texte :

- Lorsque j’ai regardé lors des Jeux Olympiques ces milliers des bénévoles et athlètes, les yeux charges d’émotion, je n’ai pu m’empêcher de penser en silence. Je devais l’admettre, je ne suis pas une personne altruiste. Jamais je ne ferai ce qu’ils font !

Son amie d’enfance, MARY, sur le chemin des Etats-Unis, s’est arrêtée pour la rencontrer à Shanghai.

Elles évoquent leurs souvenirs.

De la maternelle, de l’école primaire, du premier cycle du secondaire, lycée, le temps où elles faisaient leurs devoirs ensemble, pratiquaient la calligraphie, apprenaient l’anglais, taquinaient les garçons.

Et pour conclure, elle se laisse porter par un poème.

A poem by David Lehman

When she says Margarita she means Daiquiri.
When she says quixotic she means mercurial.
And when she says, « I’ll never speak to you again, »
she means, « Put your arms around me from behind
as I stand disconsolate at the window. »

He’s supposed to know that.

When a man loves a woman he is in New York and she is in Virginia
or he is in Boston, writing, and she is in New York, reading,
or she is wearing a sweater and sunglasses in Balboa Park and he is raking leaves in Ithaca
or he is driving to East Hampton and she is standing disconsolate
at the window overlooking the bay
where a regatta of many-colored sails is going on
while he is stuck in traffic on the Long Island Expressway.

When a woman loves a man it is one-ten in the morning,
she is asleep he is watching the ball scores and eating pretzels
drinking lemonade
and two hours later he wakes up and staggers into bed
where she remains asleep and very warm.

When she says tomorrow she means in three or four weeks.
When she says, « We’re talking about me now, »
he stops talking. Her best friend comes over and says,
« Did somebody die? »

When a woman loves a man, they have gone
to swim naked in the stream
on a glorious July day
with the sound of the waterfall like a chuckle
of water ruching over smooth rocks,
and there is nothing alien in the universe.

Ripe apples fall about them.
What else can they do but eat?

When he says, « Ours is a transitional era. »
« That’s very original of you, » she replies,
dry as the Martini he is sipping.

They fight all the time
It’s fun
What do I owe you?
Let’s start with an apology
Ok, I’m sorry, you dickhead.
A sign is held up saying « Laughter. »
It’s a silent picture.
« I’ve been fucked without a kiss, » she says,
« and you can quote me on that, »
which sounds great in an English accent.

One year they broke up seven times and threatened to do it
    another nine times.

When a woman loves a man, she wants him to meet her at the
airport in a foreign country with a jeep.
When a man loves a woman he’s there. He doesn’t complain that she’s two hours late
and there’s nothing in the refrigerator.

When a woman loves a man, she wants to stay awake.
She’s like a child crying
at nightfall because she didn’t want the day to end.

When a man loves a woman, he watches her sleep, thinking:
as midnight to the moon is sleep to the beloved.
A thousand fireflies wink at him.
The frogs sound like the string section
of the orchestra warming up.
The stars dangle down like earrings the shape of grapes.

 


[1] http://blog.sina.com.cn/u/1894916834

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Sylvie lín jìng, la Princesse d’Air France de Shanghai

Posté par ITgium le 25 novembre 2012

Sylvie lín jìng, la Princesse d’Air France de Shanghai dans Sylvie lín jìng , la princesse d’Air France de Shanghai sylvie-300x237

Sylvie Lin Jing

 

Quatre nouvelles De Francois de la Chevalerie et Anmandae de Leira

(1) La princesse de Shanghai

(2) Les larmes de Suzhou

(3) Le conciliabule des amants

(4) De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise

 

 

 

 

(1) La princesse de Shanghai ou comment être une femme chinoise à l’esprit limpide.

Voici quelque temps, dans la mêlée de la vie, un ami lâche une incidente :

- Pour connaître Shànghǎi, il te faudra déchiffrer le regard d’une femme. Derrière l’apparence, les jeux de rôle, le superflu, une beauté assurée, se cache dans les entrelacs de son âme, un brin de paradis, une ville aux lumières éternelles.

Il ajoute d’une voix émue :

- Nul autre qu’un homme amoureux n’en fera meilleur usage.

Fort du conseil, dès le lendemain, d’un pas résolu, je me lance à l’assaut de la perle de l’Orient, la parcours de long en large, m’en allant vers le Wai Tan, poussant jusqu’à l’Observatoire de Sheshan, au sommet de la colline de So Zé.

Courant, haletant.

Osant l’aventure dans les rues les plus sombres.

Prolongeant ma route vers de beaux édifices, témoins d’un passé glorieux.

Sur le chemin, je frôle des femmes.

Grandes ou petites, replètes ou chétives. L’œil borgne ou le regard vif.

Toutes chinoises, supposées Shanghaiennes.

Du cru, d’un beau cru.

D’un geste, je les approche.

D’une voix chaleureuse, je quémande une minute de leur vie.

Ou un simple sourire.

Je les observe jusqu’à les dévorer du regard.

Traquant le moindre trait, guettant chaque nuance, à la recherche de l’improbable onde.

Malheureusement, ce jour-là, les perles sont rares.

Pâle constat !

Comment cette femme au regard si fade peut-elle abriter la face cachée d’une ville ?

Comment cette autre, désespérément amorphe, m’en dévoiler les secrets ?

L’âme de Shànghǎi m’échapperait-elle plus longtemps encore ?

La nuit tombant, je baisse les bras.

C’est alors que devant le Renmin Gōngyuán, je remarque une ombre glissant le long de l’étang aux lotus. Une silhouette élégante et fine s’en allant rapidement. La voilà maintenant sur Nanjing Lu, s’élançant d’un pas volontaire, traversant le croisement d’un seul tenant.

Une marche presque militaire l’emmène vers le Ciro’s plaza.

Je la prends alors en filature, la double sur la gauche, bloque son passage.

Lutte étrange, mon corps s’oppose au sien.

La nuit est opaque. Des bruissements de voiture aux alentours. Quelques clameurs au loin.

Son visage est sobre, aux traits harmonieux. Une peau légèrement chahutée par une pigmentation désordonnée.

Elle lève lentement la tête, me foudroie du regard, jette une moue dans l’arène. Enfin, elle s’exclame :

- Vous n’avez rien compris ! L’âme d’une chinoise ne s’acquiert pas sur une fausse détermination.

Surpris, je la laisse passer.

Elle file de nouveau, plus rapidement encore.

Je reprends ma course, à son niveau maintenant.

- Mademoiselle, pouvez-vous me parler de Shànghǎi ?

Elle s’emporte alors.

Une remontrance, un cri de colère.

Une avalanche d’épithète censée chasser l’intrus.

Puis un silence.

Soudain, surgissent des larmes.

Elles glissent sur ses joues, chahutent ses lèvres.

Dans un éclair, un sourire.

Emmené par un mot léger. Une étoile dans le ciel. Un vœu pour la vie. Une envie sincère d’aimer, d’être aimé.

Désormais sereine, elle raconte un quartier, une anecdote, l’Histoire de Shànghǎi.

Ci-git, sous des pierres, un homme illustre ayant construit plus d’une bâtisse.

Là-bas, un aventurier au long cours, chercheur d’or.

Se dissimulant sous les arbres, l’amour fou et désespéré entre une française de bonne famille et un bandit de Chóngqìng.

Se brisant à jamais la vie d’un jeune français passionné d’écriture chinoise, le malheureux, écrasé au petit matin par un chauffard sur Nanjing Lu.

Malheureuse, cette toute jeune fille, née de l’amour éclair entre un homme noir et une chinoise, à la recherche de son père dans un bar glauque aux abords du temple de Jing’an.

Au loin, résonne la triade Xiăo dāo hui, la Société des Petites Épées.

Hurle son parrain, Du Yuesheng, surnommé Du les Grandes Oreilles, personnage ubuesque, meneur de trafics en tous genres.

Bruit aussi la grande Histoire.

Les vivats des membres fondateurs du Parti communiste chinois (Zhōngguó Gòngchǎndǎng) le 23 juillet 1921 dans la concession française (fǎzūjiè).

Misérables, les Hóng wèi bīng, grotesques gardes rouges, chantant la wénhuà dàgémìng, la révolution culturelle et ses millions de morts.

Heureux, mille fois heureux, des juifs réfugiés d’Autriche, de Pologne et de Russie, en 1940 dans le ghetto de Hóngkǒu !

Ils disent merci à la Chine éternelle de leur avoir sauvé la vie.

Ils s’agenouillent, prient, la main enroulée dans un Sefer Torah.

A l’ombre des souvenirs, le monde moderne, des gratte-ciels, toujours plus hauts, pullulant à Pudong, caressant le ciel.

Sur le toit de l’un, un homme.

Sur le toit de l’autre, une femme.

Au milieu, le vide.

Pourtant, un fil invisible les relie, telle une promesse.

Au fil des récits, je réalise ma chance.

L’âme de cette femme compose avec Shanghai, s’enlaçant, s’aimant.

Deux dans l’un.

L’un dans le regard de l’autre.

L’un s’émerveillant de l’autre.

C’est donc elle, ma muse !

Rassuré, je pars à sa conquête, demande son nom.

Court un silence.

Je renouvelle l’appel, l’entoure de mots amicaux.

Elle se redresse, regarde le ciel comme pour fuir mon regard, mumure enfin :

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Sylvie

- Sylvie lín jìng

Une civilisation cinq fois millénaires à l’ombre d’une forêt dense où s’emmêle un zeste de France, telle une chanson.

Originaire de Fuzhou, depuis longtemps arrimée à Shanghai.

Un ancrage durable, indéracinable, « mieux qu’un homme dans mon sillage », dit-elle malicieusement.

Elle raconte alors sa vie de femme, cadencée et mouvementée.

Vigoureusement moderne jamais insouciante.

Des rencontres, des poèmes, une promenade sur un vieux pont, un baiser à l’arraché et puis brusquement se meurt une passion trop lourde à porter.

Tel un retour en arrière pour revenir aux sources, celle d’une ville follement aimée.

Ils n’y pourront rien ces gaillards ! Ni leur adresse, ni leur ingéniosité ne sauront faire fléchir la belle.

Liu, le notable, plouc jour et nuit, roulant dans une berline argentée.

Paolo, le Romain, chantant un ton trop haut « ti amo » d’Umberto Tozzi, le buste en avant.

Un lǎowài originaire d’Atlanta calmant ses nerfs du bout de ses lèvres.

Bu Nong, l’éternel rêveur cosmique, faisant sonner les clochettes de lijiang.

Jeroen, l’Hollandais, grand de taille et bel homme, pêchant la rascasse à Middleburg.

Soudain, une inquiétude chevauche son regard.

Le souvenir d’une querelle, d’une contrariété, juste d’une moue.

Avec l’un, avec l’autre, elle ne sait plus.

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Sylvie en colère

Des scènes de vie, un zeste de violence.

Sur les bords du Huángpǔ Jiāng, une après midi pluvieuse du mois de février, des commentaires sarcastiques.

Longeant Shanxi Lu, un terrible chahut, une sinistre affaire d’argent née dans l’univers vulgaire et ostentatoire du Banyan Tree de Hangzhou.

Au pavillon mexicain de l’exposition universelle, une fatigue suivie d’une dispute, d’une fuite et heureusement de retrouvailles.

Des cris à faire frémir le monde entier, au nº 50 de la rue Moganshan. Beaucoup de larmes, ce jour-là !

Des gifles à la pelle devant une agence immobilière dans le district de Pǔtuó Qū. La honte infinie d’un homme agressé en pleine rue.

Misérable accueil à Pǔdōng, l’une fois la tête maussade, l’autre fois la tête en colère.

Une ballade en vélo au Shìjì Gōngyuán, le ventre à l’air.

Sombre ce monde d’infortune.

Le sentiment d’une occasion ratée, celle d’aimer pour la vie.

Sylvie lín jìng m’offre son passé, son présent, son futur.

Sans fard, sans détour.

De la matière brute.

Des mots ciselés, sans mensonge, venant naturellement.

Une femme profonde et sensible, nullement tiède dans ses sentiments, gardant la mémoire de chaque instant, portant la réflexion au loin.

Sous l’effet d’ondes bienfaisantes, vivant honnêtement.

- Puisque aujourd’hui le destin m’a permis de vous rencontrer, demandai-je alors, dites moi seulement ce que je dois faire pour me faire aimer par Shanghai ?

- Ne rien dire qui n’interrompe sa course vers des lendemains heureux !

Elle me tend la main, s’empare chaudement de la mienne et soupire.

- Je vais maintenant regagner mon bureau, le siège d’Air France à Shanghai.

Cette fois, je laisse le passage, regarde sa silhouette s’éloigner lentement. Gracieusement, elle disparait à l’horizon.

L’âme de Shanghai est le meilleur cadeau que Sylvie lín jìng m’ait jamais offert, une part de sa lumière.

Là, dans l’ombre, j’aimerai toujours Shanghai, le cœur heureux d’une si belle rencontre, ce bonheur.

François de la Chevalerie, décembre 2012

 

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Sylvie

Un jour, Sylvie Lin Jing pleure…

Les larmes de Suzhou

- Regarde Sylvie droit dans les yeux, proclame Jay. Lorsque s’annoncent ses larmes, tu assisteras alors au plus merveilleux spectacle qu’il m’a été donné de voir en Chine.

Plus beau que la percée de l’automne dans la Vallée de Jiuzhaigou.

Plus saisissant que la forêt d’Osmanthus à Guìlín.

Plus imposant que la montagne Yulong à Lìjiāng.

Plus impénétrable que le Tǎkèlāmǎgān Shāmò.

Le lendemain, j’invitais Sylvie à Suzhou, terre du lait et du miel.

Une journée du mois de juin, ensoleillée et paisible.

Pour l’occasion, Sylvie portait une robe blanche immaculée comme un hommage à la vie.

Sous le coude les romans de Lu Wenfu, nous avons arpenté les ruelles, enjambant les 160 ponts de la ville.

Le déjeuner venant, nous avons fait halte dans un restaurant traditionnel installé dans un vieux temple aux portes en bois rouge.

Dans une vaste salle, des familles chinoises au grand complet, fêtaient gaiement de véritables agapes.

Un chahut convivial, du bien être.

Sylvie pose son regard sur le menu, choisit les plats locaux, un Biluo Xiaren, un Xigua Ji et une soupe bien appétissante.

Le serveur prend la commande.

Soudain, un flot de larmes se répand sur son visage.

Qu’ai je fait pour lui suggérer une telle peine ?

Je cherche une réponse en l’observant intensément comme pour démêler les fils d’une histoire que je ne comprends pas.

Son visage chavire peu à peu dans une insondable tristesse.

Les larmes se répandent, bientôt occupent tout son visage.

Autour de nous, le silence.

Tous les regards se portent sur Sylvie, attendent un sourire.

Toutes les familles sont tétanisées par sa peine.

Désormais immobilisés, les serveurs retiennent leur souffle.

Je pose alors ma main sur son front.

S’accommode sur mon visage de la compassion.

Elle pleure toujours, des larmes en abondance sur ses joues.

Dans un élan, je lui murmure mon amour.

- Pourquoi pars-tu ce soir ? Peut être pour ne jamais revenir ? s’exclame-t-elle d’une voix ombragée.

Pour ma défense, je parle confusément, une volée de mots inaudibles.

Une urgence à l’autre bout du monde m’attend.

Un argumentaire dérisoire.

Une main se pose sur mon épaule.

Le Directeur du restaurant venu à la rescousse.

- Pourquoi faites vous pleurer votre amie ? demande-t-il.

- Qui êtes vous Monsieur pour faire tant mal à une si belle femme ? interpelle une vieille dame au visage centenaire.

- Quelle arrogance, cet homme là ! renchérit une autre dame.

- Ces yáng guǐ zi nous ont imposé naguère les traités inégaux, la déchéance de notre pays millénaire, ne voilà-t-il pas qu’ils poursuivent leur scélérate ambition avec nos femmes ! tonne cette fois une voix d’homme.

- Envoyez le dans un láodòng gǎizào ! Claironne un autre.

La salle applaudit, se gave d’un slogan : “Out of China!“

Je me lève alors.

Je me retire lentement à reculons, le regard fossilisé sur elle.

Cette fois, ses mains cachent son visage.

Ses cheveux arrosés de larmes.

Dans le restaurant, tous les regards se portent sur moi, entre condamnation et haine.

Maintenant dans la rue, j’appelle le premier taxi.

Direction, l’aéroport de Pudong.

D’un seul tenant.

Cette fois, une larme atteint mon visage, des frissons.

Une pensée.

Comment puis je rester une seule seconde de plus en terre de Chine après avoir infligé une telle douleur à une femme ?

François de la Chevalerie, décembre 2012

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Conciliabule

Le conciliabule des anciens amants, le cas Sylvie Lin Jing

Ils s’appellent Paolo, Jay, Jeoren, Bunong et René.

A eux seuls, ils jonglent avec cinq nationalités.

Cinq cœurs d’homme âpres au combat.

Au hasard de leur destin, ils ont rencontré Sylvie Lin Jing,

Leur chinoise, disent-ils de concert.

Un ange passant par là, douce lumière, ce temps heureux.

Sylvie, une belle femme lettrée et élégante.

Elle les a accompagnés chacun dans leur désir de Chine telle une ouverture sur un monde souvent méconnu.

A Londres, à Harrods, sur Brompton Road dans le quartier de Knightsbridge, ils se sont retrouvés.

Ce qu’ils disent de leur première rencontre avec Sylvie

- Je l’ai connue en un coup de vent entre deux avions, moi, m’en allant vers Atlanta, raconte Jay. Elle, vers Shanghai. Sur son seul sourire, je l’ai aussitôt aimée. Deux mois après, je rejoignais la Chine, un pays où je ne m’étais jamais rendu auparavant. J’avais dans ma sacoche une bague de fiançailles achetée chez Tiffany & Co à New-York et déjà dans ma tête l’idée du mariage à Atlantic City.

- Comme je passais devant la Fontaine de Trevi, je l’ai rencontrée, se souvient Paolo. Le regard très inspiré, elle semblait se nourrir d’une imagination invraisemblable. Que regardez vous de si beau ? ai je demandé. Anita Eckberg ! A-t-elle répondu. Je l’ai alors entrainée toute la nuit durant dans les rues de Rome.

- Elle a épousé mon regard lors d’une rencontre chez des amis à Shanghai, précise Jeoren. J’ai tout de suite senti qu’elle était prête à la plus belle aventure de la vie, l’amour.

- Une soirée sans nuage à l’ombre de la montagne Meili culminant à 6000 m d’altitude, nous avions l’œil sur Vénus, dit Bunong. Six heures à l’horloge, l’astre crâne dans le ciel ! Plus loin, Jupiter, l’œil moqueur, balayé de mille couleurs. Dans la ronde, ses filles, Europa et Ganymède. Soudain je m’élance, je m’empare de ses lèvres, doux vent de l’ouest, température clémente.

- Je suis un habitué du Renmin Gongyuan, précise René. Je cherche l’âme sœur, en vain, depuis deux ans. Finalement, j’ai souscris au service d’une sorcière maléfique, un modèle de méchanceté et d’aigreur. Pourtant grâce à ses bons soins, je l’ai rencontrée dans un restaurant de Shanxi Lu. Ma belle fée !

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Les amants

Puis le voile se fend.

- Complicated and nervous ring a bell, dit Jay. Un mois après mon arrivée à Shanghai, j’ai plié bagage. Je me suis installé à Pékin où j’ai vécu ensuite très heureux.

- Combien de fois depuis le premier jour de notre rencontre, raconte René, ne m’a-t-elle pas signifié qu’elle allait rompre avec moi ? Pourquoi devrais je m’investir dans une femme qui ne sait pas ce qu’elle veut, une femme qui change d’opinion quand bon lui semble ?

- La nuit tombée, sous les étoiles, commente Bu Nong, j’oubliais ses emballements, son caractère abrupt. Vous savez, le vent frais de Lijiang chasse les mauvaises ondes.

- Alors que j’étais tout doux, tout bon, se rappelle Paolo, elle me harcelait au téléphone, m’appelant cents fois dans l’heure. Je n’avais plus que ses criailleries dans ma tête, plus jamais le son du bouvreuil pivoine que j’entends depuis dans mon enfance à l’ombre des Apennins.

- Avec elle, poursuit René, j’ai souhaité maintenir une distance, telle une sorte « de service minimum ». Pas de cadeau, peu d’attention, peu de geste. Mieux vaut jauger la pièce avant de confier son âme !

- Si elle est célibataire encore à ton âge ! suppose Jeroen. C’est qu’il y a malaise en la demeure ! Je le lui ai dit. Elle m’a aussitôt giflé.

- A chaque fois que j’arrivais en retard à un rendez vous, poursuit Paolo, c’était un déferlement ! Un jour, sur le chemin de Xītáng (西塘) une petite ville chinoise située au sud de l’embouchure du Yangzi Jiang, elle a fait valser ses mains sur mon visage, me mordant aussi les mains. Je suis arrivé à destination, défiguré, les oreilles décollées.

- A chaque fois que je prenais mon élan, tout plein du désir de l’aimer, ajoute Jeoren, elle me réprimandait. Comment faire alors ?

- Avec elle, à un moment d’intense douceur peut suivre un éclat, une tornade, complète Paolo. C’est comme la mer des Sargasses, l’on vit le bonheur éternel et vient la fin du monde !

La chute

Tous à leurs souvenirs, le visage de ces hommes se noie subitement dans une profonde tristesse.

N’ont-ils pas pris conscience d’avoir manqué le coche ?

N’était-elle pas la femme tant attendue ?

Vilain paradoxe, ils se mentent à eux mêmes.

Ils l’ont bel et bien aimée.

A trop jouer, à ne pas l’accepter tel qu’elle est, ils l’ont épuisée.

Un beau jour, elle a pris la tangente sans laisser de traces.

Plus jamais, elle n’a répondu à leurs courriers, leurs cris de désespoir.

C’est ainsi quelle est faite, la Sylvie !

Femme entière, convaincue de lendemains meilleurs.

Plus jamais une Sheng nu (剩女) mais désormais une femme mariée, s’en allant vers un autre destin.

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Le bonheur ?

 

De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise

Juste un chahut.

Au hasard d’une rencontre, un doux sentiment.

Dans la mêlée, des frissons, des sueurs,

Le cœur battant.

Cette fois, Mademoiselle est chinoise.

De Fuzhou, dit-elle.

D’emblée, une question :

Pourquoi son cœur vaut-il mieux que tout l’or du monde ?

Serait-ce son âme ?

Plutôt, ses origines !

Elle porte une part de vérité du grand peuple de Chine.

Solidaire de son incroyable destin, elle rayonne.

Naturellement, elle domine l’arène.

Sa silhouette gracieuse se mouvant élégamment

D’un seul sourire, elle s’impose.

Soudain, un avertissement.

Dans les oreilles, à voix basse,

L’on me dit qu’une relation entre une chinoise et un occidental est de l’ordre de l’impossible.

A l’ordinaire, celle-là est concrète, pragmatique et peu rêveuse.

Jamais s’emballe-t-elle pour de faux plaisirs.

Rarement se tord-t-elle l’esprit en se gonflant d’un sentiment amoureux.

Chez elle tout est plutôt besoin et famille

Elle s’enquiert surtout d’une vie banale et confortable.

De son côté, l’occidental se laisse aller à un imaginaire romanesque.

Il navigue dans ses rêves.

Il croit toujours à sa grandeur passée, donne des leçons à un monde qui ne lui appartient plus.

L’on me dit encore, à la naissance d’un enfant, cette différence devient insurmontable.

La famille chinoise insuffle un air de privation de liberté.

L’homme est alors relégué à un rôle utilitaire, joue profil bas, entre mère et enfant.

Passe sa tête et puis s’en va !

Puissent ces alertes ne pas perturber ma relation naissante, me disais-je alors.

Mais le temps passant, la passion s’étoile.

Un brin d’éclair entre deux contraintes dont il faut parler.

Dès lors, je remarque que notre entente est fragile comme accidentée.

Bientôt laborieuse.

Quelques mots échangés en une journée.

Le fossé culturel m’apparaît plus crûment, plus nettement.

J’ai la curieuse impression qu’il s’élargît avec le temps, rendant illusoire toute communion d’esprit avec elle.

Elle raille mes états d’âme.

Elle boude toute tentative de dialogue.

Chacun campe sur ses positions.

La Chine, la France.

Deux cultures, deux combats.

L’on ne cherche plus à se comprendre.

Surgit l’ennui.

Un silence.

Le vide.

Finalement, nous plongeons dans l’inconnu.

L’histoire banale d’un couple qui se fend.

Une sortie sans gloire.

Un beau bazar pour rien !

De mon côté, je pense toujours à elle.

De son côté, je n’existe plus.

Tout cela est curieux pour moi qui suis tellement attaché à l’histoire passée.

Le cœur bientôt enlacé à un autre homme, elle s’en moque éperdument.

Ah, quel idiot, je fais !

François de la Chevalerie, décembre 2012

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Comala, le livre

Posté par ITgium le 25 novembre 2012

Le récit de jùn mǎ

de François de la Chevalerie, 2011

« A quelques encablures, le monde noue avec ses origines, la lumière du ciel. »

La religion des astres, Anxmadae de Leira

Comala, le livre dans Comala, le Roman, les larmes d'une lectrice dream_world_pictures-300x240

Comala

Voilà vingt siècles, des habitants d’une distante planète s’envolaient dans l’espace.

Depuis toujours ils nourrissaient le rêve d’aller à la rencontre d’autres hommes, loin dans l’univers.

Dans un vaisseau chargé d’antimatière, ils dévalèrent les pentes du ciel.

Malgré les trous noirs, l’aéronef franchit sans encombre un paysage lugubre, émaillé de géantes gazeuses et d’astres moribonds.

Alors que la fusée s’aventurait dans la voie lactée, ses occupants devinèrent un voile étrange, une brume à l’horizon.

Dans le prolongement d’une modeste étoile, un joyau bleuté flottait sous des traînées blanchâtres.

Tout au long de leur périple, ils n’avaient jamais croisé semblable beauté. Le miracle d’une vie ailleurs s’annonçait !

Sans tarder, ils atterrirent à l’ombre d’un volcan dont l’étoffe se répandait jusqu’à l’océan. Malgré une nature foisonnante, le spectacle humain était déplorable.

Des chasseurs de mastodontes s’entretuaient pour des raisons inconnues. Ronde infernale, le sang coulait à flot.

Accueillis par des pierres et des lances, les visiteurs d’outre monde furent nombreux à mourir décapités ou dépecés.

Repliés au pied du volcan, les survivants se consultèrent. Tout au long de leur trajet, ils n’avaient rien vu d’heureux : caillou, glace ou poussière.

Quant à la Terre, la violence la laminait. Découragés, ils décidèrent de rebrousser chemin. Seulement voilà, un surplus d’antimatière était indispensable pour revenir à demeure. De grotte en fosse, ils s’en allèrent à sa recherche.

Ils bousculèrent feuillages et galets, creusant en profondeur. Même dans les fonds marins, les antiparticules étaient introuvables. Le retour s’avérait impossible. Du haut du volcan, ils implorèrent alors leurs frères de leur porter secours.

Debout, ils guettaient le ciel. Rien ne venant, ils chargèrent le volcan de substances chimiques de telle sorte qu’une gigantesque torche se porterait jusqu’à la haute atmosphère. Sans succès encore, ils entreprirent ensuite la construction de pyramides circulaires, les élevant au rythme des saisons.

Dans chacune, des conduits marquaient les étapes de leur traversée. La nuit, ils observaient le ciel. Un rien alimentait leur espoir, une ondée comme une étoile filante. Au moindre chahut, ils exultaient de joie. Ces fièvres passagères étaient toujours de courte durée. Mais, de génération en génération, prospérait l’idée du retour.

Un jour, un vent de sable s’éleva le long de la sierra.

Des soldats espagnols se dirigeaient vers le volcan. La peuplade dépêcha sur leur chemin un vieillard à fière allure.

« D’où viens-tu ? » demanda un capitaine bouffi de morgue. D’une main fragile, le vieil homme désigna une lueur dans le ciel.

« Hérétique ! » tonna le militaire en lui tranchant la gorge d’un coup de sabre. Bouleversés, ses compagnons prirent aussitôt le chemin du volcan. Lorsqu’ils gagnèrent ses hauteurs, ils se jetèrent, l’un après l’autre, dans la fournaise. Fermant le bal, le plus âgé salua une dernière fois la terre. A ce moment là, un éclair foudroya le ciel. Les bras levés, le malheureux criait de toutes ses forces. L’onde caressait le cône, se faufilant parmi les fumets. S’en approchant, l’homme s’y engouffra d’un air volontaire.

Lorsque les espagnols investirent les maisonnées aux alentours, ils ne trouvèrent âme qui vive.

Comme ils s’en inquiétaient, un bruit sourd parvient du Volcan. Sous une pluie de cendres, la terre trembleait.

Peu à peu, un feu dense s’élevait, recouvrant bientôt d’un voile pourpre le soleil. Agrippé à sa monture, le front perlé, le capitaine s’écria :

« Soldats, vous ne direz jamais ce que vous venez de voir. Jamais ! »

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Femme chinoise, le mariage à trente ans

Posté par ITgium le 23 novembre 2012

Femme chinoise, le mariage à trente ans dans Femme chinoise, le mariage à trente ans vlcsn-300x168

Femme chinoise

Nombreuses sont les femmes chinoises qui craignent plus que tout de franchir célibataire l’âge de trente ans. 

Le commentaire d’une expérience vécue.

 

 

 

Cent fois, elle m’a alerté sur son âge.

Pâle ritournelle du matin.

Bientôt du soir, chaque soir.

Le même relent de désespoir

Son âge s’annonce telle une barrière infranchissable.

A 29 ans, elle flaire la déroute, toujours seule, s’enlaçant dans la nuit.

Elle craint les regards, les mots blessants sur son âge, son célibat, sa vie.

Déjà elle suffoque, tremble d’impatience, pointe son regard sur moi.

Elle me demande de l’épouser sur le champ, dans la journée.

Dans l’instant, comme fuyant sous une pluie de balles.

Dans un élan, croit-elle, nous nous y accomplirons parfaitement !

Glisse un sourie sur son visage.

Une mimique bien appuyée.

La bouche mi ouverte, elle prolonge l’assaut.

Elle prend mes mains, de bout en bout, m’embrasse.

Relance un baiser sur mes lèvres, navigue sur ma langue.

Dans un soupir, elle murmure un je t’aime charnel, l’étoffant de caresses sur mon cou, s’en allant gaiement sur la poitrine.

Suit un autre je t’aime celui là plus sobre, d’un seul tenant.

Un peu bizarre, trop brusque.

Un autre, plus froid, s’en allant trop vite.

Un autre, distant.

Un autre, jeté à la va vite.

Un autre, inaudible.

Le dernier délabré, désossé.

Je… murmure-t-elle en retenant son souffle.

Une larme glisse sur son visage.

Elle pleure, tête baissée, égrenant des râles.

Puis elle me regarde comme elle ne m’a jamais fait, en profondeur, sans concession.

Le visage s’en amusant, je souris.

Je lâche alors :

- Non !

Elle dodeline légèrement de la tête.

- D’accord, dit-elle, le buste raide, en claquant des pieds.

Elle s’en est allée vers la porte de sortie.

Sans se retourner, sans le moindre geste.

Déjà un autre homme dans sa tête avait raflé ma place pour l’heureuse cause de son bonheur,

Une histoire chinoise.

Depuis, je ne l’ai plus jamais revue.

 

de François de la Chevalerie, décembre 2012

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De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise

Posté par ITgium le 22 novembre 2012

De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise dans De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise zhang-ziyi-3-200x300

Zhang Ziyi, belle mais affreusement opportuniste

Juste un chahut.

Au hasard d’une rencontre, un doux sentiment.

Dans la mêlée, des frissons, des sueurs,

Le cœur battant.

Cette fois, Mademoiselle est chinoise.

De Fuzhou, dit-elle.

D’emblée, une question :

Pourquoi son cœur vaut-il mieux que tout l’or du monde ?

Serait-ce son âme ?

Plutôt, ses origines !

Elle porte une part de vérité du grand peuple de Chine.

Solidaire de son incroyable destin, elle rayonne.

Naturellement, elle domine l’arène,

Sa silhouette gracieuse se mouvant élégamment.

D’un seul sourire, elle s’impose.

Soudain, un avertissement.

Dans les oreilles, à voix basse,

L’on me dit qu’une relation entre une chinoise et un occidental est de l’ordre de l’impossible.

erer dans De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise

Une muse toute douce

Jamais s’emballe-t-elle pour de faux plaisirs.

Rarement se tord-t-elle l’esprit en se gonflant d’un sentiment amoureux.

Chez elle tout est plutôt besoin et famille.

Elle s’enquiert surtout d’une vie banale et confortable.

De son côté, l’occidental se laisse aller à un imaginaire romanesque.

Il navigue dans ses rêves.

Il croit toujours à sa grandeur passée, donne des leçons à un monde qui ne lui appartient plus.

L’on me dit encore, à la naissance d’un enfant, cette différence devient insurmontable.

La famille chinoise insuffle un air de privation de liberté.

L’homme est alors relégué à un rôle utilitaire, joue profil bas, entre mère et enfant.

Passe sa tête et puis s’en va !

Puissent ces alertes ne pas perturber ma relation naissante, me disais-je alors.

Mais le temps passant, la passion s’étoile.

Un brin d’éclair entre deux contraintes dont il faut parler.

Dès lors, je remarque que notre entente est fragile comme accidentée.

 

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Femme Chinoise

Bientôt laborieuse.

Quelques mots échangés en une journée.

Le fossé culturel m’apparaît plus crûment, plus nettement.

J’ai la curieuse impression qu’il s’élargît avec le temps, rendant illusoire toute communion d’esprit avec elle.

Elle raille mes états d’âme.

Elle boude toute tentative de dialogue.

Chacun campe sur ses positions.

La Chine, la France.

Deux cultures, deux combats.

L’on ne cherche plus à se comprendre.

Surgit l’ennui.

Un silence.

Le vide.

Finalement, nous plongeons dans l’inconnu.

L’histoire banale d’un couple qui se fend.

Une sortie sans gloire.

Un beau bazar pour rien !

De mon côté, je pense toujours à elle.

De son côté, je n’existe plus.

Tout cela est curieux pour moi qui suis tellement attaché à l’histoire passée.

Le cœur bientôt enlacé à un autre homme, elle s’en moque éperdument.

Ah, quel idiot, je fais !

François de la Chevalerie, décembre 2012

Publié dans De l’amour entre un homme occidental et une femme chinoise | Pas de Commentaire »

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