• Tianjinoise, Tradition (传统)

    Tianjinoise, Tradition (传统)

    A priori, elle n’a pas de réputation particulière.
    Ni sa physionomie, ni sa taille, pas davantage son allure ne lui confère une aura singulière de celle qui se répande jusqu’à l’autre bout de la planète. "Pourquoi alors le cœur d’une Tianjinoise vaut-il bien mieux que tout l’or du monde ?" se demande Pierre Teilhard de Chardin en 1936.

  • Une vie en Chine

  • Lin Chi-ling 林志玲

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    Lorsque je l’ai rencontrée la première fois, son visage était sévère, comme intraitable.
    Jonglant avec les contrats publicitaires, Chiling Lin n’avait alors aucune inclination à offrir au tout venant un sourire fut-il pâle.
    Dans son sillage, son agent publicitaire m’avertissait.
    « Au prix coutant de plusieurs dizaines de milliers de dollars, chaque seconde valant son or, vous serez vite ruiné. »
    Longtemps après, je l’ai croisée.
    Elle venait d’être exclue d’une superproduction.
    La larme à l’œil, elle m’aperçut dans un coin d’ombre.
    Cherchant à chasser ce désordre, elle laissa filer un sourire sincère sur son visage cependant défait.
    Je lui ai alors dit :
    - Lacrimis struit insidias cum femina plorat (Lorsque la femme pleure, elle tend un piège avec ses larmes, Dionysius Cato)
    - Non ! a-t-elle répondu, je pleure avec mon cœurs, je souris avec mon cœur.

  • Lin Huiyin

    Femme chinoise

    Un ami m’a dit : si tu veux connaitre la force romantique d’un couple chinois, plonge toi dans la vie de Lin Huiyin et de Xu Zhimo.
    Couple illégitime, s’aimant dans l’ombre, se chahutant.
    Xu Zhimo admirait par trop celle qui deviendra la toute première architecte de chine.
    Dans sa quête d’amour, il s’abîme, l’abîme aussi.
    Le temps enfin de se dire Adieu et ils meurent tous deux comme enlacés vers le même destin.

  • Wang Danfeng

    Femme de Chine

    Si j’étais né dans les années 20, je serais alors tombé éperdument amoureux de Wang Danfeng, célèbre actrice à la diction remarquable et au charme saisissant.
    Elle me fait souvent penser à Gene Tierney, un peu froide en apparence mais au tempérament chaleureux, ne s'en laissant pas compter.

  • Zhang Zilin 张梓琳

    Zhang Zilin

    Certains s’amusent à taquiner ce qu’ils nomment peu élégamment Madame l’échalas.
    C’est vrai que du haut de sa grande taille (1,82m), augmentée par des escarpins à la courbe vertigineuse, Zilin domine le monde, souvent des nabots qui la mitraillent de photos.
    Miss World 1987, elle pourrait en tirer quelque arrogance.
    - Nullement, seule m’importe l’idée de bonheur ! s’exclame-t-elle avec vigueur.
    Je l’interroge alors.
    - Le bonheur étant si rare, comment s’y prendre pour le retenir à soi, le répandre ensuite ?
    Elle sourit avec un tel ravissement, une telle assurance, de surcroît le regard chaleureux, que son idée du bonheur se propage naturellement dans les âmes.

  • Jin Xing 金星

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    Issue de la minorité coréenne, Jin Xing cultive les particularismes les plus audacieux.
    Valeur mâle, valeur femelle, Jin Xing est passé(e) de l’un à l’autre, d’un coup d’aile.
    Sans trop d’éclat, devenant l’une des meilleures danseuses et chorégraphes de Chine.
    Colonel de l’armée populaire (Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn), elle vit à Shanghai dont elle dit :
    - Shanghai une ville complètement femelle. La ville des femmes alors que Pékin est la ville des hommes.
    Elle ajoute dans un murmure :
    - Ma vie est fantasque, heureuse vie d’entre les vies de ce monde !

  • Sòng Měilíng 宋美齡

    Sòng Měilíng

    Dans les années 40 et 50, le rêve de tout homme était de rencontrer de Madame Tchang Kaï-chek, femme d’une élégance sublime et au charisme époustouflant.
    Dans les Vacances Romaines, Gregory Peck chahute aimablement Audrey Hepburn, dans le rôle d’une jeune princesse, en lui disant que son heureuse silhouette ne saurait surpasser l’allure de la Reine des Reines, Madame Tchang Kaï-chek.
    Ce mot encore prêté à Cary Grant :”Toutes les plus belles stars d’Hollywood ne valent pas le regard de Madame”.
    Dans les 40, elle parcourt les Etats Unis, prône l’intervention américaine aux côtés du Zhōngguó Guómíndǎng.
    Hollywood l’admire, la célèbre comme une Reine mais Roosevelt puis Truman n’apporte pas leur soutien à cette cause.
    Dotée d’une forte intelligence, Sòng Měilíng occupe inlassablement mon esprit comme le révélateur de la grandeur du peuple de Chine.

  • Tián Yuán 田原 (1985)

    Tián Yuán 田原 (1985)

    C’était un soir de décembre, la température avoisinait mois dix degrés,
    Un ami m’avait invité à la célébration de ses vingt ans de vie d’artiste.
    Dans des pièces enfumées, pétries d’odeurs d’alcool de riz, il m’a aussitôt indiqué la bonne porte.
    - Viens par là que je te présente, Tián Yuán, je ne sais comment la présenter mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est dotée de tous les talents. Elle fut la Reine du Trihop chinois mais elle est encore actrice, scénariste.
    Visage discret aux lignes parfaites, une voix douce, Tián Yuán me raconte si bien, si honnêtement, si précisément, son roman, Zebra Woods que je la serre dans mes bras.
    Elle s’en étonne à peine, me demande si j’ai vu son premier film, Butterfly.
    Je suis honteux, très honteux, les bras pendants
    Elle s’éloigne alors.
    Le lendemain même, je visionne Butterfly pour lequel elle a reçu un prix.
    Elle n’avait alors que 19 ans.
    Une adresse exceptionnelle pour celle qui entend bientôt réaliser son premier film, cousu d’or celui là.

  • Peng Liyuan 彭丽媛

    Peng Liyuan

    Depuis toujours, j’aime intensément cette merveilleuse chanson « Sur les plaines de l'espoir » où bat le cœur de la chine ancestrale, les souffrances et joies d’un grand peuple.
    Humble spectateur du gala annuel de la CCTV à l’occasion du nouvel an chinois, j’ai été transporté par une voix merveilleuse.
    Le corps tremblant, terriblement ému, je regardais cette belle femme qui avait si bien entonné l’air que j’aime tant.
    Laissant glisser un sourire sur son visage, elle remercia ensuite le public de sa voix douce.
    Et tous ceux qui comme moi, depuis Tianjin ou les provinces les plus reculées de la Chine, avaient gouté avec plaisir au spectacle.
    - Merci Madame, murmurais-je alors.
    Madame, Première Dame de Chine.

  • Zhāng Zǐyí 章子怡

    Zhang Ziyi

    Malgré sa renommée sulfureuse, c’est une femme ravissante.
    Trop sur les devants de la scène, elle est honnie par une partie de la Chine.
    A son encontre mille soupçons.
    A mon avis, elle sera pleinement heureuse lorsqu’elle donnera à sa vie un élan romantique.
    Un français aimable et élégant, fin connaisseur des usages et des Lettres chinoises, pourrait volontiers y répondre et répandre chez elle l’idée du bonheur.
    Avec en partage un slogan : Omnia vincit amor (L'amour triomphe de tout).

  • Zhou Xun 周迅

    Zhou Xun

    J’ai adoré, mille fois adoré, le film Dai Sijie 巴尔扎克与小裁缝 Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise.
    Pourtant, je ne comprenais rien au dialecte abscons que l’on parle dans le Sichuan.
    Cependant, je m’accrochais à la parfaite diction de Zhou Xun.
    Je l’ai aussitôt aimée comme on aime le soleil, la vie.
    Tel un pèlerin, sur son chemin de grâce, je suis alors allé à sa rencontre
    Elle venait de terminer lǐ mǐ de cāi xiǎng, The Equation of Love and Death (李米的猜想).
    - Vous semblez venir tout droit d’un rêve !
    D’une main fragile, elle a dessiné un cercle.
    Apres l’avoir traversé en son milieu, sa main s’est dirigée vers le ciel.
    Elle m’a alors dit d’une voix douce légèrement chahutée par l’émotion.
    - Vous voyez d’où je viens, vous voyez où je vais !

  • Li Bingbing 李雪

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    - Toute jeune, me dit-elle, je n’avais pas la moindre intention de devenir actrice. Je souhaitais alors apprendre aux jeunes enfants la lecture, le savoir.
    Cependant, en 1993, une proche lui suggére de faire un tour au très renommée Shanghai Drama Institute in 1993.
    - J’y suis allé en un coup de vent. Ce jour là, un vent trop fort peut être, j’y suis restée le temps d’une saison.
    Dès 1999, dans le film Zhang Yuan's Seventeen Years (1999), elle noue avec la célébrité. La voilà propulsée au rang des meilleures actrices lors du 12th Beijing College Film Festival.
    Viennent les propositions Hollywoodiennes : Resident Evil, Transformers.
    - Je ne me laisse pas emporter par ce furieux coup de vent, je reste moi même, heureuse dans ma tête, le regard rivé vers des enfants à qui je lis des poèmes.

  • Fan Bingbing 范冰冰

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    Fraiche et généreuse, telle est Fan Bingbing alias Jin Suo, allant et venant élégamment, dans le film Taiwanais Princess Pearl (1997).
    Certains se demandaient alors comment cette toute jeune femme, âgée seulement de 17 ans, se muerait dans le monde âpre et violent du cinéma.
    L’ayant approché à cette époque, je l'interroge sur ses rêves.
    Elle en rit, se laissant aller à une réponse audacieuse.
    - Comme le temps venant mais toujours au delà de mes espérances.
    Voilà qu’elle devient dans la décennie suivante l’égérie de marques commerciales de renommée, au million de yuan la prestation.
    Elle crée en 2007 son propre studio, le Fan Bingbing Studio (范冰冰 工作室 , Pinyin : fàn bīng bīng gōngzuòshì) et multiplie les productions.
    Je la vois encore dans les films Shaolin et Buddha Mountain.
    Au delà de mes espérances, disait elle.
    Je la retrouve alors autour d’un dangereux élixir, un mélange hasardeux de vodka et de tequila.
    Alors que je souhaite la questionner sur l’air du temps comme du plaisir de vivre, elle m’interrompt.
    - Je n’ai toujours pas atteint mes espérances.
    - Fan Ye (son surnom), lui dis-je, on vous accable de nombreux talents mais celui qui l’emporte, c’est votre incroyable détermination.
    - Bravo, Madame ! conclus-je en Français.

  • Coco Lee 李玟

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    Sa belle silhouette évoluant sur de nombreuses scènes, sa vie est une suite presque ininterrompue de disques accumulant prix et honneurs.
    La voix jonglant aussi élégamment entre le mandarin et l’anglais, cette hongkongaise de naissance ayant vécu très tôt aux Etats Unis incarne parfaitement le soft power chinois, ce moyen pour la chine d’étendre délicatement, sans coup férir son influence sur le monde.
    Cependant, au milieu de sa remarquable réussite, Coco a le cœur généreux, la larme à l’œil, laissant filer document sa voix pour soutenir les malades du SRAS ou du Sida, pansant la misère.

  • Dong Siyang

    Dong Siyang (1988)

    Dong Siyang est jeune, la plus jeune du lot.
    La plus belle aussi, comme elle se réclame.
    A 21 ans, elle est déjà Présidente Directeur général d’une société de média établie à Hongkong.
    Surnommée la beauty CEO, elle se laisse tellement surprendre par une gloire acquise si tôt qu’elle écrit à 23 ans propre biographie "21-year-old woman president".
    - Je me trouvais vieille, me confie-t-elle, il fallait que je retrace ma vie.
    Bien qu’elle s’ajoute des titres usurpés, le livre est un best seller.
    De Shenzhen à Dalian, des jeunes femmes chinoises se l’arrachent, certaines bien plus âgées qu'elle.
    Toutes rêvent de gloire et de passion.
    Ou du besoin naturel d’être aimé par un homme ou par ses pairs.

  • Hou Yu

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    La voix s’élève vers de belles hauteurs, s’élance plus encore vers un horizon lointain.
    Loin dans le ciel, survolant son ombre.
    Soudain, Hou Yu suspend son envol.
    La voix se rétablit vers des notes légères,
    Bientôt un calme, comme une attente.
    Sera-t-elle l’épouse de l’empereur ?
    La concubine au cœur chaud, l’aimant jusqu'à l’infini.
    Embastillée dans des étoffes, le visage de Hou Yu est blême.
    Glisse une larme sur ce visage bien fait.
    Elle s’aime tour à tour dans les rôles de Dan, de Quingyi ou de Wudan.
    Elle souffre aussi, la carapace l’accable, le masque l’étouffe.
    Telle une concubine déchue, l’âme en peine.
    Voilà le public du Guójiā dà jùyuàn (國家大劇院) l’applaudissant à tout rompre.
    Hou Yu est une valeur sûre de l’opera de Pekin (Jīngjù).
    Je la félicite alors, me laissant porter, l’enveloppant de mes bras.
    - Je trouve le public de Tianjin plus chaleureux, se lâchant dans le bonheur, murmure-t-elle.
    Je la tiens plus près de mon cœur.
    - Oui, l’homme Tianjinois est le plus chaleureux du monde.

  • Paris en Chine à Tianjin

    Paris en Chine à Tianjin

    Pierre Teilhard de Chardin se rend à Tienstin au début des années trente. Plutôt Déconcerté par la présence de nombreuses bâtisses rappelant l’architecture des métropoles européennes, il s’exclame alors :
    « Tienstin, serait-elle Paris en Chine ? »
    Le pont Eiffel sur le Hai He construit au début de XXème siècle comme la réplique du Pont Alexandre III témoignent de cette influence.

  • Xue Zhe

    Xue Zhe, Tianjinoise

    Membre de l'Académie de Mathématique de Qingyuan (Guangdong) et de l’Institut d’Astronomie du Guangdong, Xue Zhe est une talentueuse scientifique, portant loin l'avenir de la Chine.
    Par deux fois, elle m’a demandé de l’accompagner sur la montagne sacrée du Héng Shān pour observer la grande Ourse. Là, la nuit durant, elle calcule les magnitudes apparentes et absolues.

  • China Soft Power

    China is going to reach in a short time the rank of the first superpower of the world.
    Today, China has all financial, commercial and technical resources required to maintain this position for a long period of time.
    Beyond the environmental pollution, the food safety issues and the embryonic democracy, the real weakness lies in the absence of a comprehensive soft-power, the ability to attract and co-opt rather than coerce.
    Because today china hasn’t a multicultural society (people coming from everywhere in the world), its cultural potential can’t spread quickly, far and wide.
    China today main challenge is how to turn a five thousand culture into a world map culture ?
    For those Chinese who are eager of a mutual understanding of the people from everywhere, they must pioneer to do so, paving the way to a more stable world.
    I do think that the future of china depends merely on them.

    Francois de la Chevalerie, April 2013

  • Cixi ou Tseu-Hi

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    Vilaine est cette opinion que l'impératrice douairière Cíxǐ était une femme irascible, rusant et calculant, responsable du déclin de la Chine et de sa soumission au diktat des puissances étrangères.
    Comble du toupet, petite concubine, elle s’impose dans les rangs et donne encore un peu de souffle à la dynastie Qing, décadente et endormie.
    Dans sa jeunesse, Cíxǐ était une très belle femme que tout homme de bon aloi aurait aimé prendre pour compagne.

  • Lena

    Lena

    Originaire de Jilin, Lena gère un groupe de restauration présent à Beijing et Tianjin.
    Lorsqu’elle a ouvert son dernier établissement à Sanlitun (situé à 1,5 km du pont Dongzhimen), comme j’étais surpris de voir ma photo sur le menu, elle m’a dit : "Tu fais partie de mon paysage".

  • Gong Li

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    Sa renommée est un sacré piège car on la figure distante, accompagnée d’une ruée d’agents, de la morgue au visage, trainant autoritairement sa gracieuse silhouette dans les Palais Romains.
    Nullement, Gong Li est une femme qui adore la simplicité et l’inattendu.
    La voilà en scooter à Paris arrimée à un inconnu, un sans grade, cette fois pris au piège d’un délicieux rêve, l’amour.
    Quelle merveilleuse aventure que celle de rompre les amarres et de regarder sur la butte Montmartre le lever du Soleil sur Paris, cette fois bien et tendrement accompagné !

  • Sabino Cagigos (Sà bīn) 萨宾

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    It is clear that Sabino Cagigos once called in chinese 萨宾 (Sà bīn) embodies the vitality of the today culture.
    Since long, thanks to his Catalan origin, Sabino has a fascination with labyrinths that cover his family background, his philosophical approach, mainly the troublesome western culture.
    The labyrinths represent the conflict between the artist and the world, narrated through a lifetime experience.
    After some vacillation, the route through the labyrinths is finally marked out.
    I found a symbolic similarity between them and the intelligence, the one of Sabino, the one of everyone, even the unskilled one.
    However, for the undogmatic Sabino, experiment remains open, a field of investigation always put into question.
    Nothing is set in stone.
    Everything is short-lived.
    And at the, the men dies.
    So the earth.
    So everything.
    So the Chinese women, Sabino Cagigos, their painter.

  • Michelle Yeoh Choo-Kheng (1963)

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    Malaisienne, Michelle Yeoh est une chinoise de l’extérieur, libre dans sa tête, dans ses opinions.
    En raison d’un accident vertébral, frustrée de ne pas pouvoir entamer une carrière de ballerine, Michèle supplante toutes ses pairs en devenant Miss Malaisie en 1983.
    Sa beauté fait mouche auprès d’un millionnaire hongkongais avec lequel elle se marie et qui la mènera au premier rang du box office chinois.
    Sportive, elle assure elle même des scènes d’acrobatie, des sauts périlleux dans l’inconnu, parfois vers l’amour.
    Elle interprète la moins connue des sœurs Soong, Ai-ling Madame Kung, plus riche que les deux autres réunis, en posant un regard circonspect sur une chine par trop troublée.
    A 50 ans elle devient la Lady. Aung San Suu Kyi
    Corps frêle, elle bataille contre les généraux, vouant a la vie un amour par dessus tout.

  • Yang Kaihui

    Yang Kaihui

    La première épouse de Mao mérite les honneurs.
    Nullement parce qu’elle est entrée en l’année 1919 dans la vie du grand Timonier mais parce que ce dernier, un saint homme, n’a nullement remué ciel et terrain pour lui éviter une exécution sommaire par le Guomindang en 1930 à Changsha (Hunan)

    Du coup, Yang Kaihui, femme simple et au bon cœur, mère attentive de trois enfants est durablement aimée par le peuple chinois.
    Comme par moi même croyant naïvement que les belles âmes portent le meilleur témoignage de la beauté du monde.

  • Jade Yu Jiang Shan

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    Elle est fière d’être Cantonaise, fière d’être originaire de Dongguang, fière plus encore d’être elle même.
    Une femme moderne, tout en rondeur, aimant la vie, la bonne chair et l’alcool.
    A Canton, Reine de la nuit, elle connaît la terre entière, danse la salsa, lit le dernier roman de Mián Mián.
    Intelligente et souriante, Jade se déclare cynique jouant des uns des autres comme pour mieux vivre.
    Le soir, s’inquiétant du temps qui passe, elle tâte son ventre, cherche un enfant qui ne vient pas.
    L'âme triste, elle ressasse jour et nuit cette formule latine :
    Accipe quam primum, brevis est occasio lucri
    « Agis de suite, les chances de réussite durent peu. »
    Ce désir d’être autre chose que le symbole de plaisirs passagers.
    Ce désir d’être une lumière, une voix dans un monde éphémère.

  • Pan Hong

    Pan Hong

    Toute la force de cette femme repose dans un effroyable souvenir qui la tient jusqu’à ce jour.
    Le suicide de son père, honni, écrasé, laminé par de lamentables gardes rouge durant la révolution culturelle.
    Du coup, chez elle, l’essentiel, c’est de vivre par dessus tout, droit dans ses bottes.
    Merveilleuse actrice, je l’ai rencontrée plusieurs fois en sa qualité de vice présidente de l’association du Cinéma Chinois. Chaque fois, elle ouvre la discussion sur ce bon mot :
    « Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir. (Dum vita est, spes est).

  • Zhang Yin 张茵

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    Il vous faudra beaucoup aimer ou connaître le recyclage de papier et le papier d'emballage de Chine pour l’approcher juste une toute petite seconde.
    Même en développant des trésors d’imagination sur l’avenir du courtage en papiers recyclés, il n’est pas sûr que la propriétaire de la Nine Dragons Paper vous reçoive.
    La raison, Zhang Yin est une des premières fortunes de chine, une fortune qu’elle a acquise toute seule, principalement à Hongkong.
    Mieux vaut alors lui parler de la biographie que vous comptez écrire sur elle. Dans ce cas, elle s’ouvrira davantage.
    - Mon père était officier de l’armée populaire, s’exclame-t-elle, je suis officier de l’économie de la Chine d’aujourd’hui. Trente ans de distance, et le tour est joué. L’on devient riche sans même sans rendre compte ? Est ce bien tout cela ? se demande-t-elle alors.

  • Pan E

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    Lorsque je l’ai rencontrée pour la première dans l’effrayant chahut de la Brasserie Chartier à Paris, j’ai aussitôt aimé la sagesse de son regard, cette manière de tout observer avec discrétion, avec pudeur.
    L’âme sereine, Pan E a toujours le mot juste.
    Tolérante, elle accompagne ses amis jusqu’au bout de leur peines.
    Le cœur généreux, nullement songe-t-elle à accabler l’un plutôt que l’autre.
    Elle s’émeut de leurs larmes.
    Elle les encourage à maintenir leur cœur vaillant, enlacé dans de beaux souvenirs, loin d’idées de revanche.
    Glisse parfois sur son visage une onde de tristesse, une inquiétude comme un besoin de comprendre.
    Le souvenir d’un homme aimé, s’en allant aux abords du Mont Fuji.
    Un homme, cet autre, si loin.
    Une larme dans son cœur.
    Dans toutes les larmes s'attarde un espoir, soupire Simone de Beauvoir.
    La silhouette filant doucement à l’horizon, Pan E trace son chemin comme si elle formait le souhait de vivre dans un monde plus doux, plus heureux.

  • Zhou Weihui 周衛慧

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    Comme j’avais beaucoup aimé son roman, Shanghai Baby (上海宝贝), je suis allé à sa rencontre pour la féliciter.
    Je voulais le dire a quel point j’appréciais le personnages de Coco lequel à travers son comportement et sa famille illustre parfaitement les contradictions de la chine contemporaine.
    Mélange de sexe, de drogue au risque d’un monde interlope.
    “ Vous savez, m’a t-elle dit, j’ai eu beaucoup d’ennui avec ce livre. Beaucoup d’exemplaires sont partis en fumée. Mais, comme il est toujours possible de renaitre de ses cendres, j’ai récidivé et je récidiverai toujours et inlassablement.
    Telle une pluie ne s’interrompant jamais. »
    Le soir même, j’ai poursuivis la lecture Wo de Shan (我的禅) plus doux tout de même que le précédent.

  • NE PAS DIABOLISER LA CHINE !

    Là, gisant sous nos pieds, le venin se répand.
    Tout doucement s’insinue dans l’opinion l’idée que la Chine est un pays hostile, la charge s’invitant bientôt dans les campagnes électorales.
    Que lui reproche-t-on exactement ?
    De laminer nos industries dont certaines sont moribondes depuis longtemps ?
    De détruire l’emploi ?
    De laisser exsangue nos économies ?
    De porter atteinte à notre modèle social ?
    Par delà le factum, levons le voile sur une hypocrisie.
    D’aucuns pays ne souhaiteraient pas connaitre le développement économique de la Chine ?
    Que ces thuriféraires fassent preuve de cohérence !
    Si d’aventure ils envisagent une mondialisation à géométrie variable, qu’ils dénoncent alors toutes les déclarations onusiennes favorables au développement et ainsi de la marche inexorable du monde !
    Comment reprocher à une nation naguère famélique de s’en sortir ?
    Cette civilisation par cinq fois millénaire prend une revanche sur l’histoire.
    Elle s’y accomplit avec une volonté dont beaucoup de pays gagnerait à s’inspirer.
    Certes le pays n’a pas choisi le modèle démocratique mais quiconque le connaît mesure la détermination des pouvoirs publics à augmenter le niveau de vie de sa population. Assumant les tâches régaliennes, l’Etat donne le rythme, rectifie les débordements tout en laissant libre cours à l’initiative privé.
    Cet engagement rappelle celui de l’Etat Français au lendemain de la guerre ou au début des années 60.
    Tout doit être fait pour améliorer le menu quotidien et abolir l’apostrophe trop souvent entendue sur les bords du Chang Jiang : « qu’as-tu mangé ce matin ? »
    Francois de la Chevalerie, 2007

  • Junma

    Mi appellido Chino es Junma (Bonito caballo). En lo presente, asumo el cargo de director de dos empresas : CHINA MESSENGERS, la cual se dedica al manejo de proyecto de montajes industriales en el ámbito del sector ambiental y las energías renovables y PANEUROCHINA, la cual desarrolla técnicas de valorización para los sedimentos, sanos o contaminados (barro de mar) y su explotación con el fin de fabricar materiales de construcción. Las dos compañías están ubicadas en Tianjin. Adicionalmente, soy miembro fundador de d'IR & Amiante (IR & Asbestos), corporación Industrial especializada en el tratamiento y la inertización de amianto (www.iramiante.com). Por fin, animo la Secretaría General del Fondo de Tecnología Itgium (www.itgium.com).

  • Mexico & China

    La comunidad Mexicana en Tianjin es poca numerosa a pesar de que su población esta estimada a 12 M de habitantes con un PIB parecido igual al de la Ciudad de México. Se cuenta algo como 10 personas, la mayoría estudiantes (Tech de Monterrey) y unos aventureros procedentes de Nogales (algo sospechoso). Debido a mis conexiones mexicanas, en una reunión en el Hotel Astor, el grupo me nombro : “Delegado de México en Tianjin”. Recibí el nombramiento con honor y orgullo aunque desconozco las tareas que el cargo requiere. Sin embargo, hemos decidido de festejar el evento con cerveza “Corona” la cual se vende por todos lados en China.
  • Méta

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  • Tianjin

    Résidant à Tianjin (天津) et à Qingyuan (清远 ), Province du Guǎngdōng (广东), je suis un entrepreneur (qǐ yè jiā 企业家) passionné par l’environnement, notamment, le recyclage des sédiments et la gestion des risques sanitaires.
    Au delà de mes activités professionnelles, je suis tombé amoureux (ài shàng 爱爱上) de la Chine dont j'aime parcourir les villes et les campagnes à la recherche du moindre secret, d’un bel éclat, m’en allant à l'aventure (mào xiǎn 冒险).
    Mon nom chinois est jùn mǎ (俊 马).
    Légère coquetterie dans le choix des mots, en Français : élégant ou gracieux cheval.

    François de la Chevalerie

  • Tianjinaise, Modernité (时新)

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    Regard de velours, la Tianjinaise compose avec une gentillesse naturelle jamais feinte. Le mot juste, elle trace d'heureuses perspectives.

  • Dèng Lìjūn 邓丽君

    Dèng Lìjūn 邓丽君

    Le regret de ma vie est de ne pas l’avoir rassurée en 1992 devant l’église de Saint Germain des Près.
    N’avais-je pas compris que sa voix chaleureuse et douce allait porter l’âme de la Chine encore pour de longues décennies ?
    Brutalement, ce jour là, son visage se glace d’effroi.
    Elle reprend sa respiration, baisse légèrement la tête, les yeux fuyant.
    Glisse une larme sur sa joue.
    Une autre encore.
    Elle pose délicatement sa main au visage, cherche à réprimer une soudaine tristesse.
    Ce mot de Simone de Beauvoir:
    "Dans toutes les larmes s'attarde un espoir".
    Ma belle endormie, je l’aime toujours, sa voix, sa beauté, ce goût à la vie.

  • Sòng Qìnglíng 宋庆龄

    Sòng Qìnglíng

    Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen, deuxième épouse du Père de la Chine moderne offrait une beauté sage telle que je les aime.
    A la mort de ce dernier, a-t-elle conçu une affection particulière pour Israel Epstein et Edgar Snow, deux fervents soutien de la révolution chinoise ?
    Dieu seul le sait mais si d’aventure j’avais été dans les parages, je lui aurais dit :
    « L'amour de la patrie est notre Loi. (Amor patriæ nostra lex).
    Mère de la Chine moderne (guomu), elle a accompagné le peuple de Chine dans ses heures sombres et de gloire.

  • Actualités

  • Zhang Zhixin 张志新

    Zhang Zhixin

    Vraie marxiste mais dissidente dans les années sombres de la révolution culturelle, elle a condamné sans relâche l’idolâtrie maoïste, la dérive d’un potentat.
    Pour avoir exprimé librement son opinion, elle a été emprisonnée pendant 6 ans (1969 à 1975), torturée, puis exécutée par décapitation.
    Comment la Chine pourra-t-elle se remettre d’une telle honte ?
    Comme ma tante Edith de la Chevalerie, c’est une femme exemplaire digne de toutes les louanges, un exemple.

  • Zhang Jingchu 張靜初

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    - Pourquoi diable as-tu changé ton prénom ? Jing, ceint en or, n’est ce pas le plus merveilleux des prénoms ? interroge-je.
    - Jingchu, c’est le mien dorénavant, ceint en or, en argent, en bronze.
    Diplômée de la fabuleuse Central Academy of Drama de Beijing, (Zhōngyāng Xìjù Xuéyuàn), Jingchu enchaine les rôles.
    Inquiète, l’âme en peine, luttant contre des hommes, des lâches.
    Belle toujours.
    Bientôt elle est portée aux nu par Time magazine, belle Asia's Heroes de notre temps.
    Je l’interroge encore :
    - Est ce de trop tout cela lorsqu’on se meut encore dans la jeunesse ?
    Se dresse un sourire sur son visage.
    - Je me souviens de mon premier cours de diction, me dit-elle. Ces mots...
    Je reconnais la trace de mes premiers feux
    (Agnosco veteris vestigia flammæ, Virgile, l’Énéide)
    De mes feux mal éteints j'ai reconnu la trace
    (Racine, Andromaque)

  • Gāo Yuányuán 高圆圆

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    Autodidacte, Gao fait ses premiers pas dans une comédie de pâle facture, Spicy Love Soup. Normalement, elle aurait du disparaître derrière la rampe comme chaque année dix mille actrices de peu de talent.
    C’était sans compter avec son imparable fraicheur, une nature douce, loin du jeu par trop calculé des starlettes hongkongaises.
    En 2002, elle s’emploie merveilleusement bien dans le rôle de Zhou Zhiruo pour la série télévisée The Heaven Sword and Dragon Saber.
    En 2005, elle étonne dans le film de Wang Xiaoshuai, Shanghai Dreams qui remporte le Prix de Jury. Elle se fait encore applaudir avec Jackie Chan dans le film Rob-B-Hood
    Vient alors la grâce, elle joue Mlle Jiang dans le film City of Life and Death (南京!南京!, Nanjing, Nanjing) qui raconte l’histoire des troupes japonaises se livrant à un terrible massacre à l'encontre des civils chinois.
    Portée désormais vers la gloire, la belle Gao !

  • Shu Qi 舒淇

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    Pour accéder à la notoriété, un choix douloureux s’impose à toute jeune ambitieuse, originaire de Taiwan, sans nom, sans relation.
    Quelque temps durant, il faut prêter son corps, se mettre dans l’ambiance.
    Aussitôt dans les rangs, Shu Qi fait merveille dans « Love is not a Game, But a Joke ».
    Plus tard, je la retrouve dans « Millennium Mambo » et « Three Time »s où elle excelle.
    Un dimanche matin, je la rejoins sur l’Avenue of Stars (星光大道) dans le quartier de Tsim Sha Tsui à Hong Kong.
    Sortant d’un festival de cinéma dédié aux stars hollywoodiens des années trente, avant que je ne l’interroge, elle s’exclame :
    - Made it, Ma ! Top of the world !
    Je suis laissé sans réponse, médusé.
    - James Cagney, White Heat !

  • Zhào Wēi 赵薇

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    Lorsque je l’ai vue pour la première fois dans le rôle de "Little Swallow" (小燕) dans la série télévisée Princess Pearl (还珠格格) en 1997, j’ai été surpris par la simplicité et l’efficacité de son jeu.
    Alerte et généreuse dans l’expression de son talent.
    Pareillement, sa voix est heureuse.
    Dans son album Swallow, elle chante avec élégance
    Son talent est tellement reconnu qu’il lui suffit de réciter seulement 25 lignes dans l’heureux film « Les Guerriers de l'empire céleste » pour devenir l’Artiste féminine la plus populaire de Chine.

  • Gigi Leung

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    Quelle audace pour une totale de l’inconnue de se lancer dans l’arène violent du show biz avec un album au titre si narcissique sur Love Myself (1996) 愛自己 ?
    Elle assume élégamment cette impertinence.
    - Comment ne pourrais pas m’aimer ? N’est ce pas mie vie que je porte dans mon corps. Si je ne m’aimais pas ou en serais-je aujourd’hui, Meurtrie, dans le sang ?
    Défense imparable dont elle titre un beau sourire.
    La voilà s’exposant dans vingt films, enchainant les albums, cette grande fille s’offre tous les genres.
    Je l’arrête sur son chemin.
    - Attention, Gigi ! Tu souffres d’un asthme chronique. Je ne souhaite pas que tu sois emportée par le même sort que celui qui a arraché à la vie mon adorée Dèng Lìjūn.
    Gigi regarde alors vers le ciel.
    - Quand le moment sera venu, je me laisserai emporter, doucement, sans hâte.

  • Faye Wong 王菲

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    D’abord, une inquiétude.
    Elle fait la une de Time Magazine.
    Aurait-elle la grosse tête, enflée à jamais ?
    Agréable objet à l’usage des médias occidentaux à la recherche d’une icône chinoise bon teint, plutôt jolie, prêtant sa voix sensuelle à de belles chansons.
    Je la croise, l’interroge.
    Elle retient ses larmes.
    Une chanson file entre ses lèvres.
    Elle raconte la naissance de sa fille.
    - Comme le temps avance inexorablement, je ne verrai plus la lumière dans 50 ans mais ma fille sera toujours de ce monde, portant la mémoire de sa maman.
    Je la taquine alors.
    - La présence sur Terre le temps d’une vie, est-ce bien utile ? N’avons nous pas mieux à faire en restant dans l’au-delà ? Que d’infortune pour une musique connue, celle d’une mort annoncée ?
    Elle porte alors son regard sur une affiche qui domine son appartement.
    Des enfants à l’air hagard, le visage en sang, sous les décombres d’une maison.
    Le souvenir de l’effrayant tremblement de terre du Sichuan (2008).
    - J’ai chanté pour eux. Lorsque j’ai vu sur leur visage glisser un sourire, je me suis dis que mon existence avait un sens.

  • Yuan Quan

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    Comme j’ai beaucoup aimée dans le film The Last Tycoon (2012 film) de Wong Jing où elle s’imposait, toute flamme tout feu, dans le rôle de la redoutable patronne de la triade de Shanghai dans les années 30, je lui ai écrit pour la féliciter.
    Elle m'a répondu, le ton de la voix inquiet.
    - Penses tu que je puisse en retirer une bonne réputation ?

  • Zhou Xuan 周璇

    Zhou Xuan

    Jolie Jade, son nom, offre une silhouette gracieuse, un charmant profil.
    Je l’ai revue au moins dix fois dans le film Les Anges du boulevard (馬路天使, malu tianshi) avec toujours une même question : comment le destin a-t-il donné vie à une femme aussi sublime ?
    Jamais Jolie Jade ne reçut de réponse, ses parents biologiques lui furent toujours inconnus.
    Je l’aimerais toujours, chantonnant à l’infini, Ye Shanghai.
    Morte trop jeune, s’en allant doucement vers l’autre monde.

  • Wei Wei 韦唯

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    Il est toujours dangereux de se frotter avec une icône nationale, une Madame aux mille chansons dont le si beau Today is Your Birthday utilisé comme thème de la fête nationale chinoise.
    Lorsque je la rencontre à Hohhot, en Mongolie intérieure, ville de sa naissance, je cherche mes mots, la voix légèrement tremblante.
    Elle me rassure par un sourire puis elle m’interroge :
    - Ai je le droit de dire la vérité ?
    J’acquiesce favorablement.
    - Je suis heureuse d’être chinoise comme je suis fière de mon pays, de mon peuple, de mes ancêtres et de tous ceux qui me succéderont sur une Terre que j’aime tant.

  • Tianjin : Population & Etrangers & Religions

    POPULATION : 13 000 000 dont Han (97.29%), Hui (1.75%), Manchu (0.57%)
    DENSITE : 980/km² -
    ETRANGERS A TIANJIN : Ce n'est pas une ville cosmopolite. La présence des étrangers est très faible. Selon le bureau de l'Etat Civil de Tianjin, en 2011, la répartition serait peu ou prou la suivante : Coréens (12000), Philippins (7000), Indiens (4000), Russes (3000), Américains (1500), Australiens (1000), Kazakhs (600), Allemands (550), Ouzbeks (400), Japonais (350), Italiens (250), Malaisiens (200), Canadiens (180), Thaïs (150), Indonésiens (150), Anglais (135), Néo Zélandais (100), Vietnamiens (100), Pakistanais (100), Iraniens (100), Angolais (100), Nigérians (100), Néerlandais (120), Français (90), Brésiliens (70), Belges (50), Mexicains (10)
    RELIGIONS A TIANJIN : sans religion (6 millions), bouddhistes au sens large avec des pratiques bouddhistes (2 millions), religions chinoises notamment taôistes (1 million), musulmans (Hui 200 000, Ouïghours 20 000), protestants (80 000), catholiques (50 000), juifs, essentiellement des étrangers (100)

  • Mon équipe de Sumo

    Tanggu

    En 2009, j’ai fondé l’équipe de SUMO de Tanggu 相撲 塘沽区.
    Rapidement, s’est constituée une petite équipe soudée autour de vaillants gaillards, indomptables et au cœur généreux.
    Avant l'affrontement, les lutteurs chassent les esprits en frappant le sol avec les pieds, après les avoir levés très haut.
    Puis, en signe de purification, ils prennent une poignée de sel et la lancent sur le cercle de combat.
    Débute alors la charge sous de belles masses.
    Mon équipe a tenu ses promesses, gagnant par deux fois (2011 et 2012) le tournoi des Clubs Sumo de Tianjin.

  • Sanmao 三毛

    San Mao

    C’est sans doute l’un de mes plus grands bonheurs de lecture de la littérature chinoise contemporaine.
    J’ai adoré les chroniques du Sahara (Sāhālā de gùshi) où elle raconte ses 13 années de vie dans le désert, suivant les traces du père de Foucault.
    C’est un monument de poésie et de rêves, bien avant que cette terre “miraculeuse” soit envahie par des bandes barbares.
    Du coup, emporté par ses rêves, j’ai lu la biographie qui lui est consacrée Sanmao de meng yu renshen (Le Rêve et l'existence de Sanmao).
    Puis le rêve, un effroyable jour de l’année 1991, s’est fait triste.
    San Mao a été découverte morte, suicidée et assassinée.
    Je suis aller prier pour cette femme qui m’a tant donnée sur le temple taôiste du mont Heng Shan (衡山), recevant une partie de ses rêves.

  • Maggie Cheung Man-yuk 張曼玉

    Maggie-Cheung

    Miss Hongkong en 1983, tout le monde déjà chérissait son regard, la beauté de ses traits, cette douce légèreté.
    Voilà qu’elle accomplit son destin dans l’un des plus beaux film chinois, Huāyàng niánhuá (in the mood for love) incarnant Madame Chan, tellement esseulée qu’elle s’éprend d’un autre solitaire.
    Nait alors l’un des plus beaux couples du cinéma.
    Silence, nous devons faire silence devant tant de sincérité, de discrétion.

  • Le dialecte de Tianjin – le Tianjin hua

    A Tianjin, il n’existe pas à proprement parler de dialecte local mais plutôt un accent très accentué, délibérément nasillard. De nombreux mots sont souvent affligés d’un « ar » s’étirant et selon tonalité basse. Du coup, lorsqu’on arrive pour la première fois à Tianjin, vient cette curieuse impression de se trouver quelque part entre Kansas City et Omaha. Par rapport au Beijing Hua, les différences sont mineures sauf pour le premier ton. Très marqué à Beijing, il se déclame à Tianjin selon une note plus basse.
    Vous comblerez ou amuserez vos amis Tianjinois ou Tianjinais en parlant avec quelques tonalités locales, témoignage de votre adaptation, voire de votre enracinement à Tianjin.

  • Danqing Huang

    Danqing

    Originaire de Dianbai, Danqing est l’âme de Guangzhou.
    Femme d’affaire très active, dotée d’une belle énergie, elle navigue avec célérité parmi les villes du Guangdong.
    Chaque fois que je la croise, elle lâche un doux sourire puis s’exclame :
    «Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes (Alta alatis patent)»

  • Quelques dates

    1860, le traité de Pékin ;
    1870, le saccage de l'orphelinat français ;
    1928, apogée de Tianjin ;
    1937, l'armée japonaise occupe les concessions ;
    1943 à 1945, les concessions dissoutes ;
    15 janvier 1949, Tianjin est libéré par l'armée de libération populaire ;
    Depuis 1984, renouveau de Tianjin.

  • Personnages célèbres de Tianjin

    Chinois (Seigneurs de guerre, Zhou Enlai, Puyi, Dai Xialong, Wen Jiabao)
    Occidentaux (Gustav Detring au service de Li Hongzhang, Herbert Clark Hoover, futur Président des Etats-Unis (l’American Barracks), France (Teilhard de Chardin)

  • YANG Liping 杨丽萍

    Yang Liping

    Quelle drôle d’aventure, la vie !
    La première fois, j’allais à reculons voir sa chorégraphie "Dynamic Yunnan".
    Tout grognon, soupirant d’ennui.
    Divine surprise ! Rarement ai je été autant bousculé dans ma vie !
    Le rideau tombant, j’applaudissais à tout rompre l’épopée des 26 tribus du Yunnan.
    Le lendemain, reprenant mes quartiers dans la même salle de spectacle, je l’applaudissais plus encore
    Ce soir là, je me faufilais dans les coulisses.
    Je la retrouvais méditant devant un the Jasmin.
    - Puis je vous connaitre ? Demandais-je dans un sursaut.
    - Serait ce trop tôt ou trop tard ? Je n’ai plus l’âge à me faire fêter mais j’ai l’âge de comprendre.
    Je lui ai dit tout ce que je savais sur les entrailles du Yunnan, un bataillon de mots.
    - Le brouillard est parfois intense à Xishuangbanna, l’on ne voit pas l’on devine seulement.

  • Jane Zhang

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    Lorsque je l’ai vue chanter pour la première fois Huà Xīn (畫心; Painted Heart) musique tirée du film Painted Skin (畫皮), j’ai été saisi par le timbre de sa voix s’en allant vers de belles hauteurs.
    Lorsque je l’ai revue envelopper sur des notes longues la fresque musicale de Kitaro "Impressions Of The West Lake", je l’ai admirée, applaudissant à tout rompre, lançant sans compter des « Bravo ! ».
    Tout comme je me laissais alors surprendre par son regard où se mêlent tristesse et mélancolie.
    Sans doute Jade portera-t-elle longtemps sur son visage la douleur du divorce chahuté de ses parents alors qu’elle avait tout juste 13 ans.
    Peut être est-ce cette souffrance la raison d’une force inébranlable qui lui a fait gravir tous les échelons : première place dans la compétition vocale la plus courue en Chine devant plus de 400 millions de téléspectateurs (super girl), devenant l’invitée vedette du Oprah Winfrey" talk show, côtoyant même les Pink floyd.
    Dieu sait où les vents l’emporteront !

  • Yang Likun

    Yang Likun

    Danseuse et chanteuse, en son temps, on la surnommait la Judy Garland chinoise.
    Membre de l’ethnie Yi, elle est la neuvième d’une fratrie de onze enfants, ce qui lui vaut le surnom de "Xiaojiuer".
    Elle a joué dans de deux célèbres comédies musicales avant d’être totalement détruite par la révolution culturelle.
    Laminée à tel point qu’elle ne reviendra plus jamais sur scène.
    Pour ces deux raisons, je l’adore plus que tout – son talent comme son courage – et je me rends souvent sur sa tombe à Shanghai.

  • Yang Lan

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    Un tantinet taquine, chahutant surtout les hommes, Yang Lan se vante d’être la Oprah Winfrey chinoise.
    Bill Clinton et Henry Kissinger en ont fait les frais ne sachant plus comment répondre.
    Lorsque je l’ai aperçue pour la première fois bataillant l’argument, je l’ai trouvé séduisante mais aussi franchement autoritaire.
    Elle s’en est expliquée en m’assurant que pour réaliser ses ambitions, il lui fallait une poigne masculine.
    La voilà donc une décennie après, Présidente de la société Sun Television Cybernetworks établie à Shanghai et l’une des femmes les plus riches de Chine.
    Son rêve étant accompli, je l’ai de nouveau interrogée.
    - Me voilà mieux, je suis redevenue entièrement femme !

  • Shirley Wong

    Shirley Wong

    Lorsque je me suis rendu dans sa galerie à Guangzhou, j’ai tout de suite admiré l’œuvre de Shirley Wong, peintre et femme de lettre.
    C’est elle qui m’a fait connaître de nombreux auteurs chinois avec toujours ce même conseil : « Laisse toi porter une nuit durant par le silence des mots »

  • Yan Fengying

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    Elle est remarquable dans l’opéra de Huangmei, d’une beauté captivante.
    Je l’ai adorée dans le chef d’œuvre "The Cowherd and The Girl Weaver" où elle suspend sa voix presque vers l’infini.
    Elle est morte lorsque la vie tout juste s’emballe, à 38 ans, le plus bel âge pour une femme.

  • Jiang Qing 江青

    Jiang Qing

    Je suis sans doute le seul homme sur la planète à être tombé amoureux de celle qui fut la quatrième et dernière épouse de Mao Zedong.
    Femme de caractère, longtemps détestée en Chine, aujourd’hui presque totalement oubliée, je me lui laissé emporté dans mes rêves par une photo d’elle s’en allant tout juste dans sa vingtième année.
    - Comment peut on aimer un monstre ? demande un ami.
    - En arrêtant sine die le fil des années !
    Nous voilà en 1934, cette belle fleur croisant mon chemin, je l’aurais alors conviée à une bien meilleure partition que celle qui la conduite dans l’arène détestable du pouvoir et d'un prince rouge légendaire.

  • Gu Kailai

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    En 2000, un ami m’appelle, la voix fiévreuse.
    - je sais qu’elle est la Jackie Kennedy Chinoise !
    Il s’épuise alors dans une salve d'épithètes tout à l’honneur de Gu Kailai.
    Puis il me convie à Dalian.
    Je suis aussitôt ébloui par une silhouette gracieuse, le tailleur moulant, un foulard de soie glissant légèrement sur la nuque.
    Une gestuelle sobre, jamais de mouvements brusques, une sorte de discipline.
    Une belle dame que j’aurais plutôt dénommé la future Madame Tchang Kaï-Chek.
    Patatras !
    Le goût du pouvoir est une chose inique.
    En 2012, Gu Kailai est condamnée à mort avec une peine suspensive pour avoir fait assassiné un anglais.
    Figée, sans réaction, au Tribunal, elle est alors insensible à son sort, la mort ayant peut être déjà pris pleinement possession de son âme.
    Cependant, dans la déchéance, elle est toujours belle et élégante.
    Un irrésistible parfum de Jackie et de Sòng Měilíng.

  • Lou Jing

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    « Je suis chinoise », s’exclame Lóu Jìng.
    « De toute mon âme », ajoute-t-elle, la voix légèrement chahutée par l’émotion.
    Shanghaienne, Lóu Jìng fait souche sur Terre voici une vingtaine d’année, le visage empreint des belles couleurs de son père, homme noir d’Amérique et de sa mère, chinoise.
    En 2009, participant à une émission de variété, Lóu Jìng devient brutalement célèbre.
    De nombreuses voix s’étonnent alors que ce beau visage puisse être chinois, arrimé à une civilisation cinq fois millénaires.
    Vaguent des mots peu élégants.
    Du bruit venant souvent des mâles, la tête envahi par leurs démons.
    Au lieu de batailler contre l’absurde, Lóu Jìng rétorque simplement :
    "J’ai été élevée en Chine".
    Originaires du Henan ou de l’Anhui, ses amis s’appellent Li, Liu, Wang, Yang et Zhang, Lin.
    « Je remercie mes parents de m’avoir donné la vie. » ajoute-t-elle, son visage composant avec un beau sourire.
    L’on songe en silence a l’avenir.
    Dans quarante ou cinquante ans, son fils ou sa fille deviendra peut être le porte drapeau, la figure de la Chine d’alors
    Homme ou femme de ce monde.

  • Wǔ Zétiān

    Zu Weitan

    Malgré les critiques des historiens confucianistes, cette concubine a porté haut vers la lumière le flambeau de sa propre dynastie Zhou, seule impératrice de toute l'histoire de Chine.
    Avec des sourcils arqués comme des antennes de papillon, elle était autoritaire, cruelle en ses heures.
    Surtout une féministe avant l’heure bousculant des hordes d’homme, l’empereur Gaozong et sa troupe.

  • Mián Mián 棉棉

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    Dure a été la lecture des Bonbons chinois où Mián Mián raconte l’univers glauque de la drogue et du besoin frénétique du sexe de la jeunesse underground de Pékin.
    Je suis parfois aveugle, loin de penser que la jeunesse chinoise puisse être à ce point sur la dérive, voguant vers la déchéance.
    La raideur des romans Mián Mián détonne dans univers littéraire chinois plutôt lisse, glissant doucement.
    D’ailleurs, la plupart sont censurés.
    Du coup, je l’ai interrogée.
    « Mes romans me permettent de survivre dans un monde de brutes, dans cette Chine dont on parle de la puissance restaurée mais qui n’est qu’un amalgame d’intérêts individuels, une machine où l’homme compte à peine.
    Alors dans ces conditions, comment survivre ?
    Se perdre dans la drogue et le sexe ?
    Ou se perdre dans l’écriture. »

  • Lin Jing

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    Sylvie Lin Jing, son monde entre cinq paradoxes.
    Femme lettrée, dotée d’une forte sensibilité, elle nourrit l’espoir d’une existence banale et confortable, à l’ombre d’un mari quelconque, une vie sans âme.
    L’esprit romantique, souvent la larme à l’œil, elle s’abime dans de sombres colères sans issue.
    Femme d’une impeccable honnêteté, se gonflant parfois de mots à l’emporte pièce, elle pousse trop loin ses choix radicaux.
    Le verbe talentueux, elle refuse de s’en saisir, écrit peu ou rien, sommeillant plutôt à l'ombre des grands écrivains.
    Comblé par l'anonymat, elle ne veut pas entendre parler d'elle, s'aimant peut être trop peu pour être la plus belle.
    L’âge venant, tout cela confondu, disséqué et broyé, donne un merveilleux roman, "Meredith, my Uncreated 2050 Chinese girl".

  • Rebecca Xu

    Femme de Chine

    Originaire de Guangzhou, Rebecca conduit les destinées en d’une marque célèbre de vins espagnols en Chine. Oenologue renommée, c’est elle qui m’a appris comment gouter dignement un breuvage.

  • Hirondelle

    Hirondelle

    Elle s’appelle yàn (hirondelle), elle chante merveilleusement le répertoire de ma bien aimée Deng Lijun.

  • L’opinion d’un Mexicain sur Tianjin

    Tianjin est une ville géante et moderne traversée par d'immenses avenues.
    Ici, toutes les distances sont démesurées.
    La sortie des bureaux est un spectacle étourdissant.
    Des millions de vélo et de voitures déboulent de partout, n'importe comment, sans la moindre règle !
    L'on évolue à contresens.
    De la droite l'on passe à gauche et l'inverse
    Tout semble permis.
    Croyez-moi, j'ai failli mourir cent fois mais heureusement la vierge Guadalupe me protège, moi le natif de Colima !
    L'on dit ici que les chinois conduisent comme ils mènent des affaires : à la moindre interstice, ils s'engagent.
    Qu'importe les dangers !
    A Tianjin, j'ai respiré a pleins poumons des odeurs variées de souffre, d'oxyde d'azote, de chlore, de mélange composite d'acide (la pollution a Mexico, c'est de la blague!).
    Les Chinois ne semblent manifester aucun intérêt pour les questions écologiques.
    Ils ont peut-être raison, la guerre économique est à ce prix ! Dans l'urgence, je me suis acheté un cache visage FPP3!
    J'ai l'impression d'être le seul “moreno”(bronzé) de la ville. Bizarrement, les chinois ne me dévisagent pas.
    Rien, pas le moindre regard.
    Même les filles ne s'y osent pas. Dommage !
    A Tianjin, pratiquement personne ne parle anglais.
    Je suis donc obligé de baragouiner quelques mots mais personne ne me comprend.
    A partir de demain, une étudiante va me donner des cours de langue.
    En échange, je vais lui préparer un Pozole, en égrenant le refrain de « la historia de un amor », style los Panchos.
    Les Chinois sont d'une impolitesse incroyable. Mais ils n'agissent jamais par méchanceté.
    Chacun doit trouver sa place dans cette pétaudière.
    Aussi, il ne faut pas craindre les bousculades, les débordements ! L'on se rue ici comme on peut !
    Les Tianjoinois sont plutôt gais et cordiaux. Ils n'ont pas l'air malheureux, plutôt débordants de vie.
    Tianjin est une ville sure.
    Très peu de policier, des voitures que l'on ne ferme pas, aucune porte close.
    Que c'est agréable !
    Mais demain je retourne à México, je suis déjà sur les nerfs !
    Pépé Gomez de Uriarte, 3 décembre 2009

  • Les chinois et le racisme en France

    Comme les autres asiatiques, les chinois répugnent à descendre dans l’arène.
    Discrets, profil bas, ils font rarement entendre leurs voix.
    De surcroît, ils protestent peu contre les discours ambiants hostiles à la Chine.
    Quand ils s’affirment, ils agissent doucement, à mots comptés.
    Ils rapportent alors leur opinion sans chercher nécessairement à réajuster celle de l’autre.
    Nullement n’ont-ils à souhait d’en découdre.
    Nullement s’emportent-ils gratuitement.
    Aucun mot en trop, de mot inutile.
    Depuis plusieurs années, à Paris, le chinois est la cible désignée des voleurs dont beaucoup opèrent avec une rare violence. Supposé nanti en argent liquide, il serait un morceau de choix. Le chinois, l’argent.
    Donc une race et son prétendu attribut.
    L’année dernière, les chinois s’étaient émus de cette situation, exigeant plus sécurité.
    Une année s’est écoulée sans progrès, culminant avec la mise en coma de l’un des leurs.
    Déçus par l’absence de réponse des pouvoirs publics, ils ont repris le chemin de la rue en se drapant de l’étendard français et en scandant les principes de la République.
    Ils s’y sont prêtés courageusement en prenant le risque de s’attirer les foudres de l’Ambassade de Chine.
    Fort active, celle-ci ne goute guère aux manifestations publiques de ses membres.
    Qu’importe !
    Les chinois de Paris ont fait confiance à la liberté de s’exprimer qu’ils ont acquise en France. Sans déraper. Nullement n’ont-il placé ce rendez vous sous l’angle d’une confrontation communautaire alors que leurs agresseurs n’en font pas mystère. Nullement n’ont-ils blâmé la France.
    Pourtant, lors de ce défilé, ils étaient bien seuls. Entre eux presque uniquement. De-ci delà, des amis, quelques conjoints. Peu de solidarité comme si cette cause ne pouvait suggérer l’émotion.
    Aucune association anti raciste, aucune figure politique ne s’était jointe.
    Le peu d’enthousiasme à les soutenir ne suggère-t-il pas l’existence de discours ambivalents ?
    D’associations antiracistes justifiant ainsi leur existence mais indisponible dès lors que le fait rapporté pourrait gêner aux entournures une autre communauté, celle-là plus turbulente sur la place publique.
    Est-il possible de tolérer pour les uns ce que l’on envisage pas pour les autres ?
    De politiciens se donnant bonne conscience, tantôt se voilant la face, tantôt agissant, comme pour mieux s’exonérer de l’obligation de s’investir réellement sur le sujet, indistinctement de la race, loin des convenances.
    De politiciens encore qui sous prétexte de lutte contre la mondialisation accable la Chine de tous les maux alors que ce pays fut-il important participe comme d’autres à la relève de l’Occident : l’Inde, le Brésil, le Vietnam, les pays du golfe, l’Afrique du Sud et beaucoup d’autres.
    Bien plus que la moitié de l’humanité !
    Quel est donc cet étrange dessein consistant à faire du chinois l’unique bouc émissaire ?
    Ceux là mêmes qui s’y emploient, n’ont-il pas en mémoire d’affreux souvenirs ?
    Ceux là mêmes ne sont-ils pas devenus les meilleurs alliés de voyous racistes qui sévissent, le plus souvent impunis ?
    D’un politicien enfin qui s’étourdissant dans des formules vante un axe black blanc beur contre les chinois.
    De ce drôle d’artifice à géométrie variable, il se pourrait bien que l’anti-racisme souffre d’un manque d’harmonie en France.
    François de la Chevalerie (Tianjin) et Jing-Chao Zhao-Emonet (Paris)
    Juillet 2011

  • La question des visas entre la France et la Chine de François de la Chevalerie (Le Journal le Monde 04.08.2010)

    Longtemps, la France était la destination rêvée des chinois. Telle une exigence, chacun se devait un jour de visiter ce pays ami. Comme s’y accomplirent, au temps de leur jeunesse, Zhou Enlai et Deng Xiao Ping. Depuis que la France a été le premier pays occidental à reconnaître la Chine populaire, une amitié sincère liait les deux pays. Presque une histoire sentimentale comme s’en amusent les chinois en qualifiant les français de romantique. Ce mot léger recouvrait une réalité. D’emblée, les chinois aimaient la France.
    Déjà l’épisode de la présence française aux jeux olympiques avait sonné le glas d’un compagnonnage. Depuis, la mauvaise humeur persiste.
    Le souhait de tout chinois étant de se rendre en France, les restrictions apportées à l’octroi des visas bousculent les meilleures volontés. Sans doute doit-on traquer les clandestins mais ce choix nourrit inévitablement la suspicion. Avant de fouler la France, chacun doit montrer patte blanche. Des lors beaucoup se rendent aux consulats, la peur au ventre. Ce sentiment existe ailleurs mais en Chine il se double d’une honte, d’une défaite. Qui plus est, l’accueil parfois mitigé réservé dans les aéroports français aux Chinois conforte ce trouble. Selon que la silhouette dérange, certains sont questionnés. Bientôt soupçonnés.
    S’ajoute une rumeur, la France serait un pays dangereux. Du Shanxi au Hunan, des images circulent, des compatriotes s’y feraient détroussés. Méconnaissant la langue, habitués à vivre dans un pays où le vol est rare, ils sont des proies faciles. Se croyant en confiance, ils arpentent les rues, l’âme légère. Les méfaits dont ils sont l’objet chahutent désormais ce sentiment. Telle est l’opinion des franco chinois de Belleville, victimes d’une délinquance à caractère ethnique. Jugeant leur dynamisme commercial par trop voyant, les édiles parisiens ont souvent prêté une attention distraite à ce problème. Les exactions s’aggravant, les chinois sont descendus dans l’arène. Tel un signe de désespoir pour une communauté discrète, peu rebelle.
    L’image de la France se brouille plus encore avec l’apparition de discours hostiles. Selon certains, la Chine ne jouerait pas le jeu. Sans foi ni loi, ce pays étranglerait l’économie mondiale. Bientôt, responsable de tous les maux ! Certes l’émergence de la Chine perturbe mais les vrais responsables ne sont-ils pas à rechercher ailleurs ? Au nombre, des grandes entreprises avides de rentabilité, délocalisant a tout va ; des politiques privilégiant le maintien du pouvoir au prix d’importations à bas coûts ; un recours massif à l’endettement pour tenir dans les cordes.
    Mauvaise conseillère, la mauvaise humeur se propage en Chine. Déjà sourcilleux, son nationalisme économique n’est plus toujours bienveillant. Comme en témoignent des mesures récentes discriminant les entreprises étrangères, donc l’étranger. S’ajoute un semblable raidissement dans l’octroi des visas. Oeil pour œil, dent pour dent ! Triste musique !
    S’installe une ambiance délétère. L’amitié se meut en un doute. Après tout, peut être est il normal que le couple franco chinois s’affranchisse d’une relation particulière, chaque pays se recroquevillant derrière ses seuls intérêts ? Peut être est-ce logique que la France épouse la position du camp occidental et la Chine, celle d’un militantisme nationaliste ? Seulement voila, poussée a l’extrême, cette approche est dangereuse. L’on ne sait jamais quand s’arrête le chacun pour soi ! Plutôt que cette pale perspective, mieux vaut s’employer à restaurer cette confiance. Sans fausse naïveté, sans compromission, sans interdit mais en jouant d’une singularité, celle de deux pays amis, soucieux de construire ensemble.

  • Vivre à Tianjin

Le soft power chinois dans le cœur d’une chinoise

Posté par ITgium le 17 avril 2013

Le soft power chinois dans le cœur d’une chinoise dans Le soft Power chinois : debat u2c2k2gr-217x300

La femme chinoise aux avant postes

Le récit de jùn mǎ 俊 马 (François de la Chevalerie)

et ensuite « Le rêve chinois de Xí Jìnpíng (中国梦, zhōngguó mèng) »

A t elle jamais eu d’autre ambition que celle d’être une femme ?

Pleinement, s’en amusant, comme bon lui semble.

Depuis des lustres, sous sa belle armure, elle offre sa douceur à un pays qui autrement aurait peut être sombré.

Regardez son air mélancolique, ce sourire ingénu, cette peau lisse, le tout glissant sous une silhouette fine.

Mais derrière cette apparence sage, que n’a-t-elle pas accompli dans l’histoire de la Chine ?

Wǔ Zétiān (武则天), concubine de son état, a porté haut le flambeau de la dynastie Zhou, seule impératrice de toute l’histoire de Chine. 

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Le rôle de la femme chinoise

Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen (宋庆龄), mère de la Chine mod

erne (guomu), a accompagné le peuple de Chine dans ses heures sombres et de gloire.

Zhang Zhixin (张志新), mère courage, a condamné sans relâche l’idolâtrie maoïste, la dérive d’un potentat. Emprisonnée, torturée, puis exécutée par décapitation.

D’autres, bien d’autres, portées par les voix sensuelles

de Zhou Xuan (周璇) et de Dèng Lìjūn (邓丽君).

Toutes réunies, elle murmurent à la chinoise d’aujourd’hui :

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Ce regard

Ne sois pas infailliblement moderne !

Garde ton âme, un élan tranquille !

Une saveur, ce coeur, une part de rêve.

Un bien meilleur rôle t’attend : répandre doucement, sans éclat, une autre idée du monde.

Fort de sa puissance désormais retrouvée, la Chine a besoin d’une armature légère pour étendre son influence par delà ses frontières.

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Sòng Qìnglíng

Dès lors, la femme chinoise est aux avant-postes.

S’en allant avec son sourire, sa grâce.

Généralement ouverte sur le monde, souvent décomplexée, se mélangeant davantage à l’autre que les hommes de son pays, elle apporte naturellement sa contribution à la construction d’un soft power chinois.

Ce savant alliage entre une civilisation cinq fois millénaires, les cultures diverses et lointaines et le défi du monde moderne.

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Femme chinoise, longue vue

 

Chinese soft power on the rise

China is going to reach in a short time the rank of the first superpower of the world.

Today, China host all financial, commercial and technical resources requested to support this position for a long period of time.

But beyond the troublesome environmental and food safety issues, its real weakness lies in the absence of a comprehensive soft-power, the ability to attract and co-opt rather than coerce.

Because China hasn’t a multicultural society (people coming from everywhere in the world), its cultural potential can’t spread quickly, far and wide.

Today China main challenge is how to turn a five thousand culture into a world map culture ?

For those Chinese who are eager of a mutual understanding with the people from everywhere of the world, they must pioneer to do so, paving the way to a more stable world.

China’s future depends merely on them.

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Le reve chinois

Le rêve chinois de Xí Jìnpíng (中国梦, zhōngguó mèng)

Les récits de jùn mǎ 俊 马 故事 (François de la Chevalerie)

Chaque Président chinois a son mot d’ordre, tel un slogan. Il accompagne sa mandature, lui donne son épaisseur, trace l’avenir.

En 2013, le nouveau président, Xi Jinping (习近平) lancé le sien, le « rêve chinois ».

« Le rêve chinois, argumente-t-il, doit réaliser la puissance et la richesse du pays, la renaissance nationale et le bonheur du peuple. C’est un rêve de paix, de développement, de coopération, d’avantages mutuels, il est lié aux beaux rêves des autres peuples du monde, y compris le rêve américain ».

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Changsha

Entre les lignes, voguent les poncifs d’une orthodoxie éculée, un discours passéiste embastillé dans un jargon bientôt inaudible.

Entendu ! Ce rêve ne s’adresse pas aux miséreux de la planète désireux de s’en aller, le baluchon au dos, vers une contrée prometteuse, des lendemains meilleurs.

Le rêve chinois s’apparente plutôt un entre soi aux limites définies, loin du vœu d’harmonie (hé 和) mille fois égrené à toutes les sauces ces dernières années.

L’harmonie aurait-elle succombé sous l’effet du rêve chinois ?

Peut être était-il temps d’en finir avec une vision généreuse peut-être romantique du monde pour se nourrir désormais d’un seul rêve construit autour de seuls « avantages mutuels » ?

Autrement dit, œil pour œil dent pour dent.

Le Président Xi Jinping ajoute :

« Le rêve chinois est lié aux beaux rêves des autres peuples du monde, y compris le rêve américain ».

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Chine

Où sont-ils les points de convergence entre des rêves si dissemblables, le premier ordonné autour d’une culture démocratique et un monde multiculturel, le deuxième filant doux sous un régime dictatorial et un monde unipolaire ?

Slogan périlleux sinon glissant.

Beaucoup plus malin était celui de Deng Xiaoping. Le « socialisme aux caractéristiques chinoises » (中国特色社会主义, zhōngguó tèsè shèhuì zhǔyì) annonçait un modèle politique hybride entre marxisme et capitalisme, nullement à la recherche de fausses vertus.

Jiang Zemin jouait aussi de prudence en vantant la « triple représentativité » alliant les forces productives progressistes, la culture et le peuple (Sāngèdàibiǎo 三个代表).

Pour sa part, Hu Jintao soutenait le « concept de développement scientifique » censé préserver l’environnement (kēxuéfāzhǎn guān 科学发展观).

Le Président Xi Jinping poursuit sa plaidoirie :

« Il faut emprunter la voie chinoise pour réaliser le rêve chinois. C’est le socialisme aux caractéristiques chinoises »

Question : Le socialisme aux caractéristiques chinoises ne serait-il par trop dévoyé pour faire craindre qu’il ne puisse nourrir un quelconque rêve ?

« Pour emprunter la voie chinoise, nous devons diffuser l’esprit chinois, qui combine l’esprit de la nation avec comme fondement le patriotisme et l’esprit du temps avec les réformes et l’innovation comme fondement. »

Question : Un amalgame, aiguillonné par du pur nationalisme, serait-ce donc cela rêve chinois ?

« Nous devons avoir comme pensée stratégique que le développement est une importance impérieuse. »

« Nous devons amasser constamment le matériel et les fondements culturels pour la réalisation du rêve chinois. »

Verbiage plutôt inconsistant qui ne répond pas à la question essentielle, celle de se demander comment le rêve chinois pourrait-il embrasser le monde alors qu’il ne s’appuie apriori que sur la seule culture chinoise ? Ce qui n’est pas le cas du rêve américain qui absorbe sans complexe, sans retenue, toujours plus, toutes les cultures du monde ?

De construction plutôt sommaire, le rêve chinois me semble plutôt de mettre en avant la double idée d’un pays puissant (qiángguó) et d’un peuple riche (fùmín), ce qui est légitime compte tenu de l’extraordinaire développement de la Chine ces dernières années.

 

 

 

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Les larmes de la France

Posté par ITgium le 27 mars 2013

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Les larmes d'un Francais


Depuis la Chine, les larmes des Français

de jùn mǎ 俊 马 (Francois de la Chevalerie)

Résidant en Chine, ces derniers temps, j’hésite à prendre les appels venant de France comme je crains la lecture de ma messagerie.

Chaque jour, entre tristesse et abandon, un effrayant tourbillon de désespoir s’y déverse.

Une litanie de peines, chaque jour, s’aggravant.

Les messages commencent souvent sur une mauvaise nouv

elle, pour beaucoup la fin d’une vie stable.

« Pour moi, c’est fini ! Je n’ai plus d’emploi »

« Ce matin, la Direction m’a annoncé… »

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Les larmes d'une Francaise

« Comment peuvent-ils maintenir mon poste alors que l’entreprise ne fait plus de chiffre d’affaires ? »

S’armant d’un fil de courage, certains sont sans illusion :

« Je cherche une solution mais cette année sera pire que la précédente. »

Entre les lignes, sonne le glas de la France. 

« Je ne crois plus en son avenir ! »

« Comment un pays moribond peut-il me donner de l’espoir ? »

Qu’ils soient bardés de diplômés ou sans formation, beaucoup conviennent d’un même constant : la France n’est plus la France !

Plus criant, ce jugement cinglant sur la classe politique : « Ils se valent tous ! »

Les messages sont parfois accompagnés de photos, d’illustrations.

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Les larmes d'une Francaise

Apparaissent des visages émaciés, des joues creusés.

Naguère souriante, une famille pose, le visage sévère.

La fille d’un ami dessine le portrait de son papa tout déconfit au rebord d’une route.

Devant les portes d’une usine, des larmes.

Beaucoup rêvent d’un autre monde, loin d’une France qu’ils jugent saumâtre comme son temps.

« Nous pouvons partir dès demain ! » suggère l’un.

« S’il le faut, je prendrais le premier avion » confie un autre.

Certains sont réalistes :

« Je suis prête à partir à l’autre bout de la planète pour presque rien tant je retrouverai de l’espoir ! »

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Larmes tristes

Viennent des appels plus personnels où je suis presque pris à partie.

« Pourrais-tu demander à la Chine d’ouvrir toutes grandes ses portes à nous autres, pauvres français ? » 

« Ne m’oublie pas, mon ami ! »

« N’as-tu jamais songé à aider un autre français ? »

J’étouffe alors, fermant aussitôt ma boite aux lettres.

De ce pas, j’ouvre la fenêtre de mon bureau à Tianjin, prenant de plein fouet une masse d’air polluée, un gaz délétère.

Au bas de l’immeuble, des travailleurs forment une file d’attente pour obtenir un travail, l’équivalent de quelques euros gagnés journellement.

Je m’apprête à déjeuner, probablement du riz porteur d’un staphylocoque doré et de légumes imprégnés d’une mixture chimique dans des assiettes où a migré du plomb, le tout arrosé par une boisson gazeuse légèrement atteinte au mercure.

Les mains glissant sur mon visage, je m’interroge :

« Comment se peut-il que le grand peuple de France en soit arrivé là, déçu de tout, s’abimant dans le désespoir, songeant à lever le camp ? »

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L’heureuse ronde… Femme chinoise, homme noir, homme blanc…Homme noir, femme chinoise…Femme noire, homme chinois

Posté par ITgium le 23 mars 2013

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Femme chinoise

Le récit de jùn mǎ (François de la Chevalerie) et mǎ马 丽 (Malick Sylla)

L’homme blanc se frotte le front, reprend sa respiration.

Il tient à peine sur lui même.

Le monde sur lequel il est assis depuis des siècles craquelle.

Bientôt il ne voit plus à l’horizon.

L’homme noir frappe du pied, cherche à répandre le bruit de sa culture ancestrale.

Il tonne toujours plus fort, pousse des râles.

Il s’entend surtout lui même.

Les deux hommes se chahutent, portent le fer.

Volent des mots dérisoires.

Se nourrissant de leurs peines, les visages se raidissent.

Drôles de combattant !

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Femme chinoise, Lin Chilin

Jusqu’au moment où une femme chinoise passe par là.

Un sérieux coup de vent.

Une silhouette glissant le long de l’étang aux lotus.

Une étoile dans le ciel.

Tous deux se laissent surprendre.

- Svelte et élancée, ne s’en laissant pas compter, déclare l’homme blanc.

- Désirable, le regard porté vers l’avenir, comprend l’homme noir.

- Cette onde bienfaisante nous serait elle favorable ? murmurent-ils ensemble.

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Femme chinoise, Miss Cosmos

- Nous retrouverons notre élan, nous en allant à sa conquête, proclament-ils ensemble.

Ils la prennent en filature.

Ils accourent, entourent la jeune femme, l’un lâche son ombre, l’autre la double sur la gauche.

Imperturbable, le pas volontaire, elle poursuit sa route.

Cinq mille ans de civilisation et la puissance retrouvée de son pays l’emmène toujours plus loin.

S’en agaçant, l’homme blanc lui barre le chemin.

S’accumule dans l’air la grandeur de son passé.

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Elle, blanche ou noire

La femme chinoise le regarde, tout de marbre.

Elle refuse l’invitation, continue son envol.

L’homme noir surgit.

Il dessine entre ses mains un monde en gestation.

Puis il met ses mains en boule.

Le sang du monde, dit-il.

La femme chinoise pose un regard étrange sur cet homme comme une incompréhension.

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mǎ lì 马 丽 (Malick Sylla)

Elle s’éloigne, déjà à mille mètres.

Loin, par delà les océans, franchissant déserts ou montagnes, le cœur à l’ouvrage.

La voilà bientôt au siècle suivant.

Les deux hommes ont le visage défait, la bouche entrouverte.

- Nous pensions que depuis que le monde est monde, rien ne nous résisterait, croyaient-ils.

Une minute de silence.

C’est alors qu’ils s’engagent.

Nullement se laisseront-ils plus longtemps piéger pas leur histoire, ils apporteront seulement leur obole à l’inexorable vent de liberté soufflant en Chine.

Tous deux décident de l’habiller.

Elle est naturelle, elle le restera.

Elle est belle, elle le sera mieux encore.

Elle est élégante, elle portera davantage les couleurs du monde.

Elle a confiance en elle, elle aura aussi confiance en ses pairs venant de contrées lointaines.

L’un l’habille sous une variété d’étoffe, de peaux de cuir.

Au dos de chaque manteau, comme un blason mêlant modernité et tradition.

Peaux de mouton, de cerf, de chamois, de vache, de phacochère.

Il les déchire, les recompose, les écrase, les tanne, les tire jusqu’à l’os.

D’un jet encore, il les enrobe de couleurs, les caressant au rebord, sur le fil.

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Composition de Malick Sylla

L’alliage est insensé, brouille les repères, stimule les énergies.

L’autre l’habille avec des mots.

Il la rend chaleureuse, peuple son visage de sourires.

La voilà, prolifique.

Une voix qui jongle entre Castillan, Bambara et Nahualt.

Une voix de soprano plus haut que toutes les autres.

Les deux hommes s’en amusent, se frappent la pomme de leurs mains.

Poussée vers les étoiles, Mademoiselle la Chinoise vaut désormais de l’or !

Dans un monde changeant, tous trois s’accompagnent, composant ensemble la douce partition du monde diversitaire.

Une composition de Malick Sylla (mǎ lì 马 丽)

Elle, mademoiselle lì mǎ, la Chinoise

Lui, mǎ lì, l’Africain

Presque des semblables.

Chacun porteur d’une culture ancestrale,

Longtemps dans leur monde,

Désormais ensemble.

Fort de leur énergie respective, d’un même jet, ils composent l’avenir.

Mǎ Lì, le styliste,

Lì mǎ, la mannequin,

Vogue la chinoise sous le regard de l’africain.

- Je suis là, dans son monde, dit-elle.

- Je suis là, dans son monde, dit-il.


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Le roman de Lóu Jìng 娄婧

Le récit de jùn mǎ 俊 马 (François de la Chevalerie)

 

Regard doux, sourire généreux.

Des yeux picorant l’interlocuteur que je suis.

- Je suis chinoise, s’exclame d’emblée Lóu Jìng, comme on peut l’être depuis cinq mille ans, d’un bel élan.

- De toute mon âme, je porte bien ce beau manteau, ajoute-t-elle la voix légèrement chahutée par l’émotion.

Shanghaienne, Lóu Jìng a fait souche sur Terre voici une vingtaine d’années, le visage empreint des belles couleurs de son père, homme noir d’Amérique et de sa mère, chinoise.

En 2009, participant à une émission de variété, Lóu Jìng devient brutalement célèbre.

Des voix s’étonnent alors que ce beau visage puisse être chinois, arrimé à une civilisation cinq fois millénaires.

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Lou Jing

Vaguent des mots peu élégants.

Des râles venant de mâles.

La tête envahie par leurs démons.

Au lieu de batailler contre l’absurde, Lóu Jìng rétorque simplement :

- Je suis née en Chine. Comme tant d’autres, l’un des un milliard quatre cent millions d’habitants de ce pays.

Elle ajoute :

- La Chine est fantastique. Plus les années passent, plus je ne vois qu’elle !

Originaires du Henan ou de l’Anhui, ses amis s’appellent Li, Liu, Wang, Yang et Zhang, Lin.

Ou encore Zhe, Ying, Song et Jing.

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Elle, ma maman. Moi, sa fille.

- Je les remercie de leur amitié jamais démentie comme je remercie mes parents de m’avoir donné la vie. Ils ont oeuvré pour la ronde des peuples, n’est-ce-pas ? ajoute-t-elle, le visage composant avec un beau sourire.

L’on songe en silence à l’avenir.

Le jour venu, Lóu Jìng oeuvrera.

Dans quarante ou cinquante ans, son fils ou sa fille deviendra peut être le porte drapeau, la figure de la Chine d’alors.

Homme ou femme de ce monde.

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Antoli Yar’Adua

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Le récit de jùn mǎ 俊 马 (François de la Chevalerie) d’après l’histoire d’Antoli Yar’Adua

Je suis arrivé en l’an 2000 en Chine à Shenzhen.

Je n’avais alors pas la moindre connaissance de ce pays.

Dans un premier temps, je me concentrais exclusivement à mon métier d’ingénieur réalisant des valves à destination des raffineries du Golfe de Guinée.

Comme je souhaitais mieux communiquer avec mes collègues chinois, j’ai cherché à apprendre le mandarin.

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Ying Liu

Par à coup, par saison.

Aussitôt appris, les mots se défaisaient, s’envolant.

Un véritable supplice dont il ne ressortait que des phrases mal construites, des larmes.

Un ami me suggère alors de prendre un professeur.

- Le meilleur professeur d’entre tous, une amie chinoise, assure-t-il.

- Ensuite, le souffle viendra tout seul, poursuit-il.

La semaine suivante, mon bienfaiteur me présente une chinoise originaire de Fogang dans le nord de la province du Guangdong.

De son nom, Mademoiselle Ying Liu.

Toute menue, le visage lisse, elle m’offre un sourire généreux.

Comme un appel venant du fonds de l’inconnu, posée là dans la vie, je l’aime aussitôt.

Cependant, une ombre parcourt mon esprit telle une épée de Damoclès, le poids de l’histoire, le sentiment d’être autre.

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Un amour improbable

Comment moi l’homme de Port Harcourt, puis je conquérir une belle âme porteuse d’une civilisation si différente de la mienne ?

Je me laisse emporter par mes songes, bientôt paralysé, m’abîmant tout seul.

C’est alors qu’elle s’approche de moi en me tendant le livre d’Anxmandae de Leira « l’esprit des années lointaines ».

Elle en tourne les premières pages, glissant sa main sous des caractères chinois.

Comme je n’arrive pas à les déchiffrer ni en longueur ni en largeur, elle lit le texte de sa voix douce et chantante.

«  Je vois l’horizon, un étrange parfum. A mille lieux. Une lueur, une voix. J’approche alors. Je reconnais un sourire, un désir de vivre, d’aimer, s’en allant vers l’improbable.»

Le souffle venant tout seul, je porte alors mon regard vers le ciel de Chine.

 

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Femme noire homme chinois

amour improbable, amour probable

Le récit de jùn mǎ 俊 马

(François de la Chevalerie) d’après l’histoire Isabelle Njonjo

Le monde s’en allant à reculons !

C’est l’histoire que je m’étais composée dans ma tête.

En partance vers la Chine, à mille lieux de ma terre natale, j’avais alors l’esprit embastillé par une pléiade de poncifs.

D’où venaient ils ?

De qui étais je la proie ?

Comme je suis de nature plutôt enveloppée, je me faisais gentiment chahuter par mes amies qui moquaient mes atours si différents de ceux de la femme chinoise.

Rondelette de mon côté.

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Silhouette fine et gracile, de l’autre.

Je leur répondais que je n’avais nullement l’intention d’entrer dans une improbable compétition

Possédée par le goût au travail, je voulais parfaire en Chine mes connaissances en génie civil, mon métier.

Dans ma tête, j’avais déjà une série de routes à construire entre Kericho et Butere, à l’ouest du Kenya.

Construire mon pays, le mettre au devant de la scène, tel était mon rêve !

Après avoir passé quelque temps dans une université chinoise, j’ai fait un stage dans une entreprise de bâtiment à Shanghai.

Au 25ème étage d’une tour, nos tables de travail placées à chaque extrémité d’une même pièce, nous étions deux.

Une femme kikuyu.

Un homme Han.

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L’un, l’autre, chacun dans son coin.

Je passais mes journées dans des calculs savants.

Il composait des graphiques.

Nous ornementions nos bureaux de nos prouesses respectives.

Un jour, par mégarde, j’ai laissé la fenêtre ouverte.

Un sérieux coup de vent balaya aussitôt la pièce.

Nos feuillets s’emmêlèrent, les graphiques jonglant parmi les tables à calcul.  

Alors qu’il cherchait ses documents, il murmura :

- Pourquoi ne pas recomposer ce désordre ?

Depuis ce jour, nos tables collées l’une à l’autre, nous dessinons ensemble une route traversant la vallée du grand rift courant jusqu’au Lac Victoria.

Sur le chemin, il manquait un pont.

Nous l’avons construit de nos quatre mains, notre enfant.

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Love in Guangzhou, a Redtory story

Posté par ITgium le 19 mars 2013

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Xiǎo Yù

A jùn mǎ 俊马 tale 故事

de François de la Chevalerie

At the time Xiǎo Yù (little Jade) arrived at the REDTORY (红专厂), the temple of the contemporary culture of Canton, a man standed at the entrance gate.

White-haired, tired-looking, ill-clothed, his face deeply lined and drawn, he was consulting a map, looking the way to go.

Xiǎo Yù came over in a such hurry that she slipped slightly in front of him.

The man is from Belgium, a native of the city of Gent.

He speaks mainly Flemish, poorly English, no Chinese, not a single word of Cantonese.

He knows he is alone in the world.

He is aware that he is even more lonely into the depths of China.

He looks at the sky, a tuft of cloud.

A gust of wind whips his face.

And now, Xiǎo Yù, she races past him like a lighting.

Maybe she knows the route to take ? He murmurs between his teeth.

Being push by his intuition, he follows her.

At that time, she enters at a gallery.

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Shirley Wong painting

The paintings of Shirley Wong, a talented young painter from Guangzhou, adorn the walls.

Under the onslaught of a myriad of color, an African fragance.

Heckled by a blue sky, a glance to the old world, Europe.

A vision of modernity based on traditional grounds, china and elsewhere in the world.

That’s the Shirley Wong dream, a desire to comprehend through her paintings the today troublesome earth.

The young woman observes the painting, tracking every detail.

Behind, the man, taking notes.

Leaving the gallery, Xiǎo Yù steps into a building dedicated to the floral art.

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Danqing Huang Bouquet

There, a huge bunch of flowers designed by Huang Danqing, a native of Dianbai.

Her work, some wonderful bouquet that incorporates gracefully sweeping stems bound with a ribbon.

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A floral artist

Xiǎo Yù smells scented aroma’s.

A feeling of happiness spreads in her soul.

But a couple of meters away, the man was tirelessly taking notes.

She turns abruptly her head suspecting an undesirable staring.

The man lowers his head.

The woman voluntarily went away.

This times, she pass through the library

She rushes immediately to look over the novels of famous writers :

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Chinese writer, Mian Mian

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Zhou Weihui

Zhou Weihui (周卫慧) and Mian Mian (棉棉).

She rotates on her.

The man, looking at her, the eyes severe.

This time, she fells a real sense of fear.

She runs away, breathing deeply.

She falls suddenly into the arms of Gerardo Suchi Reyes, a tall, robust and well minded Mexican citizen and her salsa long time friend, Joy, a gorgeous lady with a lovely smile that lightens up her eyes

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Salsa in Guangzho

Gerardo embraces Xiǎo Yù warmly. He draws instantly with her the Cuban traditional salsa eight pas.

At a corner, the man watching his prey.

Having a busy day, Gerardo goes away.

Xiǎo Yù looks around.

His hand sliding the statue of a virgin, the man offers her a smile.

Frowning her eyes, she finds refuge instantly into a sculpture gallery.

Xu Hongfei, a little man, dark haired, having at his mouth his legendary pipe welcomes her.

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Xu Hongfei sculpture

Standing there among his created fat barefoot women made in stone or bronze.

Xiǎo Yù caresses the curves carefully.

Xu Hongfei laughs.

A gust of wind in the back.

She feels something.

At the foot of a tall and stout eternal lady, the man

Xiǎo Yù hides herself behind the sculptures, waiting patiently, a tense fearing in her mind.

Finally, she decides to look stealthily between two gaps.

In front of her, the man, his whole body, saturating the space.

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Xu Hongfei works

She suffocates.

She tries to disappear behind the screen of the heavy smoke produced by the Xu Hongfei pipe.

Unfortunately, the man was approaching, step by step, his notebook at his hand.

She leaves the gallery, running far away.

At the end of the street, a crew filming an outdoor scene halts her track.

The director rushes toward her.

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You Song, young moviemaker

- Don’t you not recognize me ? I am You Song, your old mate from college in Dongguan.

He gives to her a slight report of his today’s movie shooting, a romantic and unfortunate story : a weak man rejected by a strong Shanghai Lady. Being so deeply hurt, he ends up with his life jumping off from the twentieth floor of an hotel the Dianbai seashore city.

She wishes a blockbuster success to the filmmaker and then she pursues her way, turning her head, from time to time.

She gets inside a bar. She asks for a beer then two.

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You Song, the Chinese Woody Allen

The man came inside, asking exactly the same.

She orders another beer.

One more. And so.

The man did the same.

Like a race between them.

She leaves the bar.

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Talented Entrepreneur

Outside, she meets a friend, Rebecca Xu, Director of a prominent wine company in Guangzhou.

- You know that wine is the best way to turn the men’s heads ! Tells Rebecca

Panicked by the presence of the man, Xiǎo Yù postpones the discussion.

This time, she goes into a restaurant, ordering the most spicy dish in our today time.

She seems to revive.

But the man enters at the restaurant, sitting just behind.

She asks for the bill.

She stands off, fleeing into the street, escaping desperately in the street, crying, asking for help.

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The redtory woman

In front of her, a canvas of a woman dazzling and dark, dignified and frivolous, steamy-hot and icy-cold, painted by a glorious man, Sà bīn (萨宾).

She whispered : I learned that reality, for me, is about what’s happening on the inside.

At that moment, a music slips into her ears, a sadness song, carried by the Deng Linjun voice.

Xiǎo Yù walks slowly towards the source of the music, an empty bar.

Chairs and tables facing a stage.

Suddenly, the screen lights up.

She went though raising her arms as her hour glory once happened.

Suddenly, a hand touch her shoulder.

She turns around.

The man.

She tries to escape.

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Xiao Yu

He takes her arms, starting dancing a sublime valse.

Under the spotlight, they exchanges glances, discreetly.

A waiter waved his hand telling them that the bar has to close his doors shortly.  

Minds emerge from a seeming void, eyes brighten, frowns disappear and lips begin to mouth the familiar words.

- Have you found your way ? she asks.

The book falls at their feet.

Through the pages, her eyes, drawn thousand of times.

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The eyes of a woman

REDTORY

Add: No128, Yuancun If Heng Lu (the Fouth of Yuancun Rd), Tianhe District, Guangzhou (entry of Linjiang Avenue, Zhujiang New Town)

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Her eyes

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Aimer au Redtory, le temple de l’art contemporain de Canton

Posté par ITgium le 10 mars 2013

Aimer au Redtory, le temple de l'art contemporain de Canton dans Aimer à Canton canton-tower-in-the-guangzhou1-300x199

Canton

Les Récits de jùn mǎ de François de la Chevalerie

Un amour à Canton

La voilà descendant rapidement d’un taxi devant la porte d’entrée du Redtory, le temple de la culture contemporaine de Canton.

Devant, un homme un peu perdu.

La chevelure blanche, il consulte une carte, cherche sa route.

Elle passe devant lui indifférente, le pas pressé.

Il est étranger, originaire de Belgique.

Il parle médiocrement l’anglais, nullement le chinois, pas un mot de cantonais.

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REDTORY

Il se sait seul au monde

Il l’est bien davantage dans les fins fonds de la chine.

Il regarde le ciel, une touffe de nuage.

Un coup de vent fouette son visage.

File devant lui cette femme.

Peut être connaît-elle la route à prendre ? Murmure-t-il entre ses dents.

Il la suit alors d’un pas volontaire.

Elle entre dans une galerie.

Des tableaux de Shirley Wong, jeune peintre cantonaise, ornent les murs.

Sous l’assaut d’une myriade de couleur, un parfum d’Afrique.

Chahuté par un ciel bleu, une idée du monde.

La jeune femme observe le tableau, traque ses moindres détails.

Derrière elle, l’inconnu.

Il prend des notes sur un cahier.

Elle sort de la galerie, pénètre aussitôt dans une bâtisse dédiée à l’art floral.

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Art a Canton

A l’honneur, les bouquets de fleur dessinés par Danqing Huang

Des perles d’oranger, des jets de rose.

La jeune femme hume d’heureuses odeurs.

Plus loin, toujours cet homme prenant inlassablement des notes.

La jeune femme se retourne brutalement, un soupçon.

L’homme baisse la tête.

La jeune femme prend volontairement la porte, le regard inquiet.

Elle entre aussitôt dans une libraire

Elle se précipite aussitôt sur les romans de Zhou Weihui (周卫慧) et de Mián Mián (棉棉)

Elle feuillette plusieurs livres.

Soudain, une ombre glisse sur les pages

Elle se retourne.

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Xiao Yu

L’homme la fixe du regard, son cahier à la main

Cette fois, une sourde peur.

Elle part en courant.

Tombe dans les bras de Gerardo Suchi Reyes, un mexicain hait de taille et au crâne chauve et d’une amie de ses cours de salsa, Joy.

Gerardo l’embrasse chaleureusement puis dessine avec elle les huit pas typiques de la salsa cubaine.

Elle se laisse emporter.

Dans un recoin, toujours cet homme.

Gerardo s’en va.

Elle fait un cercle sur elle.

La main posée sur une statut d’une vierge, l’homme lui adresse un sourire.

Elle prend son élan, entre dans un galerie de sculptures.

Elle salue, le petit homme à la pipe légendaire.

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Canton, old days

Xu hongfei, assis parmi des femmes replètes qu’il a tracé dans la pierre, le bronze.

Elle caresse des courbes

Xu Hongfei en rit.

Un coup de vent dans le dos.

Elle se sent épier.

L’homme se trouve au pied d’une grande Dame haute de 3 mètres, la main tenant une raquette de tennis.

Le craignant, elle se cache derrière des sculptures.

Elle patiente, la main à la bouche.

Finalement, elle regarde furtivement entre deux interstices.

Il est devant elle, tout le poids de son corps, de sa sature.

Elle s’étouffe.

Elle avance, se recroquevillant derrière des femmes replètes.

Il la poursuit cette fois nettement.

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Art à Canton

Elle cherche à disparaître sous des écrans de fumée de Xu Hongfei.

Il est la toujours encore sous un voile de fumée, écrivant dans son cahier.

Finalement, elle sort de la galerie.

Elle court à s’en fendre haleine

Devant un café, elle est arrêté par une équipe de cinéma en plein tournage.

Le directeur avance vers elle

- Ne m’as tu pas reconnu, je suis You Song, ton ami de collège à Dongguan.

Il lui raconte son prochain film, l’histoire d’un homme romantique rejeté pourtant par les femmes. Sans illusion sur la vie, il finit par se jeter dans le vide depuis le vingtième étage d’un hôtel de Dianbai

Devant, l’homme approche.

Elle salue son amie cinéaste, fuit encore.

Elle s’engouffre dans un bar, réclame une bière puis deux, déjà trois.

Une voix se fait entendre.

L’homme commande à son tour une bière puis deux, déjà trois.

Elle sort du bar.

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Xiao Yu

Elle croise une amie, Rebecca Xu, Directrice d’une compagnie de vin à Canton.

- Tu sais que le vin est la meilleure façon de faire tourner la tête des hommes !

Paniquée par la présence de cet homme, elle remet à plus tard cette discussion.

Elle rentre dans un restaurant.

Elle a l’impression qu’il ne la pas poursuivi.

Elle prend une table, commande un plat Cantonnais.

Elle semble revivre, comme libérée de cette peur.

Mais voilà qu’il entre dans le restaurant.

Il prend une table juste derrière la sienne et ouvre son cahier.

Elle demande l’addition.

Elle se lève.

Elle court dans la rue, fuyant, haletant.

Cette fois, elle crie comme pour demander des appels à l’aide.

Une musique glisse dans se oreilles.

Une chanson d’une effrayant tristesse.

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Bouquets

La voix de Deng Linjun, soupirant, expirant.

Se mourant pour n’avoir jamais rencontré l’amour.

Elle tremble de tout son être.

Elle pleure en silence.

Elle avance lentement vers l’endroit d’où vient ce fonds sonore.

Apparaît une salle immense vide.

Des chaises et des tables font face à une scène ou se fendent par saccades des jets lumineux.

Elle monte dessus sous les projecteurs.

Elle lève les bras comme si son heure de gloire était arrivée.

Peut être la gloire d’être femme.

D’être aimé.

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Xiao Yu

Soudain, une main se pose sur son épaule.

Elle se retourne.

Il est là, l’homme qu’elle cherche à fuir.

Il la prend dans ses bras, l’entraine doucement vers des pas de danse.

Elle se laisse faire sans comprendre.

Sous les projecteurs, le couple danse des valses bien ordonnées.

Ils s’échangent de discrets regards, presque de la pudeur.

Un serveur leur fait signe de la main que la salle va fermer

Ils se retirent.

Les lumières ses sont éteintes au Redtory.

 

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Toutes les boutiques ont baisse leur rideau.

Ils avancent vers la sortie, distants l’un de l’autre, le regard soucieux.

Devant l’entree, elle dévisage l’homme.

Cette fois, c’est lui qui baisse la tête.

- Avez vous trouvé votre chemin ? demande-t-elle.

Il s’incline, glisse ses lèvres sur les siennes.

Le cahier tombe a leurs pieds.

Sur un fond blanc, la jeune femme apparaît portraiturée sous tous les angles.

Inquiète, fuyant, courant.

Doux la nuit, le printemps, à Canton.

Redtory

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Xiǎo Yù, the Lady of Dōngguǎn – The Chinese woman and the Jew

Posté par ITgium le 21 février 2013

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Xiǎo Yù

A jùn mǎ 俊 马 tale (François de la Chevalerie)

At first, Jade puzzled me.

Native of Dōngguǎn, according to her own word, she praised this city « posed as a jewel on Earth ».

Wedged between Shenzhen and Guangzhou, Dōngguǎn (7 millions inhabitants) is a Chinese city with a longtime poor reputation, widely known for its bawdy houses and assembly workshops.

A city to avoid, said a tourist guide.

A city where nobody has the will to adventure himself, confirms a French entrepreneur who is living in Guangzhou for 30 years.

A city like a no mans land restricted to the sex trade and the assembly of wretched dolls for export.

femme-sans-visage-8318491-210x300 dans A Donguang Lady, Xiao Yu

Xiǎo Yù

Rejecting my fears, eager in dispelling my prejudices and false stereotypes, Jade asked me to go there.

- Getting into the walls of Dōngguǎn, you’ll spend the most beautiful day of your life ! she claims.

The day to come, I went backwards, trembling at the idea of being there.

At the Guangzhou Railway Station, I hesitated.

I asked a railway agent.

- What do you think about Dōngguǎn ?

- Women for the worse ! he replied.

Carried by a flow of passengers, despite myself, I entered into the commuter.

I tried to get out but the doors closed. I was so desperate that a little girl offers me some candies.

Here, on the way to the heads of the proverbial hydra, stated Lord Byron.

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Dōngguǎn

I was warmly welcomed by Jade, a beautiful woman in her late twenties.

- Let’s go to the battle ! she exclaims with laughing eyes and a mischievous smile.

Jade has an inventive and colorful temperament and a fresh and quirky personality.

Ten minutes after arriving, I was walking inside a museum celebrating the Chinese paintings.

Jade was proud to detail each composition, each artist.

- This city has an artistic soul, Jade told.

After the museum, we went through an ancient garden meticulously ordered by ponds and flower arrangements.

Further we penetrated into some buildings where mandarins used to serve tea and to recite old style poems.

In the afternoon, we visited the old town overlooking by the remains of a fortification dating from the sixteenth century. Along narrow streets, archways supporting small houses stand there, some with entrance doors made of oak.

A bookstore draws our attention.

Song Qingling was at the forefront, in her twenties, beautiful and radiant.

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The eyes of Xiǎo Lù

We continued our journey towards the City Hall that dominates a large square hosting numerous museums and well fashion restaurants.

- This place is larger than the tiān ān mén guǎng chǎng, Jade whispers, but do not say so, it is dangerous.

We met her friends, doctor, official, entrepreneur and a filmmaker You Song who will become in the next decades a figure of the revival of the Chinese movies.

Ending the day, under a streetlight, Jade took my arm abruptly.

- I’ll tell you a secret. You will be the only one to know until the end of the time. I am proud to be Cantonese, by soul and by blood, the blood of my people.

She raises a finger to her lips forcing myself to be silent forever.

Then she took my hand.

- We have to celebrate the greatness of Dōngguǎn ! she said.

All night long, we enjoyed the time dancing rock’n'roll as it was in the Elvis years.

By then, Jade spirit was entwined in her dreams.

By then, I was like a new man free from the popular belief.

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Xiǎo Yù

Xiǎo Yù (petite Jade), la Dame de Dōngguǎn

Au premier abord, Jade m’a laissé perplexe.

Originaire de Dōngguǎn, elle vantait sa ville, « posée comme un joyau sur Terre », selon son propre mot.

Coincée entre Shenzhen et Canton, Dōngguǎn est une ville chinoise très peuplée (7 millions d’habitants) à la réputation sulfureuse connue pour ses bordels et ses ateliers d’assemblage.

Une ville qu’il faut tout prix éviter, précise un guide touristique.

Une ville où personne ne s’aventure, confirme un français vivant à Canton depuis 30 ans.

Une ville comme un no mans land réservée aux seuls jeux de corps et à l’assemblage de misérables poupées destinées à l’exportation.

Balayant mes craintes, Jade me propose de m’y rendre, d’entrer dans les murs de Dōngguǎn.

- Tu y passeras la plus belle journée de ta vie ! annonce-t-elle.

J’y suis allé à reculons, tremblant à l’idée de côtoyer tant d’horreurs.

A la gare de Canton, j’hésite encore.

Je consulte in extremis un agent ferroviaire.

- Que pensez vous du Dōngguǎn ?

- Les femmes pour le pire !

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Dōngguǎn

Emporté par un flot de passagers, malgré moi, j’entre dans le train.

Me voilà aussitôt embarqué vers l’hydre, soupire Lord Byron.

Les yeux rieurs, le sourire taquin, le corps légèrement enveloppé, Jade m’attend de pied ferme.

- Allons au combat ! s’exclame cette belle femme portant heureusement la trentaine.

N’avais je pas fait cent pas dans cette ville en perdition que je me trouvais dans un musée célébrant des peintures chinoises.

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Yu Shan, 2013

Jade explique alors par le menu l’histoire de chaque composition, de chaque artiste.

- Cette ville à une âme artistique, dit elle, plus que cents âmes réunies !

Après le musée, nous parcourons un jardin méticuleusement ordonné où se mêlent étangs et compositions florales.

Plus loin, nous pénétrons dans des bâtisses où naguère des mandarins servaient le thé en récitant de vieux poèmes.

L’après midi, nous visitons la vieille ville qui s’ouvre sur les restes d’une fortification datant du XVIème siècle.

Des colonages longent des rues étroites où se dressent de petites maisons dont les portes d’entrée sont souvent en bois en chêne.

Une librairie attire notre attention, Sòng Qìnglíng est aux premières loges, belle et radieuse, dans ses vingt ans.

Nous poursuivons notre route vers une esplanade où domine la Mairie flambant neuve et d’autres musées encore.

- Cette place est plus vaste que la tiān ān mén guǎng chǎng, murmure Jade, mais il ne faut pas le dire.

De ce pas, nous rencontrons ses amis : docteur, entrepreneurs, fonctionnaires et un cinéaste You Song lequel deviendra dans les décennies à venir une figure du renouveau du cinéma chinois.

La journée s’achevant, sous un réverbère, Jade m’attire vers elle.

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Les yeux de Xiao Yu

- Je vais te dire un secret que tu seras peut être le seul à porter jusqu’à la fin des temps. Je suis fière d’être cantonaise, d’âme et de sang, le sang de mon peuple.

Elle pose alors un doigt sur ses lèvres m’imposant de faire silence à jamais.

Remarquant un groupe de danseurs, elle me prend par la main.

- Si nous dansions maintenant pour célébrer la grandeur de Dōngguǎn, la ville aux secrets enfouis.

Sur un pas rapide, Jade m’entraine bientôt dans d’incessantes rondes, l’esprit enlacé dans ses rêves.

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Chinese girl

Jade Yu Shan in the shadow of a Jew

A jùn mǎ 俊 马 tale 故事 (François de la Chevalerie)

Jade, as the British actor Georges Sanders whispers with his inimitable cockney accent

Jade Yu Shan is a native of the city of Donguang, southern china, in a family learned and rather well off.

Her dad is committed in a computer equipment manufacture. Mom at home.

Jade spent twenty years of her early life having the small talks, the same food, the same everything, worse still, the same ways in treating colds and flu’s.

So, she enjoyed the daily life of the average Chinese middle class, revenues goes up to.

Those early years, sometimes she looked herself in her room mirror and compared to others.

- I want to see what it would be like to live in another body, in another land. For what unknown reasons, I am rooted here in China? For what reason I am what I am? She asked nervously.

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Chinese love approach

Hers is indeed a curious situation.

Rejecting a sense of despair, she decided to take its fate into her own hands. She went in England, Manchester, stayed one year in the middle of the British crowd.

- Even if I smelt the sense of freedom, a possibility of going so far as to say everything, I realized that I have a Chinese mind, an indestructible sense of conservatism.

Tradition still carried considerable weight in her mind.

She came back in China having no hope, however, of improving her intelligence. She recalled the Albert Einstein quote: “It’s not that I’m so smart, it’s just that I stay with problems longer.”

In Guangzhou, this modern woman devoted her leisure time drinking, chatting. Mainly, dressing as the Queen of the Night, she danced until the music was over, enthralled with her dance steps and oblivious of others around her.

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Jade

Jade claimed often she is cynical.

Apparently, a state of mind.

She isn’t but, over the years, she built her own credo, a somewhat celebration of a pessimistic thinking. As stated by J. Robert Oppenheimer “The optimist thinks this is the best of all possible worlds. The pessimist fears it is true.”

Some examples of Jade Yu Shan quotes:

- I don’t like competition.

- I don’t like arguing.

- I am so tired of all these arguments.

- I don’t like quite anything in this goddamn world except my shoes. I like to take them in picture. Do you know for what reason? Shoes are innocent! I can go everywhere without arguing. Good slaves, aren’t they?

Her sad soul nestles as sorrow, coined with this latin saying:
“Accipe quam primum, brevis est occasio lucri[1]

In her complex life, there’s very little she can control.

As for instance, her age. As she nears 30 years, it comes as no surprise that her parents urged her to get married.

- Take a man no matter who he is as he is wealthy!

This old Chinese saying comes to every mouth.

She was exhausted to hear such noisy call.

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Chinese jews in Kaifeng

That’s when a Jew comes to her life.

Two cultures very far from each other and still very similar. Both rooted in eternities.

As a Jew, the man has an oratorical art, made of imprecations and repetitions, peculiar to the subtle and grandiloquent prophets the Jewish people has always had.

As a Jew, he is extremely sensitive.

Every morning, he asks himself whether he will remain alive the same night.

August 1942, by a thick fog in the Belgium countryside, his family was tracked down, arrested and taken to the Auschwitz concentration camps. None returns alive except his dad disabled and mentally destroyed.

Seventy years after, his son bears always the stigma of being chronically invaded by the thunder of guns.

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1942

This man is a real wandering Jew living in more than one country simultaneously, gaining market share from one company to another.

Growing old, he realized the urgency of being father.

When he saw her for the first time in a cozy artist painter workshop, he loved her at the first sight.

Well, she welcomes the idea by a very short, writing SMS stylized.

“Yes!” she approved.

That’s a poor beginning but something was perhaps much more striking and disturbing in the guy mind.

For him, nobody exists except in suffering.

“ Jade, once i saw you dancing, I read on your face some sadness, a mark of absolute desperation. I believe that this will be one of my fondest memories of our relation. “

Do you believe that?

What kind of man is he?

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Something from the past

Then he spent all his time arguing as he learned in his Kabbalah[2] teachings.

When, for instance, she suggested him a closer tie, he replied with anger:

- I don’t appreciate your comment about my somewhat “sex” interest for you. If you think in that way, I should recommend you to stop any kind of relation with me!

More disruptive was his faith that the child of this union was to embody a bridge between the West and china.

However, those thoughts were part of the Jewish universalism arsenal that claims that the course of human history may change by the Jewish waves.

Jade didn’t care so much.

She went away in India, dressed beautifully in a sari.

Any man would do well to keep in mind the Chinese saying: « I hear and I forget”.

At the end, she wrote to him:

- I think your problem is, you want more than one woman, so you’ve been busy between two, you won’t get any if you lost their trust, and your sensitiveness blocks all the communication. If you insist this way, you tired people.

Then she left.

Then, the wandering Jew followed his way with no place to settle, no wish to do so.

“The worst thing in life, lost the love of the life”.

They will remember.


[1] « Act now, the chances of success doen’t last long. « 

[2] Kabbalah is the closest science to man because it speaks of the purpose of life, of why we are born and live in this world.

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Jade

 

The platonic love between an indian man and a chinese woman

By that time, a depressing anguish troubled her.

What am I in this world ? she whispers.

Seeing the earth from the sky gave her an intense and calming sensation.

Every time when Jade flew out to New Dehli, an overwhelming feeling of wisdom invaded her suddenly.

Far from the madding Dongguang crowd, she realized that she is not anymore a pawn in the world chessboard but a human being able to chart her own course.

Looking at the Earth from the sky, she is once again able to take a few deep breaths and clear her mind, able to relieve her soul.

At New Delhi airport, an extremely old man, in a red suit and a long white beard celebrating nearly a century of achievements, is waiting peacefully, reading the book written by Anxmandae de Leira, “a time for nothing”.

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Sari

A philosopher is not necessarily a man who sets himself up to be wise, but one who is a lover of wisdom, he stated.

Then Jade arrived.

She rests her hand on the old man’s shoulder.

- May the Force be with you ! he said, welcoming her.

- Let me first of all say how delighted I am to be here in New Delhi, breathing your native air and soaking up the beauty of the city and its way of life.

By the side of the old man, Indra, a beautiful woman, remaining silent.

Then they traversed the colorful capital of India, reaching by night the westen part of the city, towards surrounding villages.

At the end of an impasse, stands there the house of the old man, all brick and granite.

As ancient as his life.

Jade found her room as it was during her last visit, disorderly, tangled as her character.

She dressed herself immediately with a sari, blue-bordered and its choli, a midriff-baring blouse.

- I am Indian, now, as ever, she murmured, with a wistful smile on her face.

During one week, the old man taught her the world, before the world, after the world, unchanged after centuries of history since the dawn of time.

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Jade

A few words to explain the nearly everything : the sun, the stars, the galaxies, the universe and among them a curious component, a man as stripped as he came to earth, a past that gets lost in the night of time.

Just a word to remind that life on this planet is as it were merely a preparation for a better life.

- But it is never easy to think that one’s life is ending ! recalled the man.

- You will land somewhere on paradise, suggested Jade.

- Do not think, that upon leaving this world I will achieve the maximum level of spiritual elevation. While there exist men on earth, I will suffer. How could I abandon you to the fury of the today world ? This sadness will settle down on me.

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Jade

She embraced him on his forehead.

- I will take away this kiss in heaven, he said.

During her stay in New Dehli, Jade learned some pearls of the Indian wisdom, a rigorous sense of values, passion and daring that have been handed down through the generations.

Returning to her native China, Jade is far from completely cured, but she feels so much better. By then, her fears will decrease and she will feel more confident about herself.

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Un amour à Pékin

Posté par ITgium le 20 février 2013

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Un amour à Pékin

Les Récits de jùn mǎ

de François de la Chevalerie, juillet 2011

Aux abords de l’an 2012, Sylvie Lin Jing est en perdition.

Depuis des années, la vie lui offre des hommes pâles ou lâches, fuyants ou absents.

Des relations heurtées, au tournant, masochistes.

Aucun n’a jamais répondu à son attente, pourtant simple à souhait, aimer.

Seulement aimer.

Désormais, une tristesse lancinante chahute ses nuits, le crâne endolori, les larmes aux joues.

Suis je condamné au célibat éternel ? Se demande-t-elle

Elle s’y refuse, toujours prête à aimer.

Aimer mille fois mieux qu’avant.

Aimer jusqu’à l’infini.

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Beau regard d’une chinoise

Aimer comme il souhaite être aimé.

Aimer sa nature d’homme, cet autre.

Rencontrer l’amour à Pékin

Un jour, Sylvie est de voyage à Pékin.

Une amie de longue date l’invite à prendre à un thé chez elle.

Elle s’y rend avec plaisir, heureuse d’évoquer des souvenirs, les années passées à l’université des Langues de Shanghai.

Son amie l’accueille dans un bel appartement dans le quartier de Cháoyáng Qū.

A ses côtés, un inconnu à l’allure discrète.

L’homme lui tend poliment la main.

Beauté assurée, traits réguliers, son visage surprend.

S’y mêlent élégamment l’Asie et l’Europe.

Naguère, sa mère, une Han originaire de Chángshā s’est laissée émouvoir par son père, natif de Tübingen dans le Land de Bade-Wurtemberg, teuton jusqu’à la corde.

De cette improbable union, surgit Wilhelm.

Longtemps étudiant à la Eberhard Karls Universität, fréquentée en son temps par l’astronome Kepler, Wilhelm est aujourd’hui, homme d’affaire averti.

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Wilhem

Il fixe paisiblement Sylvie.

Silencieux, il laisse les deux femmes échanger des souvenirs.

Vague le récit de leurs années de jeunesse.

Entre deux respirations, Sylvie pose délicatement son regard sur lui.

Suit un échange silencieux augmenté sur chaque visage d’un sourire prudent comme d’une invitation.

Sylvie reprend la conversation avec son amie.

Elle raconte un séjour à Paris, des banalités.

Puis elle s’étire, ses yeux bifurquent alors sur Wilhelm.

Cette fois, le visage de ce dernier affiche un sourire conquérant.

- J’ai deux places ce soir à 20 h 30 pour la représentation de Der Fliegende Holländer (德語) de Richard Wagner au Guójiā dà jùyuàn (國家大劇院). Vous…

Sylvie Lin Jing acquiesce favorablement sans qu’il puisse achever sa phrase.

- Eh bien ! S’exclame leur amie. Compte tenu de l’heure, je pense que vous devriez vous y rendre au plus tôt !

Bientôt, Sylvie Lin Jing et Wilfried se retrouvent ensemble dans un taxi en direction de Cháng’ān jiē (长安街).

Paralysés par l’émotion, ils n’échangent aucun mot, seulement des regards furtifs.

Dans la tête de Sylvie Lin Jing, tourbillonne une avalanche de sentiments.

De la peur.

La peur de l’autre.

La peur d’un inconnu, comme les autres.

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Opera de Pekin

Jaillit heureusement un vent contraire, une sensation de légèreté, de bien être.

Bientôt apparaît sous un brouillard opaque l’Opéra, un bâtiment en forme d’ellipse, fait de titane et de verre censé évoquer le yin et le yang.

Le temps pressant, ils se précipitent à la porte d’entrée.

Comme elle a le pas lent, Wilhelm la prend par la main.

Dans les murs de l’Opéra, ils se faufilent parmi la foule, trouvent leur place.

Wilhelm lâche sa main, un abandon qu’il accompagne d’un sourire.

Elle répond, les yeux légèrement embués.

Dans la salle, la lumière décline.

Nuit éphémère.

Silence.

Un rideau devant eux.

Sur un fragile filet de lumière, se profile le Chef d’orchestre.

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Der Fliegende Holländer, Beijing 2012

Ils reprennent leur respiration, fixent la scène.

Tonne la voix orageuse de l’Hollandais Volant.

Suivent les vrombissements des cordes.

Les envolées sont tellement puissantes que Wilfried égare sa main vers la sienne.

Elle l’accueille généreusement, glisse la sienne dessous, dessus, hésite, s’immobilise.

Le baryton pousse sa voix, acclame le monde.

Répond Daland, le capitaine norvégien.

Tonne Senta, sa fille.

Des voix qui transpercent, balaient les certitudes.

Sylvie s’incline légèrement vers Wilhelm.

Il comprend l’assaut, accommode ses lèvres sur sa joue.

Comme le monde est étrange, murmure-t-il, j’étais un, je suis deux maintenant.

- Deux dans un… reprend-t-elle, lâchant au passage un sourire.

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DER FLIEGENDE HOLLAENDER, Beijing 2012

Le rideau se lève sous les acclamations du public.

Des hourras mérités que le couple naissant accompagne chaleureusement.

Maintenant, ils sortent du dôme avec une sorte de sévérité dans le regard.

Nulle main en partage.

Ils se tiennent à distance, comme effrayés par ce chahut.

- Vous avez apprécié ? demande Wilhelm, devant le Lac artificiel au pied de l’opéra.

- Oui mille fois mais maintenant, dit-elle d’une voix volontaire, c’est à moi de prendre l’initiative. J’ai une proposition à vous faire. Je ne sais pas ce que la vie nous réserve mais peut être devrions nous à jamais immortaliser cette journée. Pour cela, il vous suffit de me suivre.

Il hoche de la tête.

Ils marchent alors longuement de long de Cháng’ān jiē dans un silence imperturbable.

Elle conduit le bal, il la suit pieusement cherchant à comprendre.

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Sylvie et Wilhem

Ils s’arrêtent devant la Porte de La Paix Céleste (Tiān’ānmén 天安门).

- Avez-vous du souffle ? demande-t-elle

Il marque son étonnement.

- Approchez vous de moi !

Il s’exécute, le visage troublé.

- Eh bien ! Il est temps que vous m’embrassiez le plus sensuellement possible et alors vous gagnerez une place au paradis. Vous y êtes ?

La lumière glisse sur ces visages s’accommodant l’un à l’autre.

Bientôt file doucement la nuit sur Pékin.

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Louer un appartement à Shanghai

Posté par ITgium le 18 janvier 2013

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Shanghai

Le récit de jùn mǎ (François de la Chevalerie)

Sylvie Lin Jing est une femme au caractère bien trempé.

Douce et généreuse, parfois elle s’enflamme brutalement, s’emporte alors dans des cris de colère.

Voilà l’histoire de Hans Eberhard (dur comme un sanglier), originaire d’Ulm dans le Baden-Württemberg, un Allemand passionné de Goethe et de Schiller.

J’avais noué une relation sentimentale avec elle depuis seulement une semaine lorsqu’elle a insisté pour que je l’accompagne visiter un appartement.

- Il est temps de s’établir, nous devons avoir notre nid d’amour, affirmait-elle.

Je m’amusais d’une telle demande que je jugeais exotique.

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Sylvie Lin Jing

Sont-ce là les us en Chine ?

Généralement en Allemagne, avant qu’un couple emménage sous un même toit, il faut plusieurs mois d’une relation solide, une année pleine, plutôt deux.

Ce qui n’est pas le cas en Chine.

Aussitôt dans les rets d’une femme, il faut trouver demeure.

Etrange coutume ?

Rite initiatique à l’usage d’occidentaux d’un genre fuyant ?

Malgré tout, bon enfant, je me pliais à l’exercice.

Sylvie a fait le choix du quartier de Pǔtuó Qū où les prix sont convenables « pour un homme comme toi un peu pauvre », a-t-elle aimablement précisé.

Il est vrai que ma fiche de paye de salarié d’une multinationale allemande n’a rien d’honorable.

Nullement n’ai-je une Ferrari !

Pauvre et corvéable, donc.

Rendu dans le quartier, nous avons fait la tournée des agences immobilières où des jeunes hommes sérieusement efféminés nous ont accueilli, le regard rieur.

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Shanghai

- Je cherche un appartement en location avec cet homme, explique-t-elle à ses interlocuteurs en me lançant en même temps un regard hostile, une invitation à  me tenir sage et soumis.

Ce jour là, nous avons arpenté beaucoup d’immeubles tous aussi affreux les uns que les autres, des empilades de béton montant au ciel.

Des appartements mal agencés.

Des décorations au goût inexistant.

Chaque fois, elle vantait l’environnement proche.

- Nous ne sommes pas loin d’un parc, nous pourrons danser le soir venu.

Ou d’un restaurant.

- Nous pourrons nous y rendre matin et soir tel un vieux couple.

- Ne sens tu pas le vent doux qui baigne cet appartement ? interroge-t-elle encore.

Un vent chargé de monoxyde de carbone, de dioxyde de soufre, de particules fines, marmonnais-je dans ma barbe.

- Que dis tu ?

Peu à peu, des questions chevauchaient mon esprit.

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Immeubles a Shanghai

Pourquoi devrais je partager un appartement avec une femme dont je connais seulement le nom et quelques bribes ?

Pourquoi devrais je abaisser les critères tels que je les pratiquerais en Allemagne ?

Ne devrais-je pas attendre un an avant de me décider ?

Deux pour m’en assurer ?

De surcroit, pourquoi devrais je vivre dans un appartement lugubre avec vue plongeante sur une autoroute au milieu de l’effroyable enfer urbain de Shanghai ?

Pourquoi devrais-je me gaver d’un air pollué qui me rendra au mieux asthmatique, au pire le poumon gorgé de métastase ?

Est ce cela le but de ma venue en Chine que de m’étourdir ainsi ?

Au fur et a mesure, ma réticence augmentait, visible à l’œil nu.

Je cachais mal mon embarras, le visage crispé.

- J’en ai marre de toi ! lâche-t-elle, lisant parfaitement dans mes pensées.

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Sylvie

Jene réagissais pas, faisant plutôt apparaître un soudain et opportuniste intérêt pour un appartement comblé par des toilettes à la turc.

Devrais je deux fois par jour me mettre à quatre patte pour lâcher quelque effluves ?

Je grimace plus encore.

- Tu es un imbécile ! s’exclame-t-elle.

Je réactivais aussitôt un semblant de curiosité pour une chambre sans fenêtre.

Dans mon for intérieur, je m’interrogeais.

Pourquoi devrais je être l’idiot utile d’une chinoise en quête de mari ?

Question philosophique à laquelle je n’apportais pas de réponse.

Au dixième appartement visité, alors que je lui déniais les qualités requises pour y aménager sine die, elle a plissé les yeux, bombant le torse.

- J’en ai marre de toi !

Sur mon visage un sourire nerveux suintant l’ennui.

J’ai alors reçu une premier gifle.

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Giffle chinoise

Une seconde, plus lourde.

Une troisième égratignant le nez.

Le vendeur de l’Agence a aussitôt compris que nous ne ferions pas affaire.

Il nous a reconduit au bas de l’immeuble.

Là, je recevais la tarte de ma vie, une avalanche de gifles.

Des gifles radicales, crevant mes veines.

Le tout se mêlant à une pluie d’insultes.

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les larmes apres la colère

Autour de nous, bientôt un attroupement

Des regards surpris.

- Pourquoi ce lǎowài chahute-t-il une des nôtres ? s’interroge une vieille Dame.

J’ai alors pris la tangente, bientôt m’éloignant

Déjà courant.

Courant toujours plus vite.

Direction l’aéroport de Pudong.

Le premier vol à destination de Frankfort.

Retour à mon doux pays

Vers des femmes de bon aloi.

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Ulm

Calmes et sages.

Sérieuses.

Le temps d’aimer, sans hâte, sans pression

L’oreille à l’écoute d’Erlkönig, le merveilleux poème de Goethe sur la superbe mélodie de Schubert.

Relisant le poème Nachgedanken d’Heinrich Heine, ses vers sanglés dans l’espoir.

Denk ich an Deutschland in der Nacht,

dann bin ich um den Schlaf gebracht…

Relisant encore le poème de Vorfrühling de Hugo von Hofmannsthal.

Es läuft der Frühlingswind
durch kahle Alleen
seltsame Dinge sind
in seinem Wehen.

L’Allemagne !

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Picture of Danqing, a Dianbai girl

Posté par ITgium le 15 janvier 2013

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Danqing

A Jùn mǎ tale 俊 马 (François de la Chevalerie)

The first time I saw her, it was in Guangzhou.

Slim figure, lightly floating in the air, toddling towards us.

Seemingly fragile-looking flower.

Absolutely not !

Once installed in the sedan rented by Liu Wei, she takes the drive, heading immediately to Dianbai, his hometown at a forced march, doubling hordes of trucks.

Born into a family of four, Danqing claims to speak easily several languages, the Dianbai local mysterious dialect, Cantonese, Mandarin, English with a slight of Aussie accent and some French.

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Danqing

Polyglot, she easily evolves herself in different cultures.

The Western side providing trust and energy.

The Chinese one, pragmatism and wisdom.

In a changing world, Danqing is seen as a symbol of female modernity, open-minded, eager to love one’s neighbour.

Sometimes, she looks lonely, withdrawn and afraid.

Living remembrances of a loving affair.

As a proactive business woman, she spent her time spreading all over the Guangdong province a famous Spanish grape.

Talented artist, she shapes wonderful bouquets that bring joy to the Guangzhou major hotels, its best restaurants.

Tangle of flowers, releasing a scent of beauty and happiness into the today damaging world.

The scent of magic, the beauty that’s been when love was wilder than the wind.

Flowers for just married couple, offering them eternal love.

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Danqing

And now what’s about her destiny ?

What will be the fate of this modern and sensitive woman for the coming years?

As she wishes, she will be married.

Her husband : Italian, Spanish or German.

As Balzac said, the bottle does not matter as much as the drunkenness.

From this union, granted by mixed cultures, a delicious little girl will land on earth

In a laps of thirty or forty years, Meredith will become the first Chinese astronaut to reach and live on the planet Mars.

When I mention so, Danqing releases a sweet smile and exclaim herself :

- The sky is open to those who have wings (Alta alatis patent)

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Danqing

Portrait de Danqing

Les récits de jùn mǎ (François de la Chevalerie)

La première fois que je l’ai vue, c’était à Guangzhou.

Silhouette fine, flottant légèrement dans l’air, le pas chancelant.

En apparence fragile.

Nullement !

Aussitôt installée dans notre berline, elle prend le volant, s’en allant aussitôt vers Dianbai, sa ville natale.

A marche rapide, doublant des hordes de camions,

Née dans une fratrie de quatre enfants, Danqing joue avec les langues, le dialecte de Dianbai, le cantonais, le mandarin et l’anglais qu’elle parle avec un léger accent australien.

Polyglotte,  elle évolue aisément dans différentes cultures.

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Danqing

Dans un monde changeant, Danqing est une femme résolument moderne, à l’esprit ouvert, désireuse de connaître l’autre.

Femme d’affaire très active, dotée d’une belle énergie, elle répand aux quatre coins de la province du Guangdong, un ceps espagnol de qualité.

Artiste de talent, elle façonne de merveilleux bouquets qui font la joie des grands hôtels de Guangzhou, de ses meilleurs restaurants.

Des fleurs s’emmêlant, lâchant dans l’univers un parfum de beauté.

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Danqing

Des fleurs pour de jeunes mariés, leur offrant l’amour éternel.

S’annonce alors le destin.

Que deviendra cette femme moderne dans les années à venir ?

Comme elle se le souhaite, elle sera mariée.

Son époux, un italien, un espagnol ou un allemand.

De cette union, naitra une petite fille, mélangé exquis de deux cultures, de deux regards.

Une petite Meredith qui deviendra dans trente ou quarante ans la première astronaute chinoise à rejoindre et a vivre sur la planète Mars.

Chaque fois que je mentionne cet horizon, Danqing lâche un doux sourire puis s’exclame :

- Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes (Alta alatis patent)

 

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