• Tianjinoise, Tradition (传统)

    Tianjinoise, Tradition (传统)

    A priori, elle n’a pas de réputation particulière.
    Ni sa physionomie, ni sa taille, pas davantage son allure ne lui confère une aura singulière de celle qui se répande jusqu’à l’autre bout de la planète. "Pourquoi alors le cœur d’une Tianjinoise vaut-il bien mieux que tout l’or du monde ?" se demande Pierre Teilhard de Chardin en 1936.

  • Une vie en Chine

  • Lin Chi-ling 林志玲

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    Lorsque je l’ai rencontrée la première fois, son visage était sévère, comme intraitable.
    Jonglant avec les contrats publicitaires, Chiling Lin n’avait alors aucune inclination à offrir au tout venant un sourire fut-il pâle.
    Dans son sillage, son agent publicitaire m’avertissait.
    « Au prix coutant de plusieurs dizaines de milliers de dollars, chaque seconde valant son or, vous serez vite ruiné. »
    Longtemps après, je l’ai croisée.
    Elle venait d’être exclue d’une superproduction.
    La larme à l’œil, elle m’aperçut dans un coin d’ombre.
    Cherchant à chasser ce désordre, elle laissa filer un sourire sincère sur son visage cependant défait.
    Je lui ai alors dit :
    - Lacrimis struit insidias cum femina plorat (Lorsque la femme pleure, elle tend un piège avec ses larmes, Dionysius Cato)
    - Non ! a-t-elle répondu, je pleure avec mon cœurs, je souris avec mon cœur.

  • Lin Huiyin

    Femme chinoise

    Un ami m’a dit : si tu veux connaitre la force romantique d’un couple chinois, plonge toi dans la vie de Lin Huiyin et de Xu Zhimo.
    Couple illégitime, s’aimant dans l’ombre, se chahutant.
    Xu Zhimo admirait par trop celle qui deviendra la toute première architecte de chine.
    Dans sa quête d’amour, il s’abîme, l’abîme aussi.
    Le temps enfin de se dire Adieu et ils meurent tous deux comme enlacés vers le même destin.

  • Wang Danfeng

    Femme de Chine

    Si j’étais né dans les années 20, je serais alors tombé éperdument amoureux de Wang Danfeng, célèbre actrice à la diction remarquable et au charme saisissant.
    Elle me fait souvent penser à Gene Tierney, un peu froide en apparence mais au tempérament chaleureux, ne s'en laissant pas compter.

  • Zhang Zilin 张梓琳

    Zhang Zilin

    Certains s’amusent à taquiner ce qu’ils nomment peu élégamment Madame l’échalas.
    C’est vrai que du haut de sa grande taille (1,82m), augmentée par des escarpins à la courbe vertigineuse, Zilin domine le monde, souvent des nabots qui la mitraillent de photos.
    Miss World 1987, elle pourrait en tirer quelque arrogance.
    - Nullement, seule m’importe l’idée de bonheur ! s’exclame-t-elle avec vigueur.
    Je l’interroge alors.
    - Le bonheur étant si rare, comment s’y prendre pour le retenir à soi, le répandre ensuite ?
    Elle sourit avec un tel ravissement, une telle assurance, de surcroît le regard chaleureux, que son idée du bonheur se propage naturellement dans les âmes.

  • Jin Xing 金星

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    Issue de la minorité coréenne, Jin Xing cultive les particularismes les plus audacieux.
    Valeur mâle, valeur femelle, Jin Xing est passé(e) de l’un à l’autre, d’un coup d’aile.
    Sans trop d’éclat, devenant l’une des meilleures danseuses et chorégraphes de Chine.
    Colonel de l’armée populaire (Zhōngguó Rénmín Jiěfàngjūn), elle vit à Shanghai dont elle dit :
    - Shanghai une ville complètement femelle. La ville des femmes alors que Pékin est la ville des hommes.
    Elle ajoute dans un murmure :
    - Ma vie est fantasque, heureuse vie d’entre les vies de ce monde !

  • Sòng Měilíng 宋美齡

    Sòng Měilíng

    Dans les années 40 et 50, le rêve de tout homme était de rencontrer de Madame Tchang Kaï-chek, femme d’une élégance sublime et au charisme époustouflant.
    Dans les Vacances Romaines, Gregory Peck chahute aimablement Audrey Hepburn, dans le rôle d’une jeune princesse, en lui disant que son heureuse silhouette ne saurait surpasser l’allure de la Reine des Reines, Madame Tchang Kaï-chek.
    Ce mot encore prêté à Cary Grant :”Toutes les plus belles stars d’Hollywood ne valent pas le regard de Madame”.
    Dans les 40, elle parcourt les Etats Unis, prône l’intervention américaine aux côtés du Zhōngguó Guómíndǎng.
    Hollywood l’admire, la célèbre comme une Reine mais Roosevelt puis Truman n’apporte pas leur soutien à cette cause.
    Dotée d’une forte intelligence, Sòng Měilíng occupe inlassablement mon esprit comme le révélateur de la grandeur du peuple de Chine.

  • Tián Yuán 田原 (1985)

    Tián Yuán 田原 (1985)

    C’était un soir de décembre, la température avoisinait mois dix degrés,
    Un ami m’avait invité à la célébration de ses vingt ans de vie d’artiste.
    Dans des pièces enfumées, pétries d’odeurs d’alcool de riz, il m’a aussitôt indiqué la bonne porte.
    - Viens par là que je te présente, Tián Yuán, je ne sais comment la présenter mais ce qui est sûr, c’est qu’elle est dotée de tous les talents. Elle fut la Reine du Trihop chinois mais elle est encore actrice, scénariste.
    Visage discret aux lignes parfaites, une voix douce, Tián Yuán me raconte si bien, si honnêtement, si précisément, son roman, Zebra Woods que je la serre dans mes bras.
    Elle s’en étonne à peine, me demande si j’ai vu son premier film, Butterfly.
    Je suis honteux, très honteux, les bras pendants
    Elle s’éloigne alors.
    Le lendemain même, je visionne Butterfly pour lequel elle a reçu un prix.
    Elle n’avait alors que 19 ans.
    Une adresse exceptionnelle pour celle qui entend bientôt réaliser son premier film, cousu d’or celui là.

  • Peng Liyuan 彭丽媛

    Peng Liyuan

    Depuis toujours, j’aime intensément cette merveilleuse chanson « Sur les plaines de l'espoir » où bat le cœur de la chine ancestrale, les souffrances et joies d’un grand peuple.
    Humble spectateur du gala annuel de la CCTV à l’occasion du nouvel an chinois, j’ai été transporté par une voix merveilleuse.
    Le corps tremblant, terriblement ému, je regardais cette belle femme qui avait si bien entonné l’air que j’aime tant.
    Laissant glisser un sourire sur son visage, elle remercia ensuite le public de sa voix douce.
    Et tous ceux qui comme moi, depuis Tianjin ou les provinces les plus reculées de la Chine, avaient gouté avec plaisir au spectacle.
    - Merci Madame, murmurais-je alors.
    Madame, Première Dame de Chine.

  • Zhāng Zǐyí 章子怡

    Zhang Ziyi

    Malgré sa renommée sulfureuse, c’est une femme ravissante.
    Trop sur les devants de la scène, elle est honnie par une partie de la Chine.
    A son encontre mille soupçons.
    A mon avis, elle sera pleinement heureuse lorsqu’elle donnera à sa vie un élan romantique.
    Un français aimable et élégant, fin connaisseur des usages et des Lettres chinoises, pourrait volontiers y répondre et répandre chez elle l’idée du bonheur.
    Avec en partage un slogan : Omnia vincit amor (L'amour triomphe de tout).

  • Zhou Xun 周迅

    Zhou Xun

    J’ai adoré, mille fois adoré, le film Dai Sijie 巴尔扎克与小裁缝 Balzac et la Petite Tailleuse Chinoise.
    Pourtant, je ne comprenais rien au dialecte abscons que l’on parle dans le Sichuan.
    Cependant, je m’accrochais à la parfaite diction de Zhou Xun.
    Je l’ai aussitôt aimée comme on aime le soleil, la vie.
    Tel un pèlerin, sur son chemin de grâce, je suis alors allé à sa rencontre
    Elle venait de terminer lǐ mǐ de cāi xiǎng, The Equation of Love and Death (李米的猜想).
    - Vous semblez venir tout droit d’un rêve !
    D’une main fragile, elle a dessiné un cercle.
    Apres l’avoir traversé en son milieu, sa main s’est dirigée vers le ciel.
    Elle m’a alors dit d’une voix douce légèrement chahutée par l’émotion.
    - Vous voyez d’où je viens, vous voyez où je vais !

  • Li Bingbing 李雪

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    - Toute jeune, me dit-elle, je n’avais pas la moindre intention de devenir actrice. Je souhaitais alors apprendre aux jeunes enfants la lecture, le savoir.
    Cependant, en 1993, une proche lui suggére de faire un tour au très renommée Shanghai Drama Institute in 1993.
    - J’y suis allé en un coup de vent. Ce jour là, un vent trop fort peut être, j’y suis restée le temps d’une saison.
    Dès 1999, dans le film Zhang Yuan's Seventeen Years (1999), elle noue avec la célébrité. La voilà propulsée au rang des meilleures actrices lors du 12th Beijing College Film Festival.
    Viennent les propositions Hollywoodiennes : Resident Evil, Transformers.
    - Je ne me laisse pas emporter par ce furieux coup de vent, je reste moi même, heureuse dans ma tête, le regard rivé vers des enfants à qui je lis des poèmes.

  • Fan Bingbing 范冰冰

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    Fraiche et généreuse, telle est Fan Bingbing alias Jin Suo, allant et venant élégamment, dans le film Taiwanais Princess Pearl (1997).
    Certains se demandaient alors comment cette toute jeune femme, âgée seulement de 17 ans, se muerait dans le monde âpre et violent du cinéma.
    L’ayant approché à cette époque, je l'interroge sur ses rêves.
    Elle en rit, se laissant aller à une réponse audacieuse.
    - Comme le temps venant mais toujours au delà de mes espérances.
    Voilà qu’elle devient dans la décennie suivante l’égérie de marques commerciales de renommée, au million de yuan la prestation.
    Elle crée en 2007 son propre studio, le Fan Bingbing Studio (范冰冰 工作室 , Pinyin : fàn bīng bīng gōngzuòshì) et multiplie les productions.
    Je la vois encore dans les films Shaolin et Buddha Mountain.
    Au delà de mes espérances, disait elle.
    Je la retrouve alors autour d’un dangereux élixir, un mélange hasardeux de vodka et de tequila.
    Alors que je souhaite la questionner sur l’air du temps comme du plaisir de vivre, elle m’interrompt.
    - Je n’ai toujours pas atteint mes espérances.
    - Fan Ye (son surnom), lui dis-je, on vous accable de nombreux talents mais celui qui l’emporte, c’est votre incroyable détermination.
    - Bravo, Madame ! conclus-je en Français.

  • Coco Lee 李玟

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    Sa belle silhouette évoluant sur de nombreuses scènes, sa vie est une suite presque ininterrompue de disques accumulant prix et honneurs.
    La voix jonglant aussi élégamment entre le mandarin et l’anglais, cette hongkongaise de naissance ayant vécu très tôt aux Etats Unis incarne parfaitement le soft power chinois, ce moyen pour la chine d’étendre délicatement, sans coup férir son influence sur le monde.
    Cependant, au milieu de sa remarquable réussite, Coco a le cœur généreux, la larme à l’œil, laissant filer document sa voix pour soutenir les malades du SRAS ou du Sida, pansant la misère.

  • Dong Siyang

    Dong Siyang (1988)

    Dong Siyang est jeune, la plus jeune du lot.
    La plus belle aussi, comme elle se réclame.
    A 21 ans, elle est déjà Présidente Directeur général d’une société de média établie à Hongkong.
    Surnommée la beauty CEO, elle se laisse tellement surprendre par une gloire acquise si tôt qu’elle écrit à 23 ans propre biographie "21-year-old woman president".
    - Je me trouvais vieille, me confie-t-elle, il fallait que je retrace ma vie.
    Bien qu’elle s’ajoute des titres usurpés, le livre est un best seller.
    De Shenzhen à Dalian, des jeunes femmes chinoises se l’arrachent, certaines bien plus âgées qu'elle.
    Toutes rêvent de gloire et de passion.
    Ou du besoin naturel d’être aimé par un homme ou par ses pairs.

  • Hou Yu

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    La voix s’élève vers de belles hauteurs, s’élance plus encore vers un horizon lointain.
    Loin dans le ciel, survolant son ombre.
    Soudain, Hou Yu suspend son envol.
    La voix se rétablit vers des notes légères,
    Bientôt un calme, comme une attente.
    Sera-t-elle l’épouse de l’empereur ?
    La concubine au cœur chaud, l’aimant jusqu'à l’infini.
    Embastillée dans des étoffes, le visage de Hou Yu est blême.
    Glisse une larme sur ce visage bien fait.
    Elle s’aime tour à tour dans les rôles de Dan, de Quingyi ou de Wudan.
    Elle souffre aussi, la carapace l’accable, le masque l’étouffe.
    Telle une concubine déchue, l’âme en peine.
    Voilà le public du Guójiā dà jùyuàn (國家大劇院) l’applaudissant à tout rompre.
    Hou Yu est une valeur sûre de l’opera de Pekin (Jīngjù).
    Je la félicite alors, me laissant porter, l’enveloppant de mes bras.
    - Je trouve le public de Tianjin plus chaleureux, se lâchant dans le bonheur, murmure-t-elle.
    Je la tiens plus près de mon cœur.
    - Oui, l’homme Tianjinois est le plus chaleureux du monde.

  • Paris en Chine à Tianjin

    Paris en Chine à Tianjin

    Pierre Teilhard de Chardin se rend à Tienstin au début des années trente. Plutôt Déconcerté par la présence de nombreuses bâtisses rappelant l’architecture des métropoles européennes, il s’exclame alors :
    « Tienstin, serait-elle Paris en Chine ? »
    Le pont Eiffel sur le Hai He construit au début de XXème siècle comme la réplique du Pont Alexandre III témoignent de cette influence.

  • Xue Zhe

    Xue Zhe, Tianjinoise

    Membre de l'Académie de Mathématique de Qingyuan (Guangdong) et de l’Institut d’Astronomie du Guangdong, Xue Zhe est une talentueuse scientifique, portant loin l'avenir de la Chine.
    Par deux fois, elle m’a demandé de l’accompagner sur la montagne sacrée du Héng Shān pour observer la grande Ourse. Là, la nuit durant, elle calcule les magnitudes apparentes et absolues.

  • China Soft Power

    China is going to reach in a short time the rank of the first superpower of the world.
    Today, China has all financial, commercial and technical resources required to maintain this position for a long period of time.
    Beyond the environmental pollution, the food safety issues and the embryonic democracy, the real weakness lies in the absence of a comprehensive soft-power, the ability to attract and co-opt rather than coerce.
    Because today china hasn’t a multicultural society (people coming from everywhere in the world), its cultural potential can’t spread quickly, far and wide.
    China today main challenge is how to turn a five thousand culture into a world map culture ?
    For those Chinese who are eager of a mutual understanding of the people from everywhere, they must pioneer to do so, paving the way to a more stable world.
    I do think that the future of china depends merely on them.

    Francois de la Chevalerie, April 2013

  • Cixi ou Tseu-Hi

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    Vilaine est cette opinion que l'impératrice douairière Cíxǐ était une femme irascible, rusant et calculant, responsable du déclin de la Chine et de sa soumission au diktat des puissances étrangères.
    Comble du toupet, petite concubine, elle s’impose dans les rangs et donne encore un peu de souffle à la dynastie Qing, décadente et endormie.
    Dans sa jeunesse, Cíxǐ était une très belle femme que tout homme de bon aloi aurait aimé prendre pour compagne.

  • Lena

    Lena

    Originaire de Jilin, Lena gère un groupe de restauration présent à Beijing et Tianjin.
    Lorsqu’elle a ouvert son dernier établissement à Sanlitun (situé à 1,5 km du pont Dongzhimen), comme j’étais surpris de voir ma photo sur le menu, elle m’a dit : "Tu fais partie de mon paysage".

  • Gong Li

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    Sa renommée est un sacré piège car on la figure distante, accompagnée d’une ruée d’agents, de la morgue au visage, trainant autoritairement sa gracieuse silhouette dans les Palais Romains.
    Nullement, Gong Li est une femme qui adore la simplicité et l’inattendu.
    La voilà en scooter à Paris arrimée à un inconnu, un sans grade, cette fois pris au piège d’un délicieux rêve, l’amour.
    Quelle merveilleuse aventure que celle de rompre les amarres et de regarder sur la butte Montmartre le lever du Soleil sur Paris, cette fois bien et tendrement accompagné !

  • Sabino Cagigos (Sà bīn) 萨宾

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    It is clear that Sabino Cagigos once called in chinese 萨宾 (Sà bīn) embodies the vitality of the today culture.
    Since long, thanks to his Catalan origin, Sabino has a fascination with labyrinths that cover his family background, his philosophical approach, mainly the troublesome western culture.
    The labyrinths represent the conflict between the artist and the world, narrated through a lifetime experience.
    After some vacillation, the route through the labyrinths is finally marked out.
    I found a symbolic similarity between them and the intelligence, the one of Sabino, the one of everyone, even the unskilled one.
    However, for the undogmatic Sabino, experiment remains open, a field of investigation always put into question.
    Nothing is set in stone.
    Everything is short-lived.
    And at the, the men dies.
    So the earth.
    So everything.
    So the Chinese women, Sabino Cagigos, their painter.

  • Michelle Yeoh Choo-Kheng (1963)

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    Malaisienne, Michelle Yeoh est une chinoise de l’extérieur, libre dans sa tête, dans ses opinions.
    En raison d’un accident vertébral, frustrée de ne pas pouvoir entamer une carrière de ballerine, Michèle supplante toutes ses pairs en devenant Miss Malaisie en 1983.
    Sa beauté fait mouche auprès d’un millionnaire hongkongais avec lequel elle se marie et qui la mènera au premier rang du box office chinois.
    Sportive, elle assure elle même des scènes d’acrobatie, des sauts périlleux dans l’inconnu, parfois vers l’amour.
    Elle interprète la moins connue des sœurs Soong, Ai-ling Madame Kung, plus riche que les deux autres réunis, en posant un regard circonspect sur une chine par trop troublée.
    A 50 ans elle devient la Lady. Aung San Suu Kyi
    Corps frêle, elle bataille contre les généraux, vouant a la vie un amour par dessus tout.

  • Yang Kaihui

    Yang Kaihui

    La première épouse de Mao mérite les honneurs.
    Nullement parce qu’elle est entrée en l’année 1919 dans la vie du grand Timonier mais parce que ce dernier, un saint homme, n’a nullement remué ciel et terrain pour lui éviter une exécution sommaire par le Guomindang en 1930 à Changsha (Hunan)

    Du coup, Yang Kaihui, femme simple et au bon cœur, mère attentive de trois enfants est durablement aimée par le peuple chinois.
    Comme par moi même croyant naïvement que les belles âmes portent le meilleur témoignage de la beauté du monde.

  • Jade Yu Jiang Shan

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    Elle est fière d’être Cantonaise, fière d’être originaire de Dongguang, fière plus encore d’être elle même.
    Une femme moderne, tout en rondeur, aimant la vie, la bonne chair et l’alcool.
    A Canton, Reine de la nuit, elle connaît la terre entière, danse la salsa, lit le dernier roman de Mián Mián.
    Intelligente et souriante, Jade se déclare cynique jouant des uns des autres comme pour mieux vivre.
    Le soir, s’inquiétant du temps qui passe, elle tâte son ventre, cherche un enfant qui ne vient pas.
    L'âme triste, elle ressasse jour et nuit cette formule latine :
    Accipe quam primum, brevis est occasio lucri
    « Agis de suite, les chances de réussite durent peu. »
    Ce désir d’être autre chose que le symbole de plaisirs passagers.
    Ce désir d’être une lumière, une voix dans un monde éphémère.

  • Pan Hong

    Pan Hong

    Toute la force de cette femme repose dans un effroyable souvenir qui la tient jusqu’à ce jour.
    Le suicide de son père, honni, écrasé, laminé par de lamentables gardes rouge durant la révolution culturelle.
    Du coup, chez elle, l’essentiel, c’est de vivre par dessus tout, droit dans ses bottes.
    Merveilleuse actrice, je l’ai rencontrée plusieurs fois en sa qualité de vice présidente de l’association du Cinéma Chinois. Chaque fois, elle ouvre la discussion sur ce bon mot :
    « Tant qu'il y a de vie, il y a de l'espoir. (Dum vita est, spes est).

  • Zhang Yin 张茵

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    Il vous faudra beaucoup aimer ou connaître le recyclage de papier et le papier d'emballage de Chine pour l’approcher juste une toute petite seconde.
    Même en développant des trésors d’imagination sur l’avenir du courtage en papiers recyclés, il n’est pas sûr que la propriétaire de la Nine Dragons Paper vous reçoive.
    La raison, Zhang Yin est une des premières fortunes de chine, une fortune qu’elle a acquise toute seule, principalement à Hongkong.
    Mieux vaut alors lui parler de la biographie que vous comptez écrire sur elle. Dans ce cas, elle s’ouvrira davantage.
    - Mon père était officier de l’armée populaire, s’exclame-t-elle, je suis officier de l’économie de la Chine d’aujourd’hui. Trente ans de distance, et le tour est joué. L’on devient riche sans même sans rendre compte ? Est ce bien tout cela ? se demande-t-elle alors.

  • Pan E

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    Lorsque je l’ai rencontrée pour la première dans l’effrayant chahut de la Brasserie Chartier à Paris, j’ai aussitôt aimé la sagesse de son regard, cette manière de tout observer avec discrétion, avec pudeur.
    L’âme sereine, Pan E a toujours le mot juste.
    Tolérante, elle accompagne ses amis jusqu’au bout de leur peines.
    Le cœur généreux, nullement songe-t-elle à accabler l’un plutôt que l’autre.
    Elle s’émeut de leurs larmes.
    Elle les encourage à maintenir leur cœur vaillant, enlacé dans de beaux souvenirs, loin d’idées de revanche.
    Glisse parfois sur son visage une onde de tristesse, une inquiétude comme un besoin de comprendre.
    Le souvenir d’un homme aimé, s’en allant aux abords du Mont Fuji.
    Un homme, cet autre, si loin.
    Une larme dans son cœur.
    Dans toutes les larmes s'attarde un espoir, soupire Simone de Beauvoir.
    La silhouette filant doucement à l’horizon, Pan E trace son chemin comme si elle formait le souhait de vivre dans un monde plus doux, plus heureux.

  • Zhou Weihui 周衛慧

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    Comme j’avais beaucoup aimé son roman, Shanghai Baby (上海宝贝), je suis allé à sa rencontre pour la féliciter.
    Je voulais le dire a quel point j’appréciais le personnages de Coco lequel à travers son comportement et sa famille illustre parfaitement les contradictions de la chine contemporaine.
    Mélange de sexe, de drogue au risque d’un monde interlope.
    “ Vous savez, m’a t-elle dit, j’ai eu beaucoup d’ennui avec ce livre. Beaucoup d’exemplaires sont partis en fumée. Mais, comme il est toujours possible de renaitre de ses cendres, j’ai récidivé et je récidiverai toujours et inlassablement.
    Telle une pluie ne s’interrompant jamais. »
    Le soir même, j’ai poursuivis la lecture Wo de Shan (我的禅) plus doux tout de même que le précédent.

  • NE PAS DIABOLISER LA CHINE !

    Là, gisant sous nos pieds, le venin se répand.
    Tout doucement s’insinue dans l’opinion l’idée que la Chine est un pays hostile, la charge s’invitant bientôt dans les campagnes électorales.
    Que lui reproche-t-on exactement ?
    De laminer nos industries dont certaines sont moribondes depuis longtemps ?
    De détruire l’emploi ?
    De laisser exsangue nos économies ?
    De porter atteinte à notre modèle social ?
    Par delà le factum, levons le voile sur une hypocrisie.
    D’aucuns pays ne souhaiteraient pas connaitre le développement économique de la Chine ?
    Que ces thuriféraires fassent preuve de cohérence !
    Si d’aventure ils envisagent une mondialisation à géométrie variable, qu’ils dénoncent alors toutes les déclarations onusiennes favorables au développement et ainsi de la marche inexorable du monde !
    Comment reprocher à une nation naguère famélique de s’en sortir ?
    Cette civilisation par cinq fois millénaire prend une revanche sur l’histoire.
    Elle s’y accomplit avec une volonté dont beaucoup de pays gagnerait à s’inspirer.
    Certes le pays n’a pas choisi le modèle démocratique mais quiconque le connaît mesure la détermination des pouvoirs publics à augmenter le niveau de vie de sa population. Assumant les tâches régaliennes, l’Etat donne le rythme, rectifie les débordements tout en laissant libre cours à l’initiative privé.
    Cet engagement rappelle celui de l’Etat Français au lendemain de la guerre ou au début des années 60.
    Tout doit être fait pour améliorer le menu quotidien et abolir l’apostrophe trop souvent entendue sur les bords du Chang Jiang : « qu’as-tu mangé ce matin ? »
    Francois de la Chevalerie, 2007

  • Junma

    Mi appellido Chino es Junma (Bonito caballo). En lo presente, asumo el cargo de director de dos empresas : CHINA MESSENGERS, la cual se dedica al manejo de proyecto de montajes industriales en el ámbito del sector ambiental y las energías renovables y PANEUROCHINA, la cual desarrolla técnicas de valorización para los sedimentos, sanos o contaminados (barro de mar) y su explotación con el fin de fabricar materiales de construcción. Las dos compañías están ubicadas en Tianjin. Adicionalmente, soy miembro fundador de d'IR & Amiante (IR & Asbestos), corporación Industrial especializada en el tratamiento y la inertización de amianto (www.iramiante.com). Por fin, animo la Secretaría General del Fondo de Tecnología Itgium (www.itgium.com).

  • Mexico & China

    La comunidad Mexicana en Tianjin es poca numerosa a pesar de que su población esta estimada a 12 M de habitantes con un PIB parecido igual al de la Ciudad de México. Se cuenta algo como 10 personas, la mayoría estudiantes (Tech de Monterrey) y unos aventureros procedentes de Nogales (algo sospechoso). Debido a mis conexiones mexicanas, en una reunión en el Hotel Astor, el grupo me nombro : “Delegado de México en Tianjin”. Recibí el nombramiento con honor y orgullo aunque desconozco las tareas que el cargo requiere. Sin embargo, hemos decidido de festejar el evento con cerveza “Corona” la cual se vende por todos lados en China.
  • Méta

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  • Tianjin

    Résidant à Tianjin (天津) et à Qingyuan (清远 ), Province du Guǎngdōng (广东), je suis un entrepreneur (qǐ yè jiā 企业家) passionné par l’environnement, notamment, le recyclage des sédiments et la gestion des risques sanitaires.
    Au delà de mes activités professionnelles, je suis tombé amoureux (ài shàng 爱爱上) de la Chine dont j'aime parcourir les villes et les campagnes à la recherche du moindre secret, d’un bel éclat, m’en allant à l'aventure (mào xiǎn 冒险).
    Mon nom chinois est jùn mǎ (俊 马).
    Légère coquetterie dans le choix des mots, en Français : élégant ou gracieux cheval.

    François de la Chevalerie

  • Tianjinaise, Modernité (时新)

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    Regard de velours, la Tianjinaise compose avec une gentillesse naturelle jamais feinte. Le mot juste, elle trace d'heureuses perspectives.

  • Dèng Lìjūn 邓丽君

    Dèng Lìjūn 邓丽君

    Le regret de ma vie est de ne pas l’avoir rassurée en 1992 devant l’église de Saint Germain des Près.
    N’avais-je pas compris que sa voix chaleureuse et douce allait porter l’âme de la Chine encore pour de longues décennies ?
    Brutalement, ce jour là, son visage se glace d’effroi.
    Elle reprend sa respiration, baisse légèrement la tête, les yeux fuyant.
    Glisse une larme sur sa joue.
    Une autre encore.
    Elle pose délicatement sa main au visage, cherche à réprimer une soudaine tristesse.
    Ce mot de Simone de Beauvoir:
    "Dans toutes les larmes s'attarde un espoir".
    Ma belle endormie, je l’aime toujours, sa voix, sa beauté, ce goût à la vie.

  • Sòng Qìnglíng 宋庆龄

    Sòng Qìnglíng

    Sòng Qìnglíng, Madame Sun Yat-sen, deuxième épouse du Père de la Chine moderne offrait une beauté sage telle que je les aime.
    A la mort de ce dernier, a-t-elle conçu une affection particulière pour Israel Epstein et Edgar Snow, deux fervents soutien de la révolution chinoise ?
    Dieu seul le sait mais si d’aventure j’avais été dans les parages, je lui aurais dit :
    « L'amour de la patrie est notre Loi. (Amor patriæ nostra lex).
    Mère de la Chine moderne (guomu), elle a accompagné le peuple de Chine dans ses heures sombres et de gloire.

  • Actualités

  • Zhang Zhixin 张志新

    Zhang Zhixin

    Vraie marxiste mais dissidente dans les années sombres de la révolution culturelle, elle a condamné sans relâche l’idolâtrie maoïste, la dérive d’un potentat.
    Pour avoir exprimé librement son opinion, elle a été emprisonnée pendant 6 ans (1969 à 1975), torturée, puis exécutée par décapitation.
    Comment la Chine pourra-t-elle se remettre d’une telle honte ?
    Comme ma tante Edith de la Chevalerie, c’est une femme exemplaire digne de toutes les louanges, un exemple.

  • Zhang Jingchu 張靜初

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    - Pourquoi diable as-tu changé ton prénom ? Jing, ceint en or, n’est ce pas le plus merveilleux des prénoms ? interroge-je.
    - Jingchu, c’est le mien dorénavant, ceint en or, en argent, en bronze.
    Diplômée de la fabuleuse Central Academy of Drama de Beijing, (Zhōngyāng Xìjù Xuéyuàn), Jingchu enchaine les rôles.
    Inquiète, l’âme en peine, luttant contre des hommes, des lâches.
    Belle toujours.
    Bientôt elle est portée aux nu par Time magazine, belle Asia's Heroes de notre temps.
    Je l’interroge encore :
    - Est ce de trop tout cela lorsqu’on se meut encore dans la jeunesse ?
    Se dresse un sourire sur son visage.
    - Je me souviens de mon premier cours de diction, me dit-elle. Ces mots...
    Je reconnais la trace de mes premiers feux
    (Agnosco veteris vestigia flammæ, Virgile, l’Énéide)
    De mes feux mal éteints j'ai reconnu la trace
    (Racine, Andromaque)

  • Gāo Yuányuán 高圆圆

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    Autodidacte, Gao fait ses premiers pas dans une comédie de pâle facture, Spicy Love Soup. Normalement, elle aurait du disparaître derrière la rampe comme chaque année dix mille actrices de peu de talent.
    C’était sans compter avec son imparable fraicheur, une nature douce, loin du jeu par trop calculé des starlettes hongkongaises.
    En 2002, elle s’emploie merveilleusement bien dans le rôle de Zhou Zhiruo pour la série télévisée The Heaven Sword and Dragon Saber.
    En 2005, elle étonne dans le film de Wang Xiaoshuai, Shanghai Dreams qui remporte le Prix de Jury. Elle se fait encore applaudir avec Jackie Chan dans le film Rob-B-Hood
    Vient alors la grâce, elle joue Mlle Jiang dans le film City of Life and Death (南京!南京!, Nanjing, Nanjing) qui raconte l’histoire des troupes japonaises se livrant à un terrible massacre à l'encontre des civils chinois.
    Portée désormais vers la gloire, la belle Gao !

  • Shu Qi 舒淇

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    Pour accéder à la notoriété, un choix douloureux s’impose à toute jeune ambitieuse, originaire de Taiwan, sans nom, sans relation.
    Quelque temps durant, il faut prêter son corps, se mettre dans l’ambiance.
    Aussitôt dans les rangs, Shu Qi fait merveille dans « Love is not a Game, But a Joke ».
    Plus tard, je la retrouve dans « Millennium Mambo » et « Three Time »s où elle excelle.
    Un dimanche matin, je la rejoins sur l’Avenue of Stars (星光大道) dans le quartier de Tsim Sha Tsui à Hong Kong.
    Sortant d’un festival de cinéma dédié aux stars hollywoodiens des années trente, avant que je ne l’interroge, elle s’exclame :
    - Made it, Ma ! Top of the world !
    Je suis laissé sans réponse, médusé.
    - James Cagney, White Heat !

  • Zhào Wēi 赵薇

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    Lorsque je l’ai vue pour la première fois dans le rôle de "Little Swallow" (小燕) dans la série télévisée Princess Pearl (还珠格格) en 1997, j’ai été surpris par la simplicité et l’efficacité de son jeu.
    Alerte et généreuse dans l’expression de son talent.
    Pareillement, sa voix est heureuse.
    Dans son album Swallow, elle chante avec élégance
    Son talent est tellement reconnu qu’il lui suffit de réciter seulement 25 lignes dans l’heureux film « Les Guerriers de l'empire céleste » pour devenir l’Artiste féminine la plus populaire de Chine.

  • Gigi Leung

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    Quelle audace pour une totale de l’inconnue de se lancer dans l’arène violent du show biz avec un album au titre si narcissique sur Love Myself (1996) 愛自己 ?
    Elle assume élégamment cette impertinence.
    - Comment ne pourrais pas m’aimer ? N’est ce pas mie vie que je porte dans mon corps. Si je ne m’aimais pas ou en serais-je aujourd’hui, Meurtrie, dans le sang ?
    Défense imparable dont elle titre un beau sourire.
    La voilà s’exposant dans vingt films, enchainant les albums, cette grande fille s’offre tous les genres.
    Je l’arrête sur son chemin.
    - Attention, Gigi ! Tu souffres d’un asthme chronique. Je ne souhaite pas que tu sois emportée par le même sort que celui qui a arraché à la vie mon adorée Dèng Lìjūn.
    Gigi regarde alors vers le ciel.
    - Quand le moment sera venu, je me laisserai emporter, doucement, sans hâte.

  • Faye Wong 王菲

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    D’abord, une inquiétude.
    Elle fait la une de Time Magazine.
    Aurait-elle la grosse tête, enflée à jamais ?
    Agréable objet à l’usage des médias occidentaux à la recherche d’une icône chinoise bon teint, plutôt jolie, prêtant sa voix sensuelle à de belles chansons.
    Je la croise, l’interroge.
    Elle retient ses larmes.
    Une chanson file entre ses lèvres.
    Elle raconte la naissance de sa fille.
    - Comme le temps avance inexorablement, je ne verrai plus la lumière dans 50 ans mais ma fille sera toujours de ce monde, portant la mémoire de sa maman.
    Je la taquine alors.
    - La présence sur Terre le temps d’une vie, est-ce bien utile ? N’avons nous pas mieux à faire en restant dans l’au-delà ? Que d’infortune pour une musique connue, celle d’une mort annoncée ?
    Elle porte alors son regard sur une affiche qui domine son appartement.
    Des enfants à l’air hagard, le visage en sang, sous les décombres d’une maison.
    Le souvenir de l’effrayant tremblement de terre du Sichuan (2008).
    - J’ai chanté pour eux. Lorsque j’ai vu sur leur visage glisser un sourire, je me suis dis que mon existence avait un sens.

  • Yuan Quan

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    Comme j’ai beaucoup aimée dans le film The Last Tycoon (2012 film) de Wong Jing où elle s’imposait, toute flamme tout feu, dans le rôle de la redoutable patronne de la triade de Shanghai dans les années 30, je lui ai écrit pour la féliciter.
    Elle m'a répondu, le ton de la voix inquiet.
    - Penses tu que je puisse en retirer une bonne réputation ?

  • Zhou Xuan 周璇

    Zhou Xuan

    Jolie Jade, son nom, offre une silhouette gracieuse, un charmant profil.
    Je l’ai revue au moins dix fois dans le film Les Anges du boulevard (馬路天使, malu tianshi) avec toujours une même question : comment le destin a-t-il donné vie à une femme aussi sublime ?
    Jamais Jolie Jade ne reçut de réponse, ses parents biologiques lui furent toujours inconnus.
    Je l’aimerais toujours, chantonnant à l’infini, Ye Shanghai.
    Morte trop jeune, s’en allant doucement vers l’autre monde.

  • Wei Wei 韦唯

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    Il est toujours dangereux de se frotter avec une icône nationale, une Madame aux mille chansons dont le si beau Today is Your Birthday utilisé comme thème de la fête nationale chinoise.
    Lorsque je la rencontre à Hohhot, en Mongolie intérieure, ville de sa naissance, je cherche mes mots, la voix légèrement tremblante.
    Elle me rassure par un sourire puis elle m’interroge :
    - Ai je le droit de dire la vérité ?
    J’acquiesce favorablement.
    - Je suis heureuse d’être chinoise comme je suis fière de mon pays, de mon peuple, de mes ancêtres et de tous ceux qui me succéderont sur une Terre que j’aime tant.

  • Tianjin : Population & Etrangers & Religions

    POPULATION : 13 000 000 dont Han (97.29%), Hui (1.75%), Manchu (0.57%)
    DENSITE : 980/km² -
    ETRANGERS A TIANJIN : Ce n'est pas une ville cosmopolite. La présence des étrangers est très faible. Selon le bureau de l'Etat Civil de Tianjin, en 2011, la répartition serait peu ou prou la suivante : Coréens (12000), Philippins (7000), Indiens (4000), Russes (3000), Américains (1500), Australiens (1000), Kazakhs (600), Allemands (550), Ouzbeks (400), Japonais (350), Italiens (250), Malaisiens (200), Canadiens (180), Thaïs (150), Indonésiens (150), Anglais (135), Néo Zélandais (100), Vietnamiens (100), Pakistanais (100), Iraniens (100), Angolais (100), Nigérians (100), Néerlandais (120), Français (90), Brésiliens (70), Belges (50), Mexicains (10)
    RELIGIONS A TIANJIN : sans religion (6 millions), bouddhistes au sens large avec des pratiques bouddhistes (2 millions), religions chinoises notamment taôistes (1 million), musulmans (Hui 200 000, Ouïghours 20 000), protestants (80 000), catholiques (50 000), juifs, essentiellement des étrangers (100)

  • Mon équipe de Sumo

    Tanggu

    En 2009, j’ai fondé l’équipe de SUMO de Tanggu 相撲 塘沽区.
    Rapidement, s’est constituée une petite équipe soudée autour de vaillants gaillards, indomptables et au cœur généreux.
    Avant l'affrontement, les lutteurs chassent les esprits en frappant le sol avec les pieds, après les avoir levés très haut.
    Puis, en signe de purification, ils prennent une poignée de sel et la lancent sur le cercle de combat.
    Débute alors la charge sous de belles masses.
    Mon équipe a tenu ses promesses, gagnant par deux fois (2011 et 2012) le tournoi des Clubs Sumo de Tianjin.

  • Sanmao 三毛

    San Mao

    C’est sans doute l’un de mes plus grands bonheurs de lecture de la littérature chinoise contemporaine.
    J’ai adoré les chroniques du Sahara (Sāhālā de gùshi) où elle raconte ses 13 années de vie dans le désert, suivant les traces du père de Foucault.
    C’est un monument de poésie et de rêves, bien avant que cette terre “miraculeuse” soit envahie par des bandes barbares.
    Du coup, emporté par ses rêves, j’ai lu la biographie qui lui est consacrée Sanmao de meng yu renshen (Le Rêve et l'existence de Sanmao).
    Puis le rêve, un effroyable jour de l’année 1991, s’est fait triste.
    San Mao a été découverte morte, suicidée et assassinée.
    Je suis aller prier pour cette femme qui m’a tant donnée sur le temple taôiste du mont Heng Shan (衡山), recevant une partie de ses rêves.

  • Maggie Cheung Man-yuk 張曼玉

    Maggie-Cheung

    Miss Hongkong en 1983, tout le monde déjà chérissait son regard, la beauté de ses traits, cette douce légèreté.
    Voilà qu’elle accomplit son destin dans l’un des plus beaux film chinois, Huāyàng niánhuá (in the mood for love) incarnant Madame Chan, tellement esseulée qu’elle s’éprend d’un autre solitaire.
    Nait alors l’un des plus beaux couples du cinéma.
    Silence, nous devons faire silence devant tant de sincérité, de discrétion.

  • Le dialecte de Tianjin – le Tianjin hua

    A Tianjin, il n’existe pas à proprement parler de dialecte local mais plutôt un accent très accentué, délibérément nasillard. De nombreux mots sont souvent affligés d’un « ar » s’étirant et selon tonalité basse. Du coup, lorsqu’on arrive pour la première fois à Tianjin, vient cette curieuse impression de se trouver quelque part entre Kansas City et Omaha. Par rapport au Beijing Hua, les différences sont mineures sauf pour le premier ton. Très marqué à Beijing, il se déclame à Tianjin selon une note plus basse.
    Vous comblerez ou amuserez vos amis Tianjinois ou Tianjinais en parlant avec quelques tonalités locales, témoignage de votre adaptation, voire de votre enracinement à Tianjin.

  • Danqing Huang

    Danqing

    Originaire de Dianbai, Danqing est l’âme de Guangzhou.
    Femme d’affaire très active, dotée d’une belle énergie, elle navigue avec célérité parmi les villes du Guangdong.
    Chaque fois que je la croise, elle lâche un doux sourire puis s’exclame :
    «Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes (Alta alatis patent)»

  • Quelques dates

    1860, le traité de Pékin ;
    1870, le saccage de l'orphelinat français ;
    1928, apogée de Tianjin ;
    1937, l'armée japonaise occupe les concessions ;
    1943 à 1945, les concessions dissoutes ;
    15 janvier 1949, Tianjin est libéré par l'armée de libération populaire ;
    Depuis 1984, renouveau de Tianjin.

  • Personnages célèbres de Tianjin

    Chinois (Seigneurs de guerre, Zhou Enlai, Puyi, Dai Xialong, Wen Jiabao)
    Occidentaux (Gustav Detring au service de Li Hongzhang, Herbert Clark Hoover, futur Président des Etats-Unis (l’American Barracks), France (Teilhard de Chardin)

  • YANG Liping 杨丽萍

    Yang Liping

    Quelle drôle d’aventure, la vie !
    La première fois, j’allais à reculons voir sa chorégraphie "Dynamic Yunnan".
    Tout grognon, soupirant d’ennui.
    Divine surprise ! Rarement ai je été autant bousculé dans ma vie !
    Le rideau tombant, j’applaudissais à tout rompre l’épopée des 26 tribus du Yunnan.
    Le lendemain, reprenant mes quartiers dans la même salle de spectacle, je l’applaudissais plus encore
    Ce soir là, je me faufilais dans les coulisses.
    Je la retrouvais méditant devant un the Jasmin.
    - Puis je vous connaitre ? Demandais-je dans un sursaut.
    - Serait ce trop tôt ou trop tard ? Je n’ai plus l’âge à me faire fêter mais j’ai l’âge de comprendre.
    Je lui ai dit tout ce que je savais sur les entrailles du Yunnan, un bataillon de mots.
    - Le brouillard est parfois intense à Xishuangbanna, l’on ne voit pas l’on devine seulement.

  • Jane Zhang

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    Lorsque je l’ai vue chanter pour la première fois Huà Xīn (畫心; Painted Heart) musique tirée du film Painted Skin (畫皮), j’ai été saisi par le timbre de sa voix s’en allant vers de belles hauteurs.
    Lorsque je l’ai revue envelopper sur des notes longues la fresque musicale de Kitaro "Impressions Of The West Lake", je l’ai admirée, applaudissant à tout rompre, lançant sans compter des « Bravo ! ».
    Tout comme je me laissais alors surprendre par son regard où se mêlent tristesse et mélancolie.
    Sans doute Jade portera-t-elle longtemps sur son visage la douleur du divorce chahuté de ses parents alors qu’elle avait tout juste 13 ans.
    Peut être est-ce cette souffrance la raison d’une force inébranlable qui lui a fait gravir tous les échelons : première place dans la compétition vocale la plus courue en Chine devant plus de 400 millions de téléspectateurs (super girl), devenant l’invitée vedette du Oprah Winfrey" talk show, côtoyant même les Pink floyd.
    Dieu sait où les vents l’emporteront !

  • Yang Likun

    Yang Likun

    Danseuse et chanteuse, en son temps, on la surnommait la Judy Garland chinoise.
    Membre de l’ethnie Yi, elle est la neuvième d’une fratrie de onze enfants, ce qui lui vaut le surnom de "Xiaojiuer".
    Elle a joué dans de deux célèbres comédies musicales avant d’être totalement détruite par la révolution culturelle.
    Laminée à tel point qu’elle ne reviendra plus jamais sur scène.
    Pour ces deux raisons, je l’adore plus que tout – son talent comme son courage – et je me rends souvent sur sa tombe à Shanghai.

  • Yang Lan

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    Un tantinet taquine, chahutant surtout les hommes, Yang Lan se vante d’être la Oprah Winfrey chinoise.
    Bill Clinton et Henry Kissinger en ont fait les frais ne sachant plus comment répondre.
    Lorsque je l’ai aperçue pour la première fois bataillant l’argument, je l’ai trouvé séduisante mais aussi franchement autoritaire.
    Elle s’en est expliquée en m’assurant que pour réaliser ses ambitions, il lui fallait une poigne masculine.
    La voilà donc une décennie après, Présidente de la société Sun Television Cybernetworks établie à Shanghai et l’une des femmes les plus riches de Chine.
    Son rêve étant accompli, je l’ai de nouveau interrogée.
    - Me voilà mieux, je suis redevenue entièrement femme !

  • Shirley Wong

    Shirley Wong

    Lorsque je me suis rendu dans sa galerie à Guangzhou, j’ai tout de suite admiré l’œuvre de Shirley Wong, peintre et femme de lettre.
    C’est elle qui m’a fait connaître de nombreux auteurs chinois avec toujours ce même conseil : « Laisse toi porter une nuit durant par le silence des mots »

  • Yan Fengying

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    Elle est remarquable dans l’opéra de Huangmei, d’une beauté captivante.
    Je l’ai adorée dans le chef d’œuvre "The Cowherd and The Girl Weaver" où elle suspend sa voix presque vers l’infini.
    Elle est morte lorsque la vie tout juste s’emballe, à 38 ans, le plus bel âge pour une femme.

  • Jiang Qing 江青

    Jiang Qing

    Je suis sans doute le seul homme sur la planète à être tombé amoureux de celle qui fut la quatrième et dernière épouse de Mao Zedong.
    Femme de caractère, longtemps détestée en Chine, aujourd’hui presque totalement oubliée, je me lui laissé emporté dans mes rêves par une photo d’elle s’en allant tout juste dans sa vingtième année.
    - Comment peut on aimer un monstre ? demande un ami.
    - En arrêtant sine die le fil des années !
    Nous voilà en 1934, cette belle fleur croisant mon chemin, je l’aurais alors conviée à une bien meilleure partition que celle qui la conduite dans l’arène détestable du pouvoir et d'un prince rouge légendaire.

  • Gu Kailai

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    En 2000, un ami m’appelle, la voix fiévreuse.
    - je sais qu’elle est la Jackie Kennedy Chinoise !
    Il s’épuise alors dans une salve d'épithètes tout à l’honneur de Gu Kailai.
    Puis il me convie à Dalian.
    Je suis aussitôt ébloui par une silhouette gracieuse, le tailleur moulant, un foulard de soie glissant légèrement sur la nuque.
    Une gestuelle sobre, jamais de mouvements brusques, une sorte de discipline.
    Une belle dame que j’aurais plutôt dénommé la future Madame Tchang Kaï-Chek.
    Patatras !
    Le goût du pouvoir est une chose inique.
    En 2012, Gu Kailai est condamnée à mort avec une peine suspensive pour avoir fait assassiné un anglais.
    Figée, sans réaction, au Tribunal, elle est alors insensible à son sort, la mort ayant peut être déjà pris pleinement possession de son âme.
    Cependant, dans la déchéance, elle est toujours belle et élégante.
    Un irrésistible parfum de Jackie et de Sòng Měilíng.

  • Lou Jing

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    « Je suis chinoise », s’exclame Lóu Jìng.
    « De toute mon âme », ajoute-t-elle, la voix légèrement chahutée par l’émotion.
    Shanghaienne, Lóu Jìng fait souche sur Terre voici une vingtaine d’année, le visage empreint des belles couleurs de son père, homme noir d’Amérique et de sa mère, chinoise.
    En 2009, participant à une émission de variété, Lóu Jìng devient brutalement célèbre.
    De nombreuses voix s’étonnent alors que ce beau visage puisse être chinois, arrimé à une civilisation cinq fois millénaires.
    Vaguent des mots peu élégants.
    Du bruit venant souvent des mâles, la tête envahi par leurs démons.
    Au lieu de batailler contre l’absurde, Lóu Jìng rétorque simplement :
    "J’ai été élevée en Chine".
    Originaires du Henan ou de l’Anhui, ses amis s’appellent Li, Liu, Wang, Yang et Zhang, Lin.
    « Je remercie mes parents de m’avoir donné la vie. » ajoute-t-elle, son visage composant avec un beau sourire.
    L’on songe en silence a l’avenir.
    Dans quarante ou cinquante ans, son fils ou sa fille deviendra peut être le porte drapeau, la figure de la Chine d’alors
    Homme ou femme de ce monde.

  • Wǔ Zétiān

    Zu Weitan

    Malgré les critiques des historiens confucianistes, cette concubine a porté haut vers la lumière le flambeau de sa propre dynastie Zhou, seule impératrice de toute l'histoire de Chine.
    Avec des sourcils arqués comme des antennes de papillon, elle était autoritaire, cruelle en ses heures.
    Surtout une féministe avant l’heure bousculant des hordes d’homme, l’empereur Gaozong et sa troupe.

  • Mián Mián 棉棉

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    Dure a été la lecture des Bonbons chinois où Mián Mián raconte l’univers glauque de la drogue et du besoin frénétique du sexe de la jeunesse underground de Pékin.
    Je suis parfois aveugle, loin de penser que la jeunesse chinoise puisse être à ce point sur la dérive, voguant vers la déchéance.
    La raideur des romans Mián Mián détonne dans univers littéraire chinois plutôt lisse, glissant doucement.
    D’ailleurs, la plupart sont censurés.
    Du coup, je l’ai interrogée.
    « Mes romans me permettent de survivre dans un monde de brutes, dans cette Chine dont on parle de la puissance restaurée mais qui n’est qu’un amalgame d’intérêts individuels, une machine où l’homme compte à peine.
    Alors dans ces conditions, comment survivre ?
    Se perdre dans la drogue et le sexe ?
    Ou se perdre dans l’écriture. »

  • Lin Jing

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    Sylvie Lin Jing, son monde entre cinq paradoxes.
    Femme lettrée, dotée d’une forte sensibilité, elle nourrit l’espoir d’une existence banale et confortable, à l’ombre d’un mari quelconque, une vie sans âme.
    L’esprit romantique, souvent la larme à l’œil, elle s’abime dans de sombres colères sans issue.
    Femme d’une impeccable honnêteté, se gonflant parfois de mots à l’emporte pièce, elle pousse trop loin ses choix radicaux.
    Le verbe talentueux, elle refuse de s’en saisir, écrit peu ou rien, sommeillant plutôt à l'ombre des grands écrivains.
    Comblé par l'anonymat, elle ne veut pas entendre parler d'elle, s'aimant peut être trop peu pour être la plus belle.
    L’âge venant, tout cela confondu, disséqué et broyé, donne un merveilleux roman, "Meredith, my Uncreated 2050 Chinese girl".

  • Rebecca Xu

    Femme de Chine

    Originaire de Guangzhou, Rebecca conduit les destinées en d’une marque célèbre de vins espagnols en Chine. Oenologue renommée, c’est elle qui m’a appris comment gouter dignement un breuvage.

  • Hirondelle

    Hirondelle

    Elle s’appelle yàn (hirondelle), elle chante merveilleusement le répertoire de ma bien aimée Deng Lijun.

  • L’opinion d’un Mexicain sur Tianjin

    Tianjin est une ville géante et moderne traversée par d'immenses avenues.
    Ici, toutes les distances sont démesurées.
    La sortie des bureaux est un spectacle étourdissant.
    Des millions de vélo et de voitures déboulent de partout, n'importe comment, sans la moindre règle !
    L'on évolue à contresens.
    De la droite l'on passe à gauche et l'inverse
    Tout semble permis.
    Croyez-moi, j'ai failli mourir cent fois mais heureusement la vierge Guadalupe me protège, moi le natif de Colima !
    L'on dit ici que les chinois conduisent comme ils mènent des affaires : à la moindre interstice, ils s'engagent.
    Qu'importe les dangers !
    A Tianjin, j'ai respiré a pleins poumons des odeurs variées de souffre, d'oxyde d'azote, de chlore, de mélange composite d'acide (la pollution a Mexico, c'est de la blague!).
    Les Chinois ne semblent manifester aucun intérêt pour les questions écologiques.
    Ils ont peut-être raison, la guerre économique est à ce prix ! Dans l'urgence, je me suis acheté un cache visage FPP3!
    J'ai l'impression d'être le seul “moreno”(bronzé) de la ville. Bizarrement, les chinois ne me dévisagent pas.
    Rien, pas le moindre regard.
    Même les filles ne s'y osent pas. Dommage !
    A Tianjin, pratiquement personne ne parle anglais.
    Je suis donc obligé de baragouiner quelques mots mais personne ne me comprend.
    A partir de demain, une étudiante va me donner des cours de langue.
    En échange, je vais lui préparer un Pozole, en égrenant le refrain de « la historia de un amor », style los Panchos.
    Les Chinois sont d'une impolitesse incroyable. Mais ils n'agissent jamais par méchanceté.
    Chacun doit trouver sa place dans cette pétaudière.
    Aussi, il ne faut pas craindre les bousculades, les débordements ! L'on se rue ici comme on peut !
    Les Tianjoinois sont plutôt gais et cordiaux. Ils n'ont pas l'air malheureux, plutôt débordants de vie.
    Tianjin est une ville sure.
    Très peu de policier, des voitures que l'on ne ferme pas, aucune porte close.
    Que c'est agréable !
    Mais demain je retourne à México, je suis déjà sur les nerfs !
    Pépé Gomez de Uriarte, 3 décembre 2009

  • Les chinois et le racisme en France

    Comme les autres asiatiques, les chinois répugnent à descendre dans l’arène.
    Discrets, profil bas, ils font rarement entendre leurs voix.
    De surcroît, ils protestent peu contre les discours ambiants hostiles à la Chine.
    Quand ils s’affirment, ils agissent doucement, à mots comptés.
    Ils rapportent alors leur opinion sans chercher nécessairement à réajuster celle de l’autre.
    Nullement n’ont-ils à souhait d’en découdre.
    Nullement s’emportent-ils gratuitement.
    Aucun mot en trop, de mot inutile.
    Depuis plusieurs années, à Paris, le chinois est la cible désignée des voleurs dont beaucoup opèrent avec une rare violence. Supposé nanti en argent liquide, il serait un morceau de choix. Le chinois, l’argent.
    Donc une race et son prétendu attribut.
    L’année dernière, les chinois s’étaient émus de cette situation, exigeant plus sécurité.
    Une année s’est écoulée sans progrès, culminant avec la mise en coma de l’un des leurs.
    Déçus par l’absence de réponse des pouvoirs publics, ils ont repris le chemin de la rue en se drapant de l’étendard français et en scandant les principes de la République.
    Ils s’y sont prêtés courageusement en prenant le risque de s’attirer les foudres de l’Ambassade de Chine.
    Fort active, celle-ci ne goute guère aux manifestations publiques de ses membres.
    Qu’importe !
    Les chinois de Paris ont fait confiance à la liberté de s’exprimer qu’ils ont acquise en France. Sans déraper. Nullement n’ont-il placé ce rendez vous sous l’angle d’une confrontation communautaire alors que leurs agresseurs n’en font pas mystère. Nullement n’ont-ils blâmé la France.
    Pourtant, lors de ce défilé, ils étaient bien seuls. Entre eux presque uniquement. De-ci delà, des amis, quelques conjoints. Peu de solidarité comme si cette cause ne pouvait suggérer l’émotion.
    Aucune association anti raciste, aucune figure politique ne s’était jointe.
    Le peu d’enthousiasme à les soutenir ne suggère-t-il pas l’existence de discours ambivalents ?
    D’associations antiracistes justifiant ainsi leur existence mais indisponible dès lors que le fait rapporté pourrait gêner aux entournures une autre communauté, celle-là plus turbulente sur la place publique.
    Est-il possible de tolérer pour les uns ce que l’on envisage pas pour les autres ?
    De politiciens se donnant bonne conscience, tantôt se voilant la face, tantôt agissant, comme pour mieux s’exonérer de l’obligation de s’investir réellement sur le sujet, indistinctement de la race, loin des convenances.
    De politiciens encore qui sous prétexte de lutte contre la mondialisation accable la Chine de tous les maux alors que ce pays fut-il important participe comme d’autres à la relève de l’Occident : l’Inde, le Brésil, le Vietnam, les pays du golfe, l’Afrique du Sud et beaucoup d’autres.
    Bien plus que la moitié de l’humanité !
    Quel est donc cet étrange dessein consistant à faire du chinois l’unique bouc émissaire ?
    Ceux là mêmes qui s’y emploient, n’ont-il pas en mémoire d’affreux souvenirs ?
    Ceux là mêmes ne sont-ils pas devenus les meilleurs alliés de voyous racistes qui sévissent, le plus souvent impunis ?
    D’un politicien enfin qui s’étourdissant dans des formules vante un axe black blanc beur contre les chinois.
    De ce drôle d’artifice à géométrie variable, il se pourrait bien que l’anti-racisme souffre d’un manque d’harmonie en France.
    François de la Chevalerie (Tianjin) et Jing-Chao Zhao-Emonet (Paris)
    Juillet 2011

  • La question des visas entre la France et la Chine de François de la Chevalerie (Le Journal le Monde 04.08.2010)

    Longtemps, la France était la destination rêvée des chinois. Telle une exigence, chacun se devait un jour de visiter ce pays ami. Comme s’y accomplirent, au temps de leur jeunesse, Zhou Enlai et Deng Xiao Ping. Depuis que la France a été le premier pays occidental à reconnaître la Chine populaire, une amitié sincère liait les deux pays. Presque une histoire sentimentale comme s’en amusent les chinois en qualifiant les français de romantique. Ce mot léger recouvrait une réalité. D’emblée, les chinois aimaient la France.
    Déjà l’épisode de la présence française aux jeux olympiques avait sonné le glas d’un compagnonnage. Depuis, la mauvaise humeur persiste.
    Le souhait de tout chinois étant de se rendre en France, les restrictions apportées à l’octroi des visas bousculent les meilleures volontés. Sans doute doit-on traquer les clandestins mais ce choix nourrit inévitablement la suspicion. Avant de fouler la France, chacun doit montrer patte blanche. Des lors beaucoup se rendent aux consulats, la peur au ventre. Ce sentiment existe ailleurs mais en Chine il se double d’une honte, d’une défaite. Qui plus est, l’accueil parfois mitigé réservé dans les aéroports français aux Chinois conforte ce trouble. Selon que la silhouette dérange, certains sont questionnés. Bientôt soupçonnés.
    S’ajoute une rumeur, la France serait un pays dangereux. Du Shanxi au Hunan, des images circulent, des compatriotes s’y feraient détroussés. Méconnaissant la langue, habitués à vivre dans un pays où le vol est rare, ils sont des proies faciles. Se croyant en confiance, ils arpentent les rues, l’âme légère. Les méfaits dont ils sont l’objet chahutent désormais ce sentiment. Telle est l’opinion des franco chinois de Belleville, victimes d’une délinquance à caractère ethnique. Jugeant leur dynamisme commercial par trop voyant, les édiles parisiens ont souvent prêté une attention distraite à ce problème. Les exactions s’aggravant, les chinois sont descendus dans l’arène. Tel un signe de désespoir pour une communauté discrète, peu rebelle.
    L’image de la France se brouille plus encore avec l’apparition de discours hostiles. Selon certains, la Chine ne jouerait pas le jeu. Sans foi ni loi, ce pays étranglerait l’économie mondiale. Bientôt, responsable de tous les maux ! Certes l’émergence de la Chine perturbe mais les vrais responsables ne sont-ils pas à rechercher ailleurs ? Au nombre, des grandes entreprises avides de rentabilité, délocalisant a tout va ; des politiques privilégiant le maintien du pouvoir au prix d’importations à bas coûts ; un recours massif à l’endettement pour tenir dans les cordes.
    Mauvaise conseillère, la mauvaise humeur se propage en Chine. Déjà sourcilleux, son nationalisme économique n’est plus toujours bienveillant. Comme en témoignent des mesures récentes discriminant les entreprises étrangères, donc l’étranger. S’ajoute un semblable raidissement dans l’octroi des visas. Oeil pour œil, dent pour dent ! Triste musique !
    S’installe une ambiance délétère. L’amitié se meut en un doute. Après tout, peut être est il normal que le couple franco chinois s’affranchisse d’une relation particulière, chaque pays se recroquevillant derrière ses seuls intérêts ? Peut être est-ce logique que la France épouse la position du camp occidental et la Chine, celle d’un militantisme nationaliste ? Seulement voila, poussée a l’extrême, cette approche est dangereuse. L’on ne sait jamais quand s’arrête le chacun pour soi ! Plutôt que cette pale perspective, mieux vaut s’employer à restaurer cette confiance. Sans fausse naïveté, sans compromission, sans interdit mais en jouant d’une singularité, celle de deux pays amis, soucieux de construire ensemble.

  • Vivre à Tianjin

Tianjin blast

Posté par ITgium le 23 août 2015

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Tianjin explosion

News from the Tianjin blast ( from Junma )

13 of august 2015

My office is located at 11 km from the blast epicenter that happened in the Binhai New Area (滨海新区) apparently in the Tianjin port area.

As far as I know, the company that Tianjin Dongjiang Port Rui Hai International Logistics Co. Ltd – where the explosion have taken place – host dangerous chemical material as the ones able to produce such a mushroom cloud.

To measure its impact, It is important to realize that the fireball was three hundred meters above the nearby forty floors building.

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Tianjin Binhai

A friend told me a couple of time ago that nuclear waste were channeled nearby the port.

At the moment, soldiers equipped for nuclear, chemical and biological hazards have been dispatched in the area.

I do think that one of the structural causes of the disaster is the corruption.

Homes were built close to the site while the Chinese regulations prohibit them within one kilometer of warehouses. So the first homes were within 600 meters from the warehouses containing chemicals, including 700 tons of cyanide sodium.

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Tianjin, death city…

Tianjin, the disaster is even greater that we could imagine.

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NaCN

Sodium cyanide, the most rapidly acting of all known poisons, has deteriorated the Tianjin’ sky already very polluted and vulnerable.

The local authorities have admitted that the NaCN level exceeds 300 times the standard norms.

The million tons of dead fish found in the Bohai Sea (渤海) stated that the whole local food chain is severely – entirely – affected.

Apart from the financial and economic consequences, this is why it is to be feared that damaging consequences will shortly affect the inhabitants.

The local authorities have been unresponsive to challenge the situation.

They should have cleared the area of people, at least 1 or 2 millions of persons.

This is the height of hypocrisy.

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Tianjin protest

As usual, the wealthy and the local government dignitaries have left the area.

Long before the disaster struck, because of the Tianjin recurrent pollution, some have already taken the initiative by sending their kids to foreign countries or elsewhere.

Only the poorest remain there.

Undoubtedly, in these times, China performs badly.

“There are three things in the world that deserve no mercy, hypocrisy, fraud, and tyranny” (Frederick William Robertson)

Junma from Tianjin

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Jacques Revaux, la chanson française en Chine

Posté par ITgium le 16 mars 2015

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Université de Nankai

Etude à l’Université de Nankai (南开大学) à Tianjin de la Chanson « My way » (Wǒ de lù 我的路) composée par Jacques Revaux et Claude Francois

Le récit de jùn mǎ 俊 马 故事 (François de la Chevalerie)

Au département de musicologie de l’Université de Nankai (南开大学) à Tianjin, toutes les audaces sont possibles toutes les fois qu’elles ne débordent sur le champ du débat politique.

Silence dans les rangs, l’on s’osera seulement à évoquer une matière brute, tout ce qui ne nuit pas à l’harmonie du peuple chinois (hé shēng 和声).

Aujourd’hui, le thème du jour semble improbable.

L’étude d’une chanson occidentale. Jamais auparavant, une telle initiative n’avait été lancée.

J’en suis peu ou prou le responsable, ayant suggéré l’idée au Président de séance, Mao Dun (茅盾).

Soyez rassuré ! Nullement est-il de la même ligne que le timonier bien connu.

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My way

Professeur émérite à l’Académie, plutôt que les harangues, il manie avec aisance le gǔqín (古琴) et le gǔzhēng (古筝 ), des instruments de la famille des cithares sur table.

Comme ce dernier me demandait un jour si je connaissais une chanson d’un Laowai[1] (老外) valant le détour, pris par surprise, je bafouillais. 

Je cherchais alors dans les astres quelque refrain ayant émaillé ma jeunesse. Peine perdue, nul titre ne revenait à mon esprit lorsque je me suis souvenu d’une rencontre dans un hôtel Parisien.

J’avais été reçu par Jacques Revau dont je ne sais toujours pas si son nom s’achève par un (x) ou par un (d). Les avis divergent à cet égard, le premier serait son nom de scène, le second son nom de ville. 

Faisons avec le second !

Jacques Revaux Jacques Revaux est un personnage tout en couleur à la gestuelle alerte.

Le verbe bien nourri, il est de toutes les réflexions, s’emballe autant contre le convenu.

Il est surtout un compositeur talentueux. Au compteur, on lui prête deux mille chansons dont beaucoup gavent, la nuit tombée, les cœurs esseulés. 

J’ai donc vendu « my way » au Président Mao.

- Quelle imprudence !  Seulement les héros font leur chemin ! Cet homme est-il de la race des héros ?

J’ai alors botté en touche en précisant que le titre original de la chanson était « Comme d’habitude » (zhào cháng 照常).

- C’est moins prétentieux, vous savez, nous les chinois, nous n’aimons pas nous mettre en avant et moins encore lorsque la mort guette.

- Cet homme est-il bien disposé avec la Chine ? demande-t-il.

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Le Président Mao

Où m’étais je aventuré ? Que sais je de la vie de Jacques Revaux ? Quelques notes tout au plus ! Aussi loin que je me souvienne, je ne crois pas qu’il ait jamais été le compagnon de route de Richard Gere, l’indéfectible soutien du Dalai Lama. Nullement son avocat, Édouard Campbell, m’a-t-il autant fait part de combats de rue, de clameurs. « Il est propre » me suis je dit, nullement dans la ronde. Je l’inventorie plutôt comme un ménestrel, un troubadour. Tout à cette assurance, j’ai lâché l’heureuse bénédiction :

- C’est un artiste !

- De quel signe est-il ? demande-t-il encore.

- Un dragon, cet homme ! (lóng 龙)

- La Dragon est un être doté d’un fort pouvoir de séduction. On l’aime au premier abord. On aime sa sincérité, ce goût de l’autre. Son caractère n’en est pas moins solide. Nullement se laisse-t-il abattre. Quand il sent poindre une ombre indélicate, il se meut davantage, pousse l’avantage. De là, une dominante, le yang. Bien souvent, au hasard des chemins, la chance lui sourit. Il sait la transformer en matière, en richesse. Cependant, une larme au tableau. Il n’est jamais vraiment satisfait. Mille vies ne lui suffiraient pas pour être entièrement heureux.

- Je vois un refus...

- Non ! Je vous fais confiance, Junma, mais sachez que celle-ci n’est jamais entièrement donnée à un homme car autant qu’une femme, il est de nature variable.

Le Président Mao en a aussitôt référé au conseil d’administration de l’Académie de Musique lequel s’est réuni en conclave.

Selon les échos que j’ai recueillis, le débat a été intense, presque houleux. D’un côté, les partisans de l’ouverture ; de l’autre, des traditionalistes un brin nationalistes, chacun campant sur des positions de principe.

Du coup, la chanson a été disséquée, mot par mot.

Longtemps les caciques cherchèrent le venin, la note contre révolutionnaire, le rythme décadent, le slogan subliminal et même en filigrane, l’inacceptable, l’arrogance occidentale.

Finalement, les frondeurs abaissèrent leur tir. Tout de même, ils imposèrent au Président Mao de tenir rigoureusement son assemblée. « Ne laissez pas des ondes malveillantes s’engouffrer ! » lui recommanda-t-on.

Tout n’est pas bon à dire à minuit encore moins en Chine populaire.

Jacques Revaux, la chanson française en Chine dans Chanson francaise en chine my-way-frank-sinatra-300x259

My way frank sinatra

Vient le jour du débat. 

Dans un hémicycle de l’université de Nankai (南开大学), je prends place parmi un public composé de professeurs, des retraités et d’étudiants.

Seul étranger, je joue de discrétion, siégeant dans un coin d’ombre.

- Cette chanson a fait le tour du monde plus de cent mille fois, lance le Président Mao. Plus encore, elle poursuivra sa route aussi longtemps que la Terre existe.

Aussitôt, le Président actionne son ordinateur.

Le gangster d’Hoboken est de service. Une voix pure, tombant du ciel, un ensemble de cordes parfaites, Franck Sinatra (法蘭·仙納杜拉) s’impose.

Suit Elvis Presley (埃爾維斯·皮禮士利) dont on sent les souffrances, une vie se terminant à Aloha dans l’île de Hawaii. Le salut de l’artiste avant le grand départ.

Vient Nina Simone, rythme plus cadencé, gonflé de calypso, bientôt des pas de danse.

Six fois, « my way » retentira dans la salle avant que le Président Mao reprenne la parole.

- Cette fois, je pense que votre cerveau la fait sienne, du moins, pour l’heure qui suit. Première question qui me vient à l’esprit : comment nait une chanson ? Je laisse aux bons soins du Professeur Zhāng Bào (张宝) d’en décrire le processus.

Ce dernier est l’archiviste de l’Académie. L’allure martiale, il ne se départ jamais de son sérieux, toujours là pour pointer la difficulté de l’existence. D’ailleurs…

- Toute chanson nait dans la douleur, commence-t-il d’une voix grave. Vous cherchez longtemps la rime miraculeuse et vous ne trouvez rien. Vous vous enfermez dans un studio, jonglant avec les meilleurs équipements, ferraillant avec des musiciens de talent, malheureusement l’enlisement guette. Vous travaillez les cordes, vous faites vibrer les voix, s’annonce un plongeon dans le néant. Vous composez deux notes toutes aussi plates. Deux autres, autant lourdes. Trois autres, sans allant. Vous reprenez tout depuis le début, méthodiquement et méticuleusement, vous vous étouffez vous même. Le calvaire du musicien, sa page blanche. Qu’ai je fait au monde pour mériter une telle déconvenue ? se demande-t-il.

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Jacques Revaux et Claude Francois

- Faisons violence au destin ! Jacques Revaux décide de profiter de l’heureux soleil qui comble l’été de l’année 1967, reprend le professeur Mao. Le voilà, les pieds chatouillant une piscine dans un jardin bien fleuri. A ses côtés, un chanteur de variété connu sous ces latitudes, Claude Francois.

Décidément, rien n’appelle au travail.

« Je n’étais pas très fier quand je m’étais installé sur la pelouse le long du bassin miroitant » précise-t-il dans son livre.

Plutôt que de s’embourber à la recherche de compositions introuvables, mieux vaut prendre du bon temps, respirer le bon air. Juste contempler.

Les deux hommes s’émerveillent à la vue d’un Paon-du-jour.

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Paon du Jour

Ses ocelles vifs sur un fond vermeil l’imposent à l’horizon. Le papillon butine des pissenlits, puis des marjolaines. Suit un coup de vent, il s’ébroue dans les airs, caresse des arbres. Le voilà survolant la piscine. Tel un appel.

Au moulin de Dannemois, l’humeur est heureuse.

Jacques joue à la guitare la chanson.

Nos deux hommes se consultent du regard en silence.

Revient le papillon dans le sillage. Il semble encore plus coloré qu’il ne paraissait au premier abord. Bientôt audacieux, il voltige autour d’eux.

Jacques reprend la guitare, poursuit dans les gammes. Les sons s’étoffent, gagnent en épaisseur. Cette fois, l’irrévocable s’annonce. La musique a belle allure.

S’en félicitant, les deux compères plongent dans la piscine.

La genèse de « my way » est née d’une apparente paresse, commente le Président. Surpris par la présence du papillon, les deux hommes se laissent naturellement porter par leur élan.

Si quelqu’un les avait observés par le trou de la serrure du temps, il les aurait pris pour une bande de doux rêveurs.

L’heureux coup de folie a porté !

Quelques mois après, la chanson bruit sur les ondes.

Le Président Mao raconte alors l’épopée.

Des voix la portent aux quatre coins du monde jusque dans les contreforts des Appalaches, dans l’ile de Guam, sur la base de Danang au Vietnam, à Acapulco, à Tampico, à Cuzco.

Chez nous encore, au pied de la montage sacrée de Héng Shān dans la province du Hunan, elle inspire un jeune couple tout occupé à tracer le chemin de la vie.

Une jeune femme se lève dans l’hémicycle.

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Le livre de Jacques Revaux

- Cette chanson s’offre tel un élixir, dit-elle. Elle vous protège contre les mauvaises migraines. Vous vous enveloppez dedans et alors vous vous sentez bien mieux.

- Les paroles se glissent merveilleusement dans la musique. L’un accompagne l’autre sans effort, poursuit un étudiant.

- Monsieur Junma, qu’en dit l’homme que vous connaissez ?

- Il s’émeut que son pays propre pays ne le reconnaisse pas à sa juste mesure. Il s’en répand jusque dans son pays natal à Azay sur Cher. Jusqu’en Chine. 

- les « fous visionnaires » ont souvent raison avant tout le monde, interrompt le Président Mao. C’est pour cela que le chemin de la Victoire est semé d’embûche. Lorsque celle-ci éclate au grand jour, ils ne doivent jamais se faire d’illusion. Ils trouveront toujours des voix pour railler leur entreprise. On le sait depuis toujours, les couronnes ne valent rien, seule compte l’idée que l’homme se fait du monde. Une chanson est une arme redoutable. Elle s’impose. Il s’impose. Et, pour le reste, que l’artiste se prenne pour un papillon, comme Zhuāng Zǐ (莊子), ainsi il survolera le monde, heureux, s’en allant de cap en cap.

Vient le mot de la fin.

- Ce Laowai[1] à la couleur de chèvre a fait oeuvre utile ! Fermons le ban !


[1] Le mot chinois désignant les étrangers

Note : Le livre de Jacques Revaux « Ils ont tous chanté mes chansons » a été publié aux Editions Ramsay (2014)

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De Tianjin à Paris, Antoine Aoun, l’homme en 3 D*

Posté par ITgium le 28 février 2015

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Antoine Aoun

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Dans les années 60, Beyrouth se dénommait la perle de l‘Orient.

A cette époque, la ville était en plein essor. Rien ne lui résistait.

Tout souriait alors une jeunesse moderne et résolument optimiste.

Le soir venu, le long de la Corniche, les jeunes s’exerçaient à des danses acrobatiques sous des rythmes échevelés.

Dans le nombre, un jeune homme, Antoine Aoun.

Galvanisé par le tonique refrain de la truculente Gloria Gaynor, le cœur haletant, il soumet son corps à d’invraisemblables contorsions. Tantôt se pliant, tantôt glissant sur lui même, il joue de souplesse, il bouillonne d’énergie.

Tel un signe destin.

« Les lendemains de fête ne sont jamais heureux » se lamente le poète Jad Hatem.

Beyrouth

Beyrouth en larmes

Bientôt sonne le glas sonne à la porte du bonheur.

Naguère bénie des Dieux, Beyrouth le laisse prendre aux pièges de rivalités anciennes. Soumise autant à des pressions extérieures, la ville s’enflamme.

Bientôt les balles sifflent, claquent contre les murs.

Une odeur de souffre.

Une odeur de mort, celle de jeunes gens, fauchés sur le théâtre de l’absurde.

Comme le rapporte Antoine : “Ce genre de guerre prospère grâce à l’engagement de jeunes adolescents ignorant la peur et plongés dans l’idéologie du système”.

Est ce pour leur faire payer le prix de leur étincelante vigueur qu’ils sont toujours et sous toute latitude les premières victimes des conflits ?

La jeunesse s’offre comme un moment d’insouciance toutes les fois qu’elle ne s’abuse pas dans des combats qui lui sont imposés.

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Sniper dans la mêlée de la vie

Vient le tour d’Antoine.

La mort violente surgit souvent dans la rencontre entre deux hommes, telle une fraternité dans l’horreur.

L’un dans l’ombre, l’autre à vue.

Au hasard des chemins, un tireur embusqué fait mouche.

Une balle froisse la colonne vertébrale d’Antoine. La dorsale s’affaisse.

« Tout sauf mes yeux ! », murmure ce dernier en rampant à terre.

Dans ce cri, de l’espoir.

Nullement vaincu, Antoine a défié la mort.

De Tianjin à Paris, Antoine Aoun, l’homme en 3 D*   dans Les hommes de Tianjin roosevelt-fdr-wheelchair

Roosevelt dans sa wheelchair

Malgré la douleur, il rassemble alors toutes ses forces pour faire mentir l’intolérable verdict, celui de ne plus pouvoir remarcher.

Il poursuit sa rééducation sans relâche, multipliant les efforts pour se tenir droit.

Longtemps, il refuse la réalité jusqu’au jour où son ergothérapeute nomme son destin.

Glisse de ses lèvres, l’effrayante sentence : “je suis un handicapé ».

La tentation est alors grande de s’emporter contre Dieu, contre toutes ces fables qui assujettiraient l’homme à la souffrance.

“Pourquoi accuser Dieu ? corrige un prêtre. L’ignorons nous ? C’est nous qui avons créé les armes !”

Suit l’inévitable dépression, ce désir de mourir une nouvelle fois. “De toutes les débâcles, celle de l’âme est la pire » convient le philosophe Ibrahim Al-Yazigi.

Sonne alors le refrain de Gloria, cet élixir de vie. « J’ai survécu à la misère, je survivrai toujours ! »

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Frida Khalo

Se nourrissant de ses paroles, Antoine reprend le combat mais cette fois à armes égales.

Tel Frida Khalo, il boude le sort, se joue de lui, moque la fatalité.

Tel Franklin Delano Roosevelt, au lieu de subir le destin, il se donne un destin.

Aucune dimension ne lui échappe alors ! La vie d’Antoine préfigure la théorie des cordes, cette idée selon laquelle la réalité de l’univers se noue autour de 26 dimensions.

Trois lui suffiront pour s’affranchir de la terrible épreuve.

Antoine en sortira grandi, plus fort que jamais.

Un être humain dans toute sa splendeur que rien ne fera jamais descendre dans le rang des meurtris.

Le voilà maintenant en France. Doté d’une énergie rare, il crée son entreprise, compose et recompose une famille. Coach d’entreprise, Il brusque encore des cadres embourgeoisés, empâtés et tirant la langue.

Il avance si vite que certains flanchent en chemin.

Antoine file à cent à l’heure, croque la vie.

Inlassablement en mouvement, il se donne des ailes. Le voilà dans les airs.

Plus tard, courant le monde, en tandem tétraplégique.

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Antoine Aoun

D’Est en Ouest, il traverse la France, les Etats Unis, l’Australie.

Bientôt, depuis Tianjin, il reprendra la route de la soie, sillonnant la Chine, l’Asie mineure.

Aux chinois qu’il croisera sur sa route, il leur dira peut-être : “ Ne vous enlisez pas trop dans un excès de matérialisme, ne surjouez pas l’apparence, pensez plutôt à l’incroyable chance de disposer d’un corps entier, muscles et os sans fêlure. Donnez lui tout le bonheur que la vie peut lui procurer. Et si vous le pouvez encore, montrez l’exemple. »

Et, le soir venu, fort d’une vie bien remplie, l’exemplaire Antoine Aoun murmure ce mot de Pablo Neruda :

« Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap lorsqu’il est malheureux au travail ou en amour. »

Son crédo.

*  “Ma vie en 3 D – Désir, discipline détermination » Antoine Aoun, Editions Elzévir

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Des ponts français en Chine : la belle aventure, l’histoire de Marc Mimram court sur dix ans.

Posté par ITgium le 2 décembre 2014

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Le pont Feng Hua, Tianjin

Le récit de jùn mǎ (俊 马)

Une rencontre

Depuis 2004, sous le ciel de Chine, Marc Mimram irrigue inlassablement le territoire.

Comme point de départ, une rencontre.

D’un côté, un homme français résolument cartésien mais à l’esprit libre.

De l’autre, une femme chinoise, Christine Liu, jonglant dans les entrelacs d’un guanxi (关系) où tout se négocie, où tout se fait dans le désordre mais sûrement.

Ce compagnonnage improbable né à l’occasion d’un stage.

Au début des années 2000, titulaire d’une bourse dans le cadre du programme présidentiel « architectes et urbanistes chinois en France », Christine Liu s’empare de ce moment pour ouvrir les yeux, récupérer le moindre filon, à l’affût de bonnes idées.

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Le pont de Zhongsheng

L’appel de la Chine

L’esprit inlassablement inventif, Marc Mimram s’alarme que l’on ne puisse plus réaliser en France des ouvrages d’ampleur. Il s’inquiète d’un patrimoine figé que d’aucuns souhaitent immuable. Il s’emporte contre des cahiers des charges par trop contraignants où tout est réglé, posé d’avance, laissant à l’architecte une liberté toute mesurée.

Marc Mimram eut été un homme heureux s’il était entré en affaires dans les années 50. Combien aurait-il aimé chahuter les trente glorieuses, reconstruire le pays !

Malgré tout, au fil des années, l’homme laisse son empreinte. Il est l’auteur de nombreux ouvrages d’art et de projets architecturaux en France. Il excelle, notamment, dans les passerelles.

Cependant, de temps à autres, revient ce rêve, édifier des ponts à tout va, enjamber les flots, rendre accessible l’horizon.

Surtout, faire le pied de nez à une nature qui longtemps a rendu la vie impossible aux hommes !

Durant son stage, Christine Liu, évoque, sa lointaine contrée, nomme le nom de sa ville d’adoption.

«  L’on doit bâtir pour mille ans, dit elle. Nous en sommes au début ! » martèle-t-elle sans s’interrompre, jour après jour.

L’air en apparence distrait, Marc Mimram a entendu le message.

Il regarde le planisphère, glisse son doigt depuis Paris vers la Chine.

Il appelle à la rescousse Christine Liu, lui demande de répéter le nom de cette ville dont elle aurait les faveurs des dirigeants locaux.

- Tianjin, murmure-t-il

- Tianjin, poursuit-il d’une voix plus grave comme s’il mesurait la gravité de l’instant.

Il se retourne alors vers Christine.

- C’est entendu, je ferai le voyage m’en allant à l’écoute, déchiffrant le paysage, auscultant à tout va. Tu l’as bien compris, j’ai mes idées de ponts. Je le ferai savoir !

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Pont de Jingjia Ningbo

Tianjin (天津)

Quelques mois plus tard, notre homme se trouve à Tianjin qu’il se surprend à nommer Tien stin.

- C’est le relent de mes cours d’histoire, dit-il en s’excusant. Je ne ferai plus jamais l’impair. Tien-Tsin, la coloniale, a vécu ! Tianjin porte désormais le flambeau de l’avenir !

Lors de ses premiers pas en Chine, Marc Mimram observe avec étonnement s’agglutiner autour de lui des chinois ressassant respectueusement son nom.

- Que dois je leur dire ? marmonne-t-il. Que je suis un architecte et un ingénieur ? Que le labeur me porte ?

Comme s’ils avaient percé son murmure, ces mêmes chinois se laissent emporter par un rire fraternel.

Vient le repas, un défilé infernal de plats.

Entre deux battements de baguettes, des hommes se lèvent pour saluer l’invité tout comme ils se congratulent entre eux, le verre à la main.

Comme la tablée compte vingt personnes, les gorgées sont innombrables.

En Chine, respecter autrui, c’est vider son verre, c’est le vider vingt fois, cent fois indifféremment de prosaïques problèmes biliaires.

Beaucoup auraient décliné l’invitation, jouant à l’occidental effarouché.

Marc Mimram pousse l’avantage.

- Demain, nous commencerons ! s’exclame-t-il comme Napoléon s’en allant sur le Pont d’Arcole.

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Passerelle Liu Shu à Yangzhou

Ponts de Chine

Dès 2004, la premier pont Marc Mimram occupe l’espace de Tianjin.

Emmené par des arcs discrets, le pont Beng Bu est un ouvrage sobre en apparence mais qui bouscule alors le classicisme des ouvrages réalisés auparavant dans cette ville portuaire.

Suit le pont de Feng-Hua, plus étoffé, plus osé. Il domine volontairement l’espace.

Dans la foulée de la construction de plusieurs ponts à Tianjin, surgit le pont de Ningbo en 2006. Cette fois, l’étiage est tout en hauteur, une percée dans le ciel.

A Paris, Marc rencontre la Mairesse de Yangzhou, Madame Wang Yanwen, une personnalité très en vue. Il joue la séduction. Une semaine après, il se trouve sur les lieux. La passerelle de Yangzhou est déjà dans sa tête.

Dans l’ombre d’une confidence, elle me dira plus tard :

- Je ne pouvais m’imaginer qu’un français fut si réactif. A peine avais-je eu le temps de prendre ma décision qu’il était déjà à l’ouvrage !

Des ponts français en Chine : la belle aventure, l’histoire de Marc Mimram court sur dix ans. dans Ponts à Tianjin po3-1-879x550-300x187

Esquisse de pont

Marc Mimram ne laisse pas atteindre par les valses d’hésitation à la chinoise où souvent les gros travaux sont l‘objet d’impitoyables tractations entre groupes d’influence locaux.

Retour à Tianjin. Quatre ponts sont construits dont le plus inattendu, le pont Jingliu ancré dans l’Eco-Cité Sino Singapourienne en bordure de mer de Bohai. Construit en 2011, il surprend par des vagues qui jouent à front renversé sous la structure. L’ouvrage fait grand bruit. Un article dans un Journal de Tianjin rapporte : “La beauté d’un pont peut être enfoui sous le regard ».

Cette fois, virée en Chine du sud, il s’amuse avec l’édification de passerelles de Gangxia à Shenzhen.

Suivent les ponts de Zhongtai et de Shengtaigu toujours dans l’Eco-Cité Sino Singapourienne. Des ponts plus long, glissant vers l’horizon.

En viendront d’autres, dans la mêlée des passerelles, d’autres friandises encore.

Tel est le vœu de Marc : poursuivre ses travaux chinois toujours et inlassablement car tous ces ponts désormais les bien nommés, selon le journal de Tianjin, « ponts Marc Mimram » perdureront par delà le temps, le temps d’un autre millénaire de l’histoire chinoise.

Publié dans Ponts à Tianjin, Urbanisme en Chine | Commentaires fermés

Mark Obama, the chinese half brother

Posté par ITgium le 29 juillet 2014

Mark 1

Mark

I attended a private concert of Mark Obama Ndesandjo, half Brother of Barack Obama, in Shenzhen (深圳).

The evening’s program: piano sonatas from Beethoven and Mozart.

The outstanding American pianist plays with a lot of enthusiasm and great inspiration.

Being a Stanford physics graduate, Marks speaks Mandarin fluently with a slight Henan accent.

When this man speaks he speaks wisely and cautiously.

Launching the concert, he gave us an advice :

« Take all your time to listen. I leave it up to you to determine if that helps you to be happy tonight ».

Mark

Mark

Then with a sweet and affable voice, he introduced each musical piece.

Next to him, his wife, Liu Xuehua, from the Henan Province (河南).

What a great moment !

I’m thinking about buying his book “Nairobi to Shenzhen: A Novel of Love in the East” which tells his own story : a Jew, an afro-American, his experiences in Kenya and the United States and at the end the pursuit of happiness, joy and pleasure in today China.

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Mark, wife and Obama

His eyes fixed on Liu Xuehua, he concluded with a voice full of emotion :

“In my life, I would master nothing but love, because love meant light and happiness”.

I will add this one from Bob Marley :

“The greatness of a man is not in how much wealth he acquires, but in his integrity and his ability to affect those around him positively.”

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Are the Chinese being smarter in fifty years ? Is the Beijing Genomics Institute (Huádà Jīyīn 华大基因) doing well ?

Posté par ITgium le 17 février 2014

Are the Chinese being smarter in fifty years ?  Is the Beijing Genomics Institute (Huádà Jīyīn 华大基因) doing well ? dans Are the Asians smarters than the westerners ? enfant-chinois-300x199

A genius child

A jùn mǎ tale 俊 马 故事

All parents dream that their children to be a genius (qí cái 奇才), isn’it ?

That will be happening fairly soon !

The Beijing Genomics Institute (Huádà Jīyīn 华大基因) focuses on understanding the DNA sequencing (cè xù ) and genetic mapping of a “genius”.

If this work leads to tangible results, as a next step, a in-vitro fertilization (人工授孕) test shall be provided to parents for the selection of the embryos (tāi 胎) supposedly “the most intelligent”.

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ADN

For the supporters of this solution, the intelligence quotient (IQ) of the people would consequently improve.

In my opinion, with the exception of the treatment of genetic diseases (yí chuán bing 遗传病), I do think that the Huádà Jīyīn research echoes to the eugenics belief (yōu shēng xué 优生学) that was a justification for the racial policies of Nazi Germany, the gloomiest pages of our history.

Further to the fact that this social engineering approach could lead probably to the loss of genetic diversity, eradicate certain single-gene mutations would be nearly impossible.

Moreover this solution mainly unethical (dào dé 道德) would destroy the human behavior in harmony with nature. Since long, the concept of human supremacy over the environment is outdated.

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So if your son is not a genius according to his school intelligence quotient (IQ) standardized test might suggest, do not worry !!!!!

Intelligence can be defined in many different ways.

As for instance, Louis Armstrong who during his childhood failed all his exams, constantly at the bottom of the class but who was an “absolute genius” bringing so much to the music, so close to the sensitivity of the human being.

Let me remind those two quotes from Albert Einstein.

« The true sign of intelligence is not knowledge but imagination. »

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The so called, Albert

And this one, funniest :

“Everybody is a genius. But if you judge a fish by its ability to climb a tree, it will live its whole life believing that it is stupid.”

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Is General de Gaulle a Chinese hero ? (Jié 杰)

Posté par ITgium le 27 octobre 2013

Is General de Gaulle a Chinese hero ? (Jié 杰) dans Le Général de Gaulle et la Chine de-gaulle-252x300

De Gaulle

Is General de Gaulle a Chinese hero ?

From jùn mǎ (俊 马) Francois de la chevalerie

A couple of month before his death that occurred the 9 of November 1969, General de Gaulle expressed his intention to visit China.

Because France was the first western country to establish diplomatic ties with China in 1964, the leaders of this country warmly welcomed the idea of his visit. They remembered his quote: “China is a big country inhabited by many Chinese”.

In preparing himself for that trip, de Gaulle consulted thoroughly a lot of book since the « Man’s Fate », written by Malraux, his former Minister for Cultural Affairs, an in-depth description of the revolution that took place in Asia at the beginning of the twentieth century; « A Barbarian in Asia » from the Belgium novelist Henri Michaux and tales from Matteo Ricci, a Jesuit priest often called Lì Mǎdòu in China.

Unfortunately, de Gaulle died abruptly from a seizure just before his trip.

De Gaulle quote

De Gaulle quote

What remains from him in today China?

There is no General de Gaulle in China but a man commonly named Dài Gāo lè (戴高乐), “the very tall”.

That certainly is fairly troubling but it is a tradition here, there is a distinct name given to each foreign personality. Who once decided? Some said that at the request of Zhōu Ēnlái an obscure civil servant has selected this Chinese name.

Besides Dài Gāo lè is widely known in China as far I learned during my trip in the depths of the country. The approach is always the same. When people asked me about my nationality, I gave them the answer by always adding what they know about my old fashioned country.

Tai Gao le

Dai Gao le

- Dài Gāo lè! they often replied gently.

- What do you know about him?

- A great man!

Generally the conversation stops at that point. That’s all in the mind of the average Chinese man. However, this knowledge is sharing by most of the French young people who don’t much more about the General.

Once, an educated woman from the University of Changsha told me.

- Dài Gāo lè embodies an ascetic and magnificent ideal, the so-called French pride. He epitomizes the adage of « act locally for global impact ».

A writer from the city of Guangzhou made that significant statement:

- Beyond the sovereignty of each country as a primary objective, his thoughts depict an ideal world, the one we share. Dài Gāo lè is our spiritual connection to France. At the very end, Dài Gāo lè is a Chinese hero, brave and courageous, as we dreamed.

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The Chinese and the Universe, le chinois et le ciel

Posté par ITgium le 6 septembre 2013

The Chinese and the Universe, le chinois et le ciel dans The chinese and the Universe 422519435-300x213

L’envol spatial de la Chine

 

En anglais et francais

A jùn mǎ tale (俊 马 故事) (François de la Chevalerie) and the Sà bīn paintings (萨宾)

The Chinese man is an inhabitant of the universe (宇宙 yǔ zhòu) even more a native of the Earth (dì qiú 地球), an honorable person of a tiny planet (xíng xīng 行星) in the fleshly space (kòng 空) of the 1st heaven, a circle whose centre is everywhere and whose circumference is nowhere.

He stands along with other human beings of many nationalities, of various ethnic and cultures.

« The man-made world (rén huán 人寰) offers thousand different fragrances in the middle of thousand wars », notes Anxmandae de Leira.

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Chinese on the way…

Dated from roughly 750,000 years ago, in the footsteps of his ancestor the Peking Man (Běijīng Yuánrén 北京猿人), the so-called Homo erectus pekinensis, the chinese man lives patiently in a substantial part of the earth (lù dì 陆地) that he has skillfully and geographical named, the middle kingdom (Zhōngguó  中國).

As a consequence, sometimes he sees himself as the centre of the world. Its possessions cover a vast territory (lǐng yù 领域), an historical land (dì wèi 地位) where he carefully protects his lifestyle, his future, the sound of his voice, his soul (líng hún 灵魂).

Accordingly, he shall ensure its airspace (lǐng kōng 领空) even more its maritime space (hǎi yù 海域).

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Shenzhou

The night, during his free time (jù 距), he is enquiring whether any form of life exists somewhere through the space (kōng jiān 空间).

He knows that the furthest stars visible with the naked eye are only a couple of thousand light years away; the Milky Way galaxy is truly a huge collection of material.

So he looks with anxiety on that direction through the Hubble Space Telescope (ha bó tài Kong Wang yuǎn jìng 哈勃 太空 望远镜).

Because of his growing fears, he already sent a rocket into the atmosphere (shén zhōu 神舟 九号) in a way to discover distant waves, by the orbit of God, Venus (jīn xīng 金星), by the eye of an unparalleled hurricane, Jupiter (Mù xīng 木星).

The sky is the center of his life as its five thousand years of history taught him. Already under the Zhou Dynasty, emperors bore the title of Son of Heaven (天子). By then, the emperor had absolute power over all matters that took place under Heaven (天下) where life reigns (zhōng shēng 终生), the existence (shēng Huo 生活) that implements the Chinese man.

Thus, the Chinese sometimes feels sometimes alone in the universe (yǔ Zhou 宇宙).

Alone, with every secret thing, whether it be good or evil.

All alone (jì mò 寂寞) almost single-handedly hanging around the land he dreamed about.

And so on, the Chinese man has been entrusted with Planet Earth.

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Le ciel chinois selon Sa Bin

Le chinois et le ciel

Les récits de jùn mǎ (俊 马 故事) et les dessins de Sà bīn (萨宾)

(François de la Chevalerie)

Le chinois est un habitant de l’espace (kòng 空) mais plus encore de la Terre (dì qiú 地球), une minuscule planète (xíng xīng 行星) où s’ébattent des êtres humains de nombreuses nationalités aux composantes variées noir, jaune ou blanche.

« Le monde des humains (rén huán 人寰) a mille senteurs et s’offrent mille chahuts », note Anxmandae de Leira.

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Shenzhou

Depuis cinq mille ans, le chinois vit benoitement sur une partie de celle ci (lù dì 陆地 ) qu’il a géographiquement et habilement nommée, pays du milieu (Zhōngguó  中國).

Il se conçoit comme le centre du monde.

Il se déploie sur son territoire (lǐng yù 领域) en protégeant ardemment son domaine (dì wèi 地位), son mode de vie

Il veille à son espace aérien territorial (lǐng kōng 领空). Il est encore plus sourcilleux concernant son espace maritime (hǎi yù 海域)           

La nuit, Il occupe son temps de libre (jù 距) en s’enquérant des fortunes de l’espace (kōng jiān 空间).

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Shenzhou details

Il regarde l’univers avec anxiété grâce au télescope Hubble (Hā bó tài kōng wàng yuǎn jìng 哈勃太空望远镜). Ses craintes grandissant, il expédie dans l’atmosphère une fusée (shén zhōu 神舟九号) pour reconnaître de lointaine ondes.

Dans l’orbite de Dieu, Venus (jīn xīng 金星), dans l’œil d’un cyclone, Jupiter (Mù xīng 木星).

Le ciel est au centre de sa vie, de son histoire. Déjà sous la dynastie Zhou, les empereurs portaient le titre de Fils du Ciel (天子). L’empereur exerçait alors un pouvoir absolu sur toutes les affaires qui se déroulaient sous le Ciel (天下) où règne toute la vie (zhōng shēng 终生) , l’existence, (shēng huó 生活) où oeuvre l’homme chinois.

C’est ainsi que le chinois se sent parfois seul dans l’univers (yǔ zhòu 宇宙).

Seul, tout seul (jì mò 寂寞).

 

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Le détachement féminin de l’espionnage chinois (Hong se niang zi jun 红色娘子军)

Posté par ITgium le 30 août 2013

Le détachement féminin de l’espionnage chinois (Hong se niang zi jun 红色娘子军) dans Le service d'espionage chinois, les agents secrets chinois miss-bo-242x300

Miss Bo imaginé par Sà bīn

L’âme de Mlle Bo, agent secret

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Avant propos

Toutes ces années passées en Chine m’ont aidé à les reconnaître, à les comprendre, à les aimer.

Nullement n’ai je le souhait de porter le tir contre elles ni même de m’emporter contre l’existence d’un réseau d’espionnage (toutes les nations en disposent) et pas davantage d’en démêler les fils, mon désir serait plutôt de leur rendre hommage en mettant en lumière quelques agréables chausse trappes.

Innocence dans le pré

Au début, je ne me méfiais guère.

J’avais le regard complaisant pour ces belles femmes qui écument inlassablement les réceptions diplomatiques, les salons ou les inaugurations.

Je m’accommodais avec plaisir de leurs aimables attentions comme de leurs délicats atours.

Au fil de discussions, j’appréciais leur impeccable maitrise des langues étrangères.

Je me laissais surprendre par une intelligence souvent inédite.

Je m’amusais encore de leur connaissance surprenante de mon univers culturel.

Durant des années, je jouais sans défiance, évoluant dans leur sillage, répondant tête baissée à leur questions, toujours plus précises, frôlant le détail, presque une mise à nu.

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Miss Bo

Au milieu des délices, un doute

Que ces rencontres eussent lieu à Shanghai, à Beijing ou à Guangzhou, je remarquais une étrange similarité dans l’approche. A chaque fois, surgissaient les mêmes mots, de semblables refrains et, merveilleusement posé sur leur visage, un pareil sourire tout en finesse.

Commet se fait-il que des femmes distantes de plusieurs milliers kilomètres tiennent un discours presque à l’identique ?

L’âme chinoise serait-elle à ce point bâti sur un même socle que nul ne puisse s’en éloigner ?

Sont-ce là des clones ?

A chaque rencontre, je me posais des questions, celles-ci allant croissant, sans pour autant recevoir des réponses.

Finalement, je commençais à être atteint d’une douce paranoïa.

Je décortiquais méthodiquement leurs caractères, leurs carrières, cherchant à mettre en évidence les points d’ombre.

« L’ignorance est parfois une belle armure contre d’indésirables soupçons » assure Anxmandae de Leira.

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Miss Bo

Fuir une encombrante paranoïa (偏執病) !

Rassurez-vous, les femmes que vous allez rencontrer au hasard de votre périple chinois ne sont pas toutes des agents de charme du Guójiā Ānquánbù, communément appelé gōng ān bù (公安部) au service de sa majesté l’empereur de Chine (Huángdì 皇帝).

La grande majorité sont sincères et douces, peut être aimantes.

Une immense majorité ne vous apportera pas de faux espoirs.

Derrière les ombres

Cependant l’exception œuvre pour le 2ème bureau.

Un jour de cette vie, vous croiserez des agents secrets assermentés (tè wù 特务) ou des espions (jiān xì 奸细), mieux encore des taupes au regard perçant (mì tàn 密探), courant inlassablement à la recherche d’information(s) (tàn yuan – 探员), raclant sans état d’âme les fonds de tiroirs (àn tàn 暗探), ou plus misérablement seraient-elles seulement des mouchards, des agents secrets de l’ennemi (dí tè 敌特).

Peut-être s’impatientent-elles à l’idée de connaitre un document secret (jīmìwénjiàn 机密文件) ou un secret de fabrication (zhìzuò mìfāng 制作秘方).

Elles habillent leur requête en vantant astucieusement votre réussite (chénggōng de mìjué 成功的秘诀).

Qu’importe !

Qu’elles fussent ou non employées par une quelconque officine, je les reconnais d’abord comme des êtres humains, portant fièrement entre leurs mains la volonté du peuple (rén xīn 人心).

Je les aime ainsi, drapées en danseuse javanaise comme Mata Hari (玛塔·哈里).

Dites moi seulement, comment ne pas aimer celle que le quotidien du Peuple (Rénmín Ribao) décrit comme l’espionne la plus belle et la plus habile des temps modernes, Miss Anna Chapman, celle-ci oeuvrant au service du Tsar de toutes les Russies ?

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Miss Bo

Heureux profil

Bruit de couloirs, les voilà en tailleur blanc, la silhouette fine, le sourire enjoué, flirtant avec la trentaine.

Beaucoup offrent un visage presque occidental, leurs yeux bridés s’effaçant à l’ombre.

Le soir venu, elles se meuvent en grappe lors de réceptions élégantes, couvant d’un regard malicieux des diplomates, des hommes d’affaires, des scientifiques et des créateurs.

Elles se faufilent dans les rangs, le pas volontairement hésitant, se parant d’une fausse timidité.

Tel un vent léger, une approche toute en délicatesse.

Bientôt des hommes les rejoignent.

Viennent les premiers mots, une présentation convenue.

Glisse un rire contenu sur leur visage, comme lâché pour la circonstance.

Généralement, l’expatrié poursuit la conservation, le cœur fébrile, ému d’une si belle rencontre.

- Est-ce là, à cinquante ans passés, la chance qui me sourit ? se demande t-il en se perdant dans une confondante naïveté.

- Sans hésiter, je me laissais embarquer vers un nouvel horizon ! reconnait un diplomate.

- Je retrouvais ces mêmes frissons qui me traversaient lors de mes vingt ans, admet un industriel aguerri.

Faisant rarement état de leur nom chinois, elles se présentent sous un prénom d’emprunt occidental, le plus généralement anglo-saxon issu du répertoire des imparables vedettes Hollywoodiennes. Elles vous confieront volontiers l’origine de leur choix. Le plus souvent, c’est leur professeur de langue qui leur en a suggéré l’idée.

Telles qu’elles se déclarent s’exposant dans leur meilleur sourire :

Sylvie ou Rosa à Shanghai ;

Jenny ou Margaret à Beijing ;

Pearl et Naomi à Tianjin.

Ce prénom est un outil parmi d’autres artifices, le tout étant savamment orchestré.

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Miss Bo

Méthodes douces

Les voilà, en rang serré se prenant au jeu, désormais en service, dans l’arène.

L’expatrié est aux anges.

Il remercie le ciel. Il bénit sa fortune. Il vante un improbable destin !

La jeune femme pousse l’avantage. Elle flatte son orgueil. Elle le félicite pour sa maitrise de la langue chinoise qu’il manie généralement avec beaucoup de difficultés.

Peut être aura-t-il suffisamment de clairvoyance pour se rendre compte que son mandarin chantonne mal à l’oreille du quidam chinois mais rien n’est jamais sûr.

Malheureusement, pour beaucoup l’hameçon est dans la bouche.

D’un rendez vous à l’autre, Madame vous emporte loin, très loin, vers d’inaccessibles cimes fleuries.

Prenez soin de vous car cette belle âme ne vous aime tout simplement pas.

Vous n’êtes qu’une ressource, de la matière première à raccorder avec d’autres en vue de déchiffrer un document d’intérêt, une maitresse idée, une source.

Cependant l’imbécile croit toujours au père Noel.

Pourtant les indices abondent.

Incidemment, elle se dévoile : trop d’empressement, une connaissance aigu de votre langue, un anglais déclamé avec l’accent des fins fonds de l’Arkansas ou des courriers au ton académique, des formulations trop à la mode.

Elle use de tous les moyens de communication pour vous amadouer : oralement (kǒutóu 口头), par l’écrit (wénzì 文字), de manière imagée (xíngxiàng 形象), démonstrativement (shìfànxìng 示范性) et toujours activement (huódòngxìng 活动性).

Elle guette inlassablement une information (mìfāng 秘方), confidentielle (jīmì de 机密的).

Toujours plus âpre au combat, elle évoque directement des points précis de votre carrière enchevêtrée.

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Miss Bo

Vient la bête ! Une demande précise, par trop précise.

- Comme se fait-il que cette charmante femme en sache autant sur moi alors qu’aucunes de celles avec lesquelles j’ai frayé au Pérou, au Sénégal ou en Italie, n’ont jamais prêté le moindre intérêt à ce brevet que j’ai déposé voici vingt ans à l’ONPI à Genève ? confie un inventeur.

- Je ne crois pas être la gloire qu’elle déclare que je suis ? s’émeut un industriel.

Tout cela est de bonne guerre, le plus souvent sans conséquence.

Rarement cherche-t-elle à piéger crûment son interlocuteur.

Rarement cherche-t-elle à l’abattre. Nullement a-t-elle l’intention d’être une source de malheur, de calamité (huò duān 祸端).

Jamais elle ne vous fera perdre la face (diū miàn zi 丢面子), elle sait trop bien, depuis toujours, qu’aucune âme ne peut supporter telle ignominie. Son immortalité tient au respect de l’autre, de sa dignité, même lorsqu’elle le plonge – malgré lui – dans un âpre combat.

Elle ne vous aime pas mais elle ne vous souhaite aucun malheur.

Mlle Bo est une femme presque ordinaire dont le sourire reluisant ne dit rien sur les grâces de son cœur.

De surcroît, rarement cherche-t-elle des faits précis telle une boite noire. Plutôt une atmosphère, une idée du monde.

Une idée que la Chine pourra combattre ou, plus heureusement, copier, ensuite valoriser et la mettre sous ses ailes.

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Miss Bo

Vous maintenir dans l’ombre, faire durer le plaisir

Mieux vaut se libérer l’esprit de toute charge émotionnelle.

Si d’aventure vous êtes à la recherche de doux sentiments, elles vous prendront rapidement par défaut.

Il faut donc ne rien lâcher sans pour autant leur faire comprendre que vous avez compris leur agréable manège.

Quel bonheur de jouer en averti, passant par dessus la mêlée d’un tir groupé de questions !

Votre objectif, gardez coûte que coûte votre secret (báoshǒu mìmì 保守秘密).

Ne leur confier jamais un secret (bǎ mìmì gàozhī mǒurén 把秘密告知某人).

Gardez même dans les entrelacs de votre mémoire vos pensées secrètes (mì’érbùxuān de xiángfǎ 秘而不宣的想法), votre porte secrète (yí dào ànmén  一道暗门).

Conservez loin de son regard vos affaires dans le plus grand secret (zuìwéi mìmì 最为秘密地), sous couvert du secret professionnel (zhíyè mimi 职业秘密).

Lâchez plutôt des confidences inexploitables (mimi 秘密).

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Miss Bo

Formation

La plupart ont été formées à l’institut des Langues Etrangères de l’Université de leur ville d’attache.

Toutes en ont reçu les meilleurs prix, première de leur promotion.

Brillantes, sérieuses et disciplinées, elles ont légitimement éveillé la curiosité du responsable local du Guójiā Ānquánbù.

- La République populaire de Chine (RPC) (Zhōnghuá Rénmín Gònghéguó) vous sera reconnaissant, leur dit-il, pour toute action qui puisse servir le progrès et le bonheur de notre honorable pays.

Comment ne pas répondre avec enthousiaste à une telle supplique ?

Lorsque l’on a vingt ans, de surcroît, si l’on vient d’une famille pauvre, l’on abdique aussitôt devant une si belle promesse !

Naguère, ces belles jeunes femmes promouvaient la pensée de Mao Zedong (xuānchuán Máo Zédōng sīxiǎng 宣传毛泽东思想) ou pratiquaient l’infoguerre (Xinxi Zhanzheng) mais tout cela est oublié depuis longtemps.

Aujourd’hui, elles répandent plutôt de belles idées, celles se déclinant autour du soft power chinois, fer de lance de la Chine d’aujourd’hui dans sa conquête de puissance.

Certaines œuvrent encore pour la propagande du Comité central du Parti communiste chinois (Zhōnggòng Zhōngyāng Xuānchuán Bù 中共中央宣传部), distillent méthodiquement ses principes, ses valeurs.

D’aucunes sont de belles perles, membres émérites du service de renseignement militaire (Qingbao 情报部).

Couverture

Un bon espion dispose toujours d’une imparable couverture laquelle évolue selon le temps, les circonstances.

En raison de leur inimitable talent, beaucoup intègrent aisément des sociétés occidentales.

Elles s’accommodent de fonctions visibles mais sans trop de responsabilité, jamais très éloignées du service des relations publiques.

Conclusion

La belle actrice anglaise, Elizabeth Hurley, apporte une jolie conclusion à mes commentaires.

- I’ve always wanted to be a spy, and frankly I’m a little surprised that British intelligence has never approached me.

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